‹ La Patrie en dangerChapitre 67 sur 111 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

l'AUBERGISTE, MADELEINE

l'aubergiste.

Je suis le maître, n'est-ce pas? J'ai le droit de faire chez moi comme je veux... Eh bien, ceux qui sont ici, je n'en veux plus... Je ne veux plus m'exposer... Je veux qu'ils s'en aillent, et tout de suite, entends-tu ?

MADELEINE

Père, vous avez été à votre cabaret de la Croix-Rouge, à votre club, et voilà que vous en êtes revenu méchant comme ceux que vous y avez vus.. .. Quelles raisons avezvous de plus aujourd'hui qu'hier pour chasser ces pauvres gens? C'est votre bon cœur qui les a reçus, c'est vous qui avez voulu leur faire du bien ; pourquoi ne voulez-vous plus être bon?|

l'aubergiste.

Ta, ta, ta!... Au fait, tu sais qu'il n'y a plus de dimanche, que c'est la décade qui est la fête... Je veux qu'à présent, tu me donnes ma chemise blanche le jour de la décade.

MADELEINE

Père, vous mettrez votre chemise blanche et vos beaux habits le dimanche, et vous ne travaillerez pas.... tant que je serai avec vous.... parce que le dimanche, c'est le repos de Dieu, ce jour-là.... Ou moi, ou les méchants, choisissez.

l'aubergiste.

Ne te fâche pas,

MADELEINE

Je ne me fâche pas....

l'aubergiste.

Ce que je t'en ai dit, c'est....

MADELEINE

Voyez-vous, père, vous êtes bon de votre nature... Mais quand vous allez là, vous en revenez gris d'abord, puis méchant et impie.

l'aubergiste.

Alors tu me défends d'y aller faire un petit tour, rien qu'un petit tour ce soir?

MADELEINE

Nous verrons cela.

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