‹ La Patrie en dangerChapitre 57 sur 111 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

les MÊMES, un FLOT DE PEUPLE envahissant la salle CRIS DE LA FOULE.

La capitulation! la capitulation!

PERRIN

Si haut, vous osez le dire ! si haut vous osez le crier ici, ce mot que personne de nous, ni moi-même, n'avons

le droit de prononcer ! ce mot qui ne doit se lever et encore tout bas, que du bombardement d'une cité, de ses bastions rasés, de ses maisons en flammes, de sa garnison décimée, ainsi que le râle de l'agonie d'une ville! Capituler! capituler, citoyens, sans un assaut, sans une brèche, avant même que les boulets aient troué un chemin à l'ennemi, quand vos murs sont encore debout, que leurs pierres résistent, et nous montrent l'exemple!... Vous venez demander à votre commandant !... Eh! quoi, voulez-vous donner le spectacle d'une honte dont pas une ville française n'a voulu dans les temps passés! voulez-vous que, dans quelques jours, un décret de la France victorieuse et affranchie de l'étranger, car cela sera, voulez-vous qu'un décret rase vos murs, vos maisons, disperse la mémoire de votre ville comme les cendres d'un criminel, et qu'au voyageur qui passera sur vos ruines, on réponde : « Ici fut la ville des lâches! »

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