MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS
BUB TITIIHHI» S BI8, ET BOULETARD BBS ITALIENS, 15
fL LA LIBRAIRIE NOUVELLE
«^ Droitt 4e reprodactioa et de traduclioii réîerTé» -»
YIGNEÂU OU TIG!fOT. 305
ideUes transversales bleues, des raies variées de bleu, de janne et de noir ; les nageoires sont molles, bleuâtres e^marquées d*une tache rouge. Il se plaît dans plusieurs rivières de France, de Silésie et de Westphalie. La chair est blanche, tendre, salubre, de très-bon goût ; et on Je recherche comme un des poissons les plus délicats do Weser. On le pêche dans toutes les saisons, mais surtout vers le commencement de l'été, temps où il pond OQ féconde ses œufs. On le prend avec une ligne ou avec de petits filets dont les mailles sont très-fines. 11 ne peut vivre hors de Teau que pendant très-peii d'instants. Il fraye dès Tâge de quatre ans et multiplie beaucoup. Il aime qjielquefois à se tenir à la surface des eaux pures et courantes. Les fonds pierreux ou sablonneux sont ceux qui lui conviennent; il préfère surtout les endroits peu fréquentés par les autres poissons.
VIGNEAU ou VIGNOT.
C'est un petit limaçon de mer qui se mange cuit dans l'eau et est d'un goût fort agréable.^ On le trouve facilement à la fnarée basse, sur les roches. Il faut, pour le manger, le tirer adroitement de sa coquille avec une épingle.
t LES FLEURS.
Tignorc ; — pou)r moi, j'ai suivi fidèlement le pf< gramme de noire expérience.
On sait qu'en France , à Angers » les eamdi fleurissent parfaitement en pleine terre. Ange qu'on appelait, dit-on, autrefois la Ville-Noire, ps qu'elle fut la première dont les maisons furent o vertes d'ardoises, est une ville très-favorable iTb ticulture, et mériterait un surnom plus gfqâb Cette ville est à deux cent soixante*dix kilomâ» sud-ouest de Paris, tandis que té Bavrenie-Cfi près duquel est la vallée de Sainte-Adresse, eàtàe soixante-dix-huit kilomètres au nord-ouest de la pitale. (Je compte les distances les plus direct car, par Rouen, le Havre est à deux cent treiiè lomètres de Paris, et^ par la route du Ahas» Afl| est à trois cent deux kilomètres.)
J'ai vu de mes yeux, — chargé de fleurs, — le plateau qui domine Satate-*Adresse« c'e5t4-< beaucoup plus exposé au vent du ilord» ehes un vi jardinier appelé le père Lnpoulf , uncameUfo éeï cienne variété panachée de ixHige, appelée vttriegi Coisamellia fleurissait «iaei depuis ptusiei^rs aio en pleine terre du sol du jardin et en plein «ir.
n y en a èin dutre^ diei ufi de mes voisins, i ks deslinéeB s^t nmitis briUalites : — il est dép
'/nze ans dans uu coin du jarul.. ; — lî n'a jamaîs f^î, et îl n^a pas grandi d*un poace depuis sa fi talion. — n h^estpas mort; — c'est toute sa ^it toute son histoire.
