‹ La pauvreté, sa seule cause, son seul remèdeChapitre 2 sur 23 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Ces pages sont détachées des Eléments de sciE.\CE SOCIALE, Œuvre considérable qui a eu trente-deux éditions en Angleterre et fut traduite en toutes les langues.

D'audacieuses considérations de pliilosophie sexuelle^ tout un précis d'anatomie^ de pathologie, d'hygiène génitales, des vues généreuses sur la prostitution, un double exposé de la loi de population, un chapitre capital sur « la pauvreté, SA SEULE CAUSE, SON SEUL REMÈDE », un

résumé d' économie politique, un appendice suggérant des mesures d'état pour la prévention de la pauvreté, de la guerre, des maladies contagieuses, tels sont, incomplètement énumérés, les sujets développés dans les Eléments de science SOCIALE. Le tout en 500 pages d'un texte {in et compact formant la matière d'au moins trois volumes comme celui-ci.

Admirable mais elfrayant chaos ! Ainsi composé cet ouvrage, tout rempli de science, de conviction ardente, d'émotion sincère, d'amour pour l'humanité, de pitié pour les soufrants, n'a pu atteindre cme des chercheurs-

Les hommes d'action sociale, les meneurs des prolétaires l'ignorent à l'envi-

Cest pour les militants sociaux, et dans l'intention de vulgariser, par eux, les idées qu'il exprime que j'ai prié la famille de l'auteur regrette de me permettre d'en présenter au

public, sous une l'onne nouvelle^ deux chainlres fondamentaux.

Mme Alice Drysdale-Vickenj, docteur en médecine^ m'a répondu en ces termes :

(c Nous avons senti, depuis longtemps, que la com- (( plexité des sujets contenus dans les Eléments de « science sociale, les chapitres notamment consa- « crés à la description des maladies sexuelles et (( à leur traitement, aux matières d'anatomie et (( de pathologie, que les idées morales exposées au (( commencement du volume pouvaient être de natu- (( re à rebuter im certain nombre de lecteurs plus <( spécialement désireux d'étudier la question de « population et les vues sur sa solution.

(( C'est pourquoi votre idée de prendre les chapi- '( très essentiels de l'ouvrage pour en faire un résu- (( mé populaire, plus aisé à lire, sous le titne de la (( Pauvreté, sa seule cause, son seul remède, nous « a oharmés. Nous consentons de tout cœur à votre •'( demande. Nous espérons que cette réimpression {' rendra de grands services, en montrant la possi- « bilité d'éteindre la pauvreté et tous les maux (( qu'elle produit, par le contrôle des hommes sur « leur progéniture.

« On comprendra sans doute aussi à la lecture de « l'ouvrage qu'au lieu d'une compétition qui ent.rai- <( ne à commettre des crimes, qui détruit chez l'hom- (( me les plus belles qualités sociales, nous pourrons, « par le moyen que préconise l'auteur, n'avoir plus <( qu'une émulation modérée qui tendra au progrés (( général dans toutes les sociétés et parmi toutes (! les nations. La conséquence finale du néo-malthu- (( sianisme sera sans doute l'extinction de la guerre f< et la fédération des peuples ».

Ainsi autorisé et encourarfé fe publie cet extrait des E[.éî\ients nE science sociale sans autre modification qu'un arranr/ement typograpbique plus aimnhlc.

La loi de roruLATioN 9

Je liai rien ou lyresque rien chanijc à la première traduction irançaise. Je me suis borné à supprimer quelques passages très spécialement consacrés à V Angleterre, pays de Vauteur, à introduire quelques documents nouveaux, à substituer à certains chiffres anciens des statistiques récentes, à couper le volume en chapitres précédés de sommaires, à souligner les pensées qui m'ont paru capitales, à annoter, à disposer le tout enfin pour que Vouvrage ait une allure 2^lus jeune, moins sévère, une forme plus engageante.

La première partie est une analyse exacte de TEssAi de Malthus sur le Principe de population. Je Vai revue sur Védition française de la Collection des principaux économistes.

Les socialistes d'aujourd'hui formulant contre la loi malthusienne les mêmes objections c[ue Godwin, entre autres, présentait au commencement du siècle dernier, j'ai jugé utile de reproduire l'une des réponses de Malthus aux apôtres des systèmes communistes ou collectivistes.

Le dernier chapitre de cette première partie résume l'opinion de John Stuart Mill sur le principe de population et son importance au point de vue social.

La seconde partie foruie l'œuvre capitale de Georges Drijsdale. Elle a pour base la loi de Malthus. C'est le développement de cette idée, qui semble encore ou paradoxale, ou bizarre., ou immorale, même à beaucoup d'esprits émancipés, que la question sociale a pour origine, en définitive, la question sexuelle- La pauvreté — de même que les maux sexuels, le célibat, le mariage, la prostitution, etc., de même ciue la guerre — provient, suivant Vauteur, de l'imprudence procréatrice. Le

remède se trouve dans ce qu'il appelle « la copulation préventive », autrement dit dans les moyens vulgarisés d'éviter la conception, la grossesse.

L'importance de cet ouvrage n'a écliappé à aucun de ceux qui l'ont étudié. Il a eu la plus grande influence sur la mentalité de la plupart des personnalités qui ont provociué ou dirigé le mouvement néo-malthusien de tous les pays. On peut dire en j^afticulier qu'il a donné naissance à V action « régénératrice » française, ciui se manifeste aujourd'hui en divers sens.

Au lecteur de dire si cette œuvre mérite Vépithète d' c( immorale » ciue lui accorde M. Paul Leroy Beaulieu, de Vlnstitut, ou celle de « Bible de l'humanité » cme lui donne M. Paul Robin, ancien directeur de Cempuis et fondateur de la ligue néo-malthusienne française-

G. Hardy.

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