CHAPITRE VI
Les engins nécessaires à la pèche au cormoran sont peu nombreux, et nous les avons presque tous signalés dans le cours de cette étude. Ce sont :
Un masque de figure comme ceux dont on se sert dans les salles d'armes, et un gros gant crispin pour la main gauche, dont la manchette recouvre tout Tavantbras. Il est inutile que le doigt indicateur soit renforcé comme dans un gant de fauconnerie ;
Des petites courroies en cuir verni longues de 6 pouces environ et larges d'un demi-pouce, ayant deux fentes à la partie la plus large et une seule à l'autre extrémité, comme les jets que Ton met aux faucons et que l'on passe aux tarses du cormoran de la même manière ;
Des petites courroies en cuir verni de 4 à 5 pouces de longueur sur un quart de pouce de largeur, avec une petite boucle à ardillon, et devant servir de colliers aux oiseaux ;
Des ficelles, de fine corde propre à faire des lignes de pèche, longues de 12 à 15 pieds, terminées à une extrémité par un petit bouton plat ou un petit morceau de bois rond qu'on y fixe;
Une boîte en fer blanc cintrée pour mettre les leurres ou récompenses destinées aux oiseaux et pouvant se fixer à la ceinture comme une cartouchière. La boîte peut avoir de 8 à 10 pouces de longueur sur 4 à 6 de largeur ;
Un panier de pêche ordinaire ;
Un palanquin dont on peut voir le modèle au premier plan de notre frontispice, et qui est disposé de la manière suivante :
C'est un châssis en bois léger recouvert de toile et divisé en plusieurs cabines ou compartiments pour mettre les cormorans séparément. Chacune de ces cellules doit avoir une porte à chaque bout, de façon à ce que l'oiseau puisse sortir et entrer à chaque extrémité, comme un perroquet dans un sabot, sans être forcé de se retourner. Ces portes sont en toile clouée dans le haut et retombant comme un tablier, et elles se fixent en bas et sur les côtés avec des courroies de cuir et des boucles. Le fond de chaque compartiment est mobile, afin qu'on puisse le nettoyer facilement. On ménage des trous dans le haut des portes pour renouveler l'air.
Cette sorte de voiture cellulaire doit avoir 2 pieds de largeur sur 5 de longueur et 2 de hauteur.
Quand les oiseaux se reposent, on doit les faire percher sur le dessus du palanquin, pour qu'ils puissent étendre leurs ailes et se sécher, et on se sert d'une éponge placée dans une poche à un bout du palanquin pour nettoyer le dessus qualid on rentre les oiseaux.
Les brancards qui servent à porter le palanquin doivent être plats, et, ajQn de tenir moins de place, on peut les faire h charnière dans le milieu ; on rembourre les extrémités qui appuient sur les épaules des porteurs.
Avec ces quelques engins, vous pouver dresser les cormorans à la pêche et utiliser facilement leurs aptitudes spéciales pour ce genre de sport, aussi amusant que simple. Mais avant de terminer cette étude, je crois qu'il serait assez utile d'indiquer aux amateurs comment ils peuvent se procurer des cormorans.
Outre les différents marchands d'oiseaux tels que M. Boquet, on peut s'adresser au jardin d'acclimatation du bois de Boulogne, aux jardins zoologiques de Regent's-parc (Londres), d'Amsterdam, de Rotterdam, de la Haye (Hollande), de Bruxelles (Belgique), etc. On est toujours à peu près sûr d'en trouver dans ces divers établissements, surtout en Hollande ou en Belgique.
Le prix varie de 10 à 15 francs pièce. Les jeunes de l'année ne valent guère plus de 10 francs. Un bon cormoran adulte vaut une vingtaine de francs dans les années ordinaires.
On doit aussi pouvoir s'en procurer facilement sur les côtes de Bretagne, à Brest, Lorient, etc., et partout oîi l'on prend de la sauvagine de mer; mais je ne puis indiquer comment, n'en ayant jamais fait venir de ces localités.