^ plantai donc en pleine terre de bruyire quatre oïlias : l'ancien Blanc, le varîegala, un pœnîlîora RSl âpntlari. De 1850 à 1851 , îl n'y eut pas d'hî- C2*est-à-dire que le thermomètre, dans notre vaille descendit pas plus bas qu'un degré centîife $iu-dessous de zéro : l'épreuve était donc *i*iiée. Mes èaraellîas fleurirent parfaitement, ^pté le blanc, qui n'avait pas de boutons à fleurs. t*s Tété, ils firent des pousses très- vigoureuses, aujourd'hui, lÔ janvier, ils ont de nombreux bou- ^s* du moins le variegata et h donklari ; le pœni- 1^ n'en a que trois , le blanc n'en a pas ; mais, fûïîae il est aussi vigoureux et aussi bien portant ô les trois autres, je n'attribue pas cette stérilité à t^ïïxpéraiure, d'autant plus que c'est pendant l'été tte Se forment les boutons à fleurs. Pendant la gefcftî qui a d^iré une semaine et qui a varié, en propessanljusqu'iau dégel, de quatre à six degrés, ils ont paru moins fatigués que les rhododendrons ponticuBa. J*ai déjà dit aux lecteurs de T Illustration que fi tiens en pleine terre, depuis trois ans, la belle azalée
blanche liliiflora, et depuis deux ans Tazalée violette, phœnicea, qui fleurissent bien toutes deux, quoique les livres les plus répandus vous disent que les espèces indiennes, c'est-à-dire dont les feuilles sont persistantes et dont les fleurs ont dix étamines, doivent être mises à l'abri aussitôt qu'il gèle. La liliiflora est du reste en pleine ter^e au jardin du Luxembourg, à Paris, depuis dix ans .
C'est, je crois, une épreuve très-Jr*céressante, et ce serait une très-bonne nouvelle pour tous les pau- < vres jardiniers comme moi qui ne peuvent avoir ud jardin d*hiver, et n'aiment pas beaucoup les arbres en pot des serres ordinaires, que de leur dire après des épreuves suffisamment renouvelées : « Vous pouvez planter dans votre jardin certaines variétés de camellias. » Mais n'entonnons pas encore l'hymne de la victoire, — l'hiver n'est pas fini, et le froid n'a pas passé six degrés.
Vous n'êtes pas sans avoir vu un médecin en quête de clientèle. A la moindre altération de votre visage, il vous interroge avec anxiété, il vous affirme que vous êtes malade ; tout ce que vous lui dites pour le dissuader le confirme, au contraire, dans son opinion. Faute de malade, il voudrait inventer des maladies ; il appelle de tous ses vœux celles qui ne font
LBSFLfiUAS. 5
que des apparitions périodiques, — hélas I trop rares ; il regrette celles* que la négligence, on la vanité de la science, on la providence divine ont laissé se perdre et disparaître, dont on ne retrouve de traces que dans les livres, comme on ne retrouve que dans les musées les squelettes fossiles des ichthyosaures antédiluviens.
C'est pourquoi il ne faut pas prendre tout à fait au sérieux toutes les maladies^ des végétaux utiles que Ton découvre depuis quelques années. Quelquesuns ne sont pas si malades qu'on le dit; d'autres ont vu leurs maladies anciennes et congénitales recevoir des noms nouveaux de parrains peu désintéressés, qui, loin de donner des dragées, voudraient en recevoir. — Depuis le temps que la pomme de terre est malade, elle devrait être morte, — ou sauvée tout à fait, si on avait fait ce que je ne répéterai pas ici, l'ayant déjà dit dans Y Illustration *. — C'est surtout quand il s'agit de choses utiles qu'il faut éviter d'être long, et de donner aux lecteurs un prétexte pour fermer le livre.
La pomme de terre, le raisin, le haricot, etc;, sont plus ou moins souffrants. — S*ils allaient mou-
i Voir t. XVIU, p. 254, n« 451.
6 l^^ YLWR?.
f\x, ce serait une sévère feçon de faire expier ^ l'hoipwe .$es sottises variées, jet je doute fort que les progrès qu'il §e plaît à .attrilituer à sa raisou et à m géûie puissent compenser Ja peiie d'un (f ui^t et .de deux légumes.
J'ai lu, dans m trè§-ricbe volnme que yieirt depj^blier M. Curmer, une anecdote intéressant $^ ja ppmme déterre» Je y^^ tAcber de j^e la f^app^ek^ en peu de mots.
