‹ La Patrie en dangerChapitre 68 sur 111 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

les MÊMES, PEKR1N, ux ADJUDANT, entrant par la porte du fortd

PERRIN

L'Jiomme ! une avoine à nos chevaux?

(L'aubergiste sort.) L'ADJUDANT, à Madeleine.

Eh ! la belle enfant, apportez-nous quelque chose à boire.

(Madeleine va au buffet chercher les liqueurs.) PERRIN,

Pourquoi nous arrêter ici?

l'adjudant.

Histoire de femme, mon général... Une citoyenne de l'endroit à laquelle j'ai un mot à dire... L'affaire d'un quart d'heure et nous repartons,

PERRIN

Mauvais sujet !

l'adjudant.

Oh! vous êtes un Caton, vous, général... Vous avez à l'armée une réputation de sagesse, de vertu...

PERRIN

C'est vrai... l'homme chez moi n'a pas aimé... Je n'en ai pas eu le temps. Le jour où j'ai été jeune homme, j'ai été soldat. Mon métier m'a pris tout entier... La guerre m'a emporté dans ses bras ; je n'ai vu qu'elle ; j'ai ignoré la femme... Mon austère et sainte maîtresse, c'a été la liberté. Je lui avais voué ma vie; et plût à Dieu qu'elle en eût voulu le jour où je la lui avais donnée!... Je méritais pourtant bien de ne pas me survivre : j'étais parmi ses amants, digne, je te jure, de mourir pour el!e!

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