SURMULET
Rouget-barbeau.— Mulet-barbeau, — Trigliat en Italie.
Il a le dos et la tête voûtés ; sa bouche est petite et sans dents. Comme ce poisson est en grande partie rouge, on l'a quelquefois nommé vrai rouget. La dé* nomination de rouget lui conviendrait mieux qu'à tout autre ; mais il faut éviter de le confondre , commô plusieurs ont fait, avec le rouget-grondin. Si l'on a égard à la forme de son corps, ainsi qu'au nombre e^ à la position tant des nageoires que des ailerons, il p^ raîtra qu'il est à propos de le rapprocher des mulets Si on a nommé ce poisson surmulet ^ ce n'est pas i raison de sa grandeur, mais parce qu'il fait un mangeJ plus délicat que le mulet, qu'à cet égard il lui esl supérieur. Le surmulet a, comme les grondins, dei barbillons; mais ceux des grondins ont leur attache auprès des articulations des nageoires de dessous l3
SAUMON. S7t
cûonot est remarquable par sa vitesse, sont obligés de il^yor, pendant près de la moitié de chaque jour, oœ force de natation teUe, qu'elle leur ferait parcourir, dus un lac tranquille, quatre ou cinq myriamètres pff h«ire ; ei l'on a éprouvé, de plus, que, lorsqu'ils ne NDt pas contraints à exécuter des mouvements aussi pohmgés, ils franchissent par seconde une étendue k huit mètres environ.
Les saumons ont dans leur queue une rame trèspussante. Les muscles de cette partie de leur corps jouissent même d'une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont pas pour ces poissons un ob* «
stade insurmontable. Ils s'appuient contre de grosses pierres, rapprochent de leur bouche rextrémité de bu* queue, et font par là une sorte de ressort fortement tendu, lui donnent avec promptitude sa première position, débandent avec vivacité l'arc qu'elles forment, inppent avec violence contre Teau, s'élancent à une buteur de plus de quatre ou cinq mètres, et frandussent la cataracte. Ils retombent quelquefois sans avoir pu s'élancer au delà des roches, ou l'emporter sur la chute de l'eau ; mais ils recommencent bientôt leurs manœuvres, ne cessent de redoubler d'efforts qu'après des tentatives très-multipliées ; et c'est surtout lorsque le plus gros de leur troupe, celui que l'on a flommé leur conducteur, a sauté avec succès, qu'ils s'élancent avec une nouvelle ardeur.
Indépendamment' de leur queue, longue, agile et vi-
goureuse, ils ont, pour attaquer ou pour se dëtendrei des dents nombreuses et très-pointues qui ganûsseni les deux mftchoires et le palais, sur chacun des citëf duquel elles forment une ou deux rangées.
Le temps de leur frai commence à une époque phis ou moins avancée de chaque printemps ou de chaqos été , suivant qu'ils habitent dans des eaux plus os moins éloignées de la zone glaciale. Les femelles ésp' cbent alors un endroit commode pour leur ponte. Quelquefois elles aiment mieux déposer leurs œubdaDi de petits ruisseaux que dans les grandes rivières aiotquelles ils se réunissent, et elles paraissent chereber le plus souvent à déposer leurs œuls dans un courant peu rapide et sur du sable ou du gravier. Après le frai) les saumons, devenus mous, maigres et faibles, se ' laissent entraîner par les eaux, où vont d'eux-mêmes, reprendre dans Teau salée une force nouvelle.
Le jeune saumon grandit ensuite assez rapidemeitf, et parvient bientôt à la taille de dix ou- douze centi- 1 mètres. Lorsqu'il a acquis une longueur de deux ou \ trois décimètres, il jouit d'assez de force pour quitter ; le haut des rivières et pour en suivre le courant, qui le conduit vers la mer; mais souvent, avant cette époque, une inondation l'entraîne vers Tembouchure du fleuve.
Les jeunes saumons qui ont atteint une longueur de quatre ou cinq décimètres quittent la mer pour remonter dans les rivières; mais ils partent le plus
SIRÈNES ET TRITOHS. 285
Dans les dernières années de Loois-Phiiippe, f ai vu
^ aux Champs-Elysées, dans une de ces baraques qui f I cachent tant de phénomènes à toute curiosité au-dessus de dix centimes, deux sirènes qui attnraient la foale. Au devant de la baraque, sur une énorme toile ^ devant laquelle se faisait une bruyante musique, on *^ avait représenté les deux sirènes conformémait & la édition, femmes jusqu'à la ceinture et poissons de* puis la ceinture, et, comme dit le poète latin :
, Desinit in piscem mulier formosa supernè."
Elles avaient de grands cheveux, Tune noirs, l'autre
l^loiids; elles étaient roses et fraîches comme des
P^^^mes. Dans la baraque, ce n'était plus tout à fait
'^ tt^éme chose. Avec des morceaux de hareng saur,
^^ ^vait formé des figures étranges qu'on avait collées
^^^^ évL carton et enfermées dans un cadre. On trouve
^ ^laention des sirènes faite très-sérieusement dans
"^^Vicoup de livres, et celte mention est appuyée par
^ circonstances les plus minutieuses et par des té--
'"^^Snsges. Un journal, ces jours derniers, pubUait un
^^^t>ort de marins qui avaient rencontré des sirènes
^®^^ les Holuques, où, du reste, les pères de Trévoux
^^^^maient leur existence, leur ressemblance avec la
^^^me. 'Ces pères paraissaient en avoir mangé, car
^ lui attribuaient le goût du bœuf.
Vies plus anciennes mentions que je connaisse de la ^^contre des sirèaes, je parle d'une meulVou «im^\x%i^
384 DICTIONNAIRE DU P£GHEUR. . ,.
et donnée conune un point authentique, est da 18 &^ mois de mars 592.
a Un officier de la basse Egypte se promenait le soif i avec quelques amis, sur les rives du Nil. Us aperçurent* assez près du rivage, un homme marin et sa femelle* Us étaient dans l'eau jusqu'aux hanches. L'homme avai^ les cheveux roux et presque hérissés, et la peau brune » il avait Tair féroce et le regard ^reux.
» La femme, au contraire, avait lair assez doux; ell^ avait les cheveux longs, noirs, flottant sur les épaules » le corps blanc.
)) Ces deux monstres restèrent plus d'une heure & la vue de cet officier et de ses amis. Il n'y eut que led ténèbres de la nuit qui les dérobèrent aux yeux de^ spectateurs. »
On rédigea de ces faits une attestation qui fut signée parles témoins et envoyée à l'empereur Maurice, qui régnait alors à Constantinople.
On se demande assez naturellement queUe différence il y avait entre ces deux monstres^ et un homme asse^ laid et une femme médiocrement pudique, laquelle, se croyant seule avec son mari, se baignait à la fin dt^ jour dans un costume qu'aucune de nos dames ne s^ permettrait au bain, et qui n'est décent qu'au bal, ot» à l'Opéra et aux Italiens.
Autre sirène.
En 1430, après une grande inondation qui affligea la Hollande , comme \a met € ^\.i\\. ^^\V \^V\t4ft et cpa
SEGRBTS. 875