Pannentiert doAt l'héroïqpie ob^oaijian ppu^ jk dotés de la pomme de terre, obtint du roi J^ouis XYI qu'il se montrerait eo public avec un bouqupt ^ fleurs de pommes de terre. — Ces fleurs violettes devinrent à la mode. — L'auteur du livre lei^r domie l'épitliète de bleues; c'est une nouvelle preuve de l'extension hyperbolique que l'on doimo à la couleur bleue, et qui m'a fait ajouter à la nomenclature des couleurs connues celle dite bleu de jardinier. — Les femmes de la cour les adoptèrent pour leur coiffure. Mais cela ne suXtit pas : — on refusait, en général, de manger et de planter des pommes de terre, lorsque Parmentier s'avisa de faire publier la défense de lui en dérober à l'avenir dans ses enclos. — De ce jour on les mit au pillage et Ja pomme de terre fut natura/isée.
LES F;.EUBS. T
Cette anecdote m'amène à songer aux dinciiUés qu'ont quelquefois h s'établir et h se faire accepter des choses utiles, lorsque des choses futiles, dangereuses, ridicules, sont r(5clamées pfjffois a\'^c tan^ d'eppregçment et §p trouygpt tout de suite à I^ ipode. ^^fls Parmeiïtier, nous np posséderions pap epapre E^W^^trp ce préciep:!^ tubercule.
lia Qni}Ui?vie, cet ayocat f^\^^ deviat un ^and jardinier spus f^ojijs X|y, ^i qui fit faire de ci notîjbJe* BFog;rès à la sciencei np parje pas des popon^ei» d? terfq fï^f}^ sqn liyrp»^ni fut iropriîpé, ^piès sa mort, ^ IgiîQ. — ynç é^itioa faite depuis, en 17^0, et ^ IagaeH$ p4 a|pii^ di^prs ^f tiçlps» garde Ip même si*
L'édition de 1743 du Dic^iqjumw^. d^ Tréva^:|i ï^ lïieflfioûfte pas Ip Bpïp 4p l^ ppion^ç 4p terr^.
Jhià ce qu<$ 4^^^^^^ ^ pomme da terre^ en 17Sâ, routeur d'un traité trèsncomplet et très-estimé, inti- Ullé XÈ^U (fu potager, et dont M. de l^achault* garde des sceapii et contrôleur général, avait accepté la dédicace. «
L'auteur de Y École du potager désigne la pomme de terre sous )e pom de truffa qu truf^. i$cok éi fi^tag^r, t. II, p. 577,)
DESCRIPTION DE LA TROFFLE OU TRUFFB.
« Voici une plante dont aucun auteur n'a parlé, et, vraisemblablement, c'est par mépris pour elle ; car elle est anciennement connue. Cependant, il y a de rinjustice h omettre un fruit qui est la nourriture de beaucoup de gens. Je ne veux pas Télever plus qu'il mérite, car je connais tous ses défauts; mais j'estime qu'il doit avoir place avec les autres, puisqu'il sert utilement et qu*il a ses amateurs. Outre le bas peuple et les gens de la campagne, je puis avancer, par la connaissance que j'en ai, que beaucoup de gens l'aiment par passion. Je mets à part si c'est affection bien placée ou dépravation de goût; il a ses partisans, cela me suffit.
« Il y a deux espèces de truffles : l'une, rouge et l'autre blanche, tirant sur le jaune. Cette dernière est préférée, ayant moins d'àcreté que la première.
