‹ La Peau de tigreChapitre 18 sur 40 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Le foyer de la danse à l'Opépa.

LÀ ROSIMENE.

Cet imbécile de Champagne qui n'a pas mis d'eau dans mon arrosoir... J'ai manqué choir en faisant des battements. Ma place était claire et luisante comme un parquet ciré.

M. D£ VAUDORE.

Je ferai bâtonner ce drôle en rentrant.

LE CHEVAUEE,

Mademoiselle Rosimène est mise avec un goût exquis.

LA ROSIMÈNE.

Ma jupe coûte mille écus. M. de Vaudoré fait bien les choses.

LE COMMANDEUR

Nous irons souper chez vous après le ballet. J'ai envoyé ce matin une bourriche de gibier et la recelte pour les cailles à la Sivry.

LA ROSmiNE.

Ah! j'adore le gibier.

LE CHEVALIER, à part.

Elle adoré toutl

LA ROSIMÈNE.

Je ne suis pas une bégueule comme Gélinde, moi ; je, mange et je bois, c'est plus gai.

LE COMMANDEUR

A propos... que devient Gélinde?

M. DE VAUDOEE.

Elle se livre aux plaisirs champêtres, et se nourrit de crème dans une laiterie suisse.

LE COMMANDEUR

Mauvaise nourriture qui débilite l'estomac! c'est assez de teter quand on est petit enfant.

LA ROSIMÈNS.

Je préfère les fortifiants, les mets relevés. Après çaj Gélinde a toujours eu des idées romanesques. Elle avait le défaut de lire. Je vous demande un peu à quoi ça sert?

^ . LE CHEVALIER

Rosimène, vous êtes ce soir d'une verve, d'un mordant; c'est incroyable comme vous vous formez!

LA EOSIMÈNE.

Je dois ça à mon gros vieux Crésus. Il me paye des maîtres de toute sorte. Je ne les reçois pas, mais je leur donne leur cachet, et c'est comme si j'avais pris ma leçon.

Page 1