« Ce fruit est susceptible de divers assaisonnements, mais les gens du commun le mangent cuit simplement dans les cendres, avec un peu de sel. — J'avouerai que c'est un manger fade, insipide, et for; à charge à l'estomac ; mais il a un certain goût qui plaità ses amateurs. Que peut-on objecter contre? et quand on est accoutumé à une chose, combien
ne perd-elle pas de ses défauts? Un fait certain, c'est que ce fruit nourrit, et que» par la force de l'habitude, il n'incommode point ceux qui y sont accoutumés de jeunesse. D'ailleurs, il est d'un grand rapport et d une grande économie pour les gens de bas état : ces avantages peuvent bien balancer ses défauts. Il n'est pas inconnu à Paris; mais il est vrai qu'il est abandonné au petit peuple, et que les gens d'un certain ordre mettent en dessous d'eux de le voir paraître sur leur table. Je ne veux point leur en inspirer le goût, (pie je n'ai pas moi-même ; mais on ne iloit pas condamner ceux à qui il plaît et à qui il est profitable. »
Après cette profession de foi pleine d'impartialité et de tolérance, l'auteur de V École du potager dorme quelques détails sur sa culture ; mais il les donne du bout des lèvres, avec un dédain qu'il ne peut dissimuler. — « Faites ceci — ou faites cela, peu importe; je crois qu'il n'y a pas besoin de tant de soins. » — Enfin, pour montrer jusqu'au bout qu'il n'est animé d'aucuns mauvais sentiments pour la pomme de terre, et qu'il serait, au contraire, enchanté de lui trouver quelque emploi, mais que ce n'est pas sa faute si elle n'est, en réalité, pas bonne à
grt]n(j'chu3Q , il terminç ^in^ 4'uas façûii Uîo»phai)te :
« Je ne lyi connais siucuiiei ptoptléié pour h md- 4eciûe. »
(En dTet, ça ne purge pas, ca ne guérît aucuae nïàlcidle, ^- excepté cependant la faîin.)
^ 0(1 anit imaginé, continue ^il» d^en £siire de )a pQudre ^ poudrer, qui pouvait sappléer, dans le t^ixips de cbertQ des graine , à la poudre ordînaîra : ^Ue eu( d*a))0(d quelque «uocès, et \c ministère aida
Tentreprise de m protection ; mais, à l'usage, on lui reconnut le défaut d'être trop pesante et de ne pas tenir sur les cheveux, ce qui la fit échouer, et il n'en est plus question. »
C'est une preuve de plus de Tininiilié profonde et irréconciliable que l'homme se porte à lui-môme ;— sans lui, Thomme serait heureux. Voyez avec quel courage il se défend contre tout ce qui peut lui être utile ou avantageux, et avec quelle faveur, quel enthousiasme il accueille tout ce qui lui est contraire et malsain.
Quoiqu'on se soit, comme vous le voyce, fort longtemps passé de la pomme de terre, ce serait une triste chose que d'être réduit à s'en passer mainte-
LBS FLÇCQS;. il
pai^tj çt s| ce Ujberçiile n avait été que prêit? aiiJ hommes, ils auraient longtemps à le fegreUer.
Ç^arweqti^ï, aUflil^ la Frappe doit ru«|ge M ce lég^nîç qKf nflupjf ijflp partie 4e U) population. fl> pas, daa^ rbi^tpirg ft 4^n3 la r^connai^tipe dçs peuples, la place qu'il périte. U y a longleqapç quç, à Tusage des peuples, j ai retourné un ancien proverbe, et que j'ai dit : (ç 4ime bien qui e^ bien ch4tié» i^ Le dernier des conquérants , qui a iitUré sur un peuple tous les noaux et toutes les misères, est placé dans la mémoire de ce peuple bien au-dessus de Parmentier, dont le nom même n'est pas connu daqs des provinces entière?, dont la oipitié 4^3 b^'^I^itanls mourraient de faim sans ses efibrl^ opinlàlieB
Parmentier est mort en 1810. — Je crois que ?!ontdidier, sa ville natale, vient de lui élever une statue ; — je prie quelque habitant de Moiùdidier de fixer mes doutes h cet égard. — On a attendu longteqaps, — si tputefois ç esf fait, — gn a atlendii qu'il devînt h la iqode parmi le^ yillps de dres^f r flçs 3tatups cliiipunç 2) ,sç§ illuî>{r?s i^qr^^. — P^nil-étre yçuton être bien sûr qu'ils çiont tqut à fai^ ippr{§ ; c'est npQ un liqjpipîjge q^'on rend, mais un hcrilage qu'on rccu^'jJte. — Ou yfîçpnnqît vqlputier^ les services et la glpir^ d*$ gens quand il§ ne sont plus |à pour en
1t LES FLGIJRS.
, profiter, et qn'on peiit s'enorgueillir «t humer l'e» cens en leur lieu et place.
Cest cette juste façon d'apprécier la justice de la postérité qui a inspiré à un poëte que j'ai cité deui on trois fois déj^ ici, sans te nommer, la courte bontade que void. — Excusez les vers. —
Cette pMtérité ponr qui I'od s'évertae, Cctt m gimîii qai jouu aux billes dans lu nie. Dont les erU importuns m'empéciient de trouver Geibeaoi versqn'ilui seul je prétends n Jouei an cerf-Tolant, iouez à la toupie.
Redoutés gnlopinsl Ud jour TOUS vengerei ma muse, qu'on oublie.
De mes contemporains; Car je n'écrirai plus lorsque vous saurez lire. Vous pourrez sans danger, moi mort, louer ma lyre, Et vous vous servirez de mes défunts talents Pour vezer â leur tour les poStes vivants.
La pomme de terre s'appelle en italien tartufolo;
— en espagnol el en portugais, patata; — en anglais, potato ; — en allemand, kartoffel, erdapfel;
— en russe, semlenoja jagod, etc.
Je voudrais bien savoir l'e qu'est devenu VuUioeo,
— une plante qui a été fort prônée il y a quelques années, comme alimentaire. — li est fâcheux qu'elle
n'ait pas tenu ce qu'on promettait pour elle ; car dodseulement elle n'est pas exigeante sous le rapportée la culture, non-seulemeni elle ne demande pas de soins pour prospérer, mais une fois établie dans un terrain, il n'est pas de chiendent, il n*est pas de Gascon plus difficile à en faire sortir. Aucune plante ne se multiplie avec autant d'abondance et d'opiniâtreté : il suffit qu'il reste dans un terrain un morceau du tubercule gros comme un grain de café, pour que Fêté suivant vous voyiez sortir de terre ses feuilles charnues, presque rondes, ses tiges volubiles et grimpantes, ses fleurs blanchâtres, insignifiantes, mais exhalant une assez douce odeur de vanille. Si à l'automne vous fouillez à la place d*où est sortie la tige, vous trouvez un tubercule gros au moins comme le poing, tubercule irrégulier dout la substance ressemble assez, pour les yeux, à celle du topinambour, quoique plus mucilagineuse ; ensuite, si vous n'enlevez pas ce tubercule avec précaution, si vous en brisez la moindre parcelle, vous en retrouverez de pareils Tannée prochaine autant que vous aurez laissé de petits morceaux. Peut-être s*es^on découragé trop vite. Si l'uUioco peut être employé à quelque chose, ce quelque chose serait bientôt très-abondant et à très-bon marché.
U LES FLËUQS.
Beaucoup de gqns, et il aecait l)ien difficile qu'B u y eut pas quelques-uns de ce» genHà paroii nos lecteur», ajment las fleurs, mais »e pensent à elles que lur^qu-ils admirent la splendeur de leurs eof oUes, m respirent leurs suaves odeurs, Le parfum s'évil^ pore, les pétales se flétrissent et tombent» ^t il a'e9 est plus qifestion jusqu'à la même époque à% Vmné» suivante. JUais il arrive de là souvent des déceptions» Dqur beaucoup de plaisirs horticoles, e'@st pendaot rbiver qu'il faut préparer son printemps, et voîoi çî qui arrive tous les ans : c'est k réppque où Ym voit fleurir les premières jacinthes, que l'on pense que Ton aurait bien fait d'en planter cbeï soi ; c'est alors seulement que l'on depiande des oignons aux marchands; or, à cette époque, les marchands ont replanté leurs oignons depuis longtemps pour no pas les perdre^ et ne peuvent satisfaire aux demandes qu'on leur adresse.
C'est une charmante chose que la distirjclion ; mais il ne faut pas qu'elle dégénère en prélentioa et en manières. 11 y a des choses communes qu'il ne faut pas dédaigner : rien n'^st aussi commun que le soleil, si ce n'est Pamour. Le désir de la distinction doit-il nous porter à renoncer a Tamour et au so* leil ? ^
n'ait pas tenu ce qu'on promettait pour elle ; car nonseulement elle n'est pas exigeante sous le rapport de la oiltnre, non-seulemeni elle ne demande pas de soins ponr prospérer/ mais une fois établie dans un ternin, il n'est pas de chiendent, il n'est pas de Gascon pins difficile à en faire sortir. Aucune plante ne se Bioltiplie avec autant d'abondance et d'opiniâtreté : il suffit qu'il reste dans un terrain un morceau du tubercule gros comme un grain de café, pour que fêté suivant vous voyiez sortir de terre ses feuilles charnues, presque rondes, ses tiges volubiies et grimpantes, ses fleurs blanchâtres, insignifiantes, o^ais exhalant une assez douce odeur de vanille. Si à l'automne vous fouillez à la place d'où est sortie la tige, vous trouvez un tubercule gros au moins comme le poing, tubercule irrégulier dont la substance ressemble assez, pour les yeux, à celle du topinambour, quoique plus mucilagineuse ; ensuite, si vous n'enlevez pas ce tubercule avec précaution, si vous en brisez la moindre parcelle, vous en retrouverez de pareils l'année prochaine autant que vous aurez laissé de petits morceaux. Peut-être s'es^on découragé trop vite. Si l'uUioco peut être employé à quelque chose, ce quelque chose serait bientôt très-abondant et à très-bon marché.
16 LES FLKURS.
pousser, et qui se plaignait d'un grand mal de téie, parce qu'une mouche galopait trop bruyamment sur une vitre.
Ce parfumeur offre à la fashion deux parfums tout nouveaux ; Tun est Todeur d'azalée, l'autre Todeur (le camellia. Les azalées qui ont de l'odeur ont celle de la fleur d'oranger; il est donc probable que ce n'est pas h ces variétés qu'il a été demander ce parfum si plein de distinction et si nouveau ; — c'est incontestablement à des variétés inodores, — inodores du moins pour les nez du commun, comme le vôtre, comme le mien. Le second parfum est l'odeur de camellia pour le moiiclioir.
Mon bon et spirituel camarade Rolle a, dans le temps, célébré l'odeur enivrante des camellias ; — mais il a avoué, depuis, que le camellia qu'il avait vanlé était un magnifique punctatum placé au centre d'un énorme bouquet de violettes de Parme.
On a annoncé, il est vrai, sur certains catalogues, un camellia odorant. — On en a vendu, — on en a acheté; mais l'odeur s'est toujours perdue dans le trajet ([ue faisait la plante du domicile du vendeur à celui de l'acheteur.
' Quoi 1 parmi toutes ces charmantes cassolettes de rubis, de saphir, de topaze, qui exhalent au soleil
tant de si suaves parfums, il ne s'en trouve pas qui plaise à ces gens distingués auxquels s'adresse ce parfumeur I II faut qu'il extraie, par des moyens violents, de Todeur des fleurs qui l'avaient toujours dissimulée jusqu'ici.
0 le plaisant projet d'un poëte ignorant. Qui de tant de héros va choisir Ghildebrand!
Mais cet industriel aura beau faire, il sera bientôt déclaré timide , et débordé par des confrères jaloux et plus bardis.
Si le parfum de camellia a du débit, — on ne tardera pas à le déclarer trop fort, brutal, violent, — commun ; — et nous verrons mettre en vente successivement Todeur d*or et d'argent, — l'odeur de perle fine, l'odeur d'émeraude, — Fodeurdu soleil et l'odeur de la lune, — l'odeur d'eau de source, qu'on priera de ne pas confondre avec l'odeur d'eau de rivière, — tant on poussera loin l'éducation des nez distingués, délicats et précieux. — J'ai là le nom du parfumeur, mais je ne le dirai pas, — ce serait empiéter sur les droits de la dernière page du journal et lui faire une annonce ; — car le ridicule ne tue plus en France, — au contraire.
Calmar. Voy, Sèche.
CaraDgue. Voy. Maquereau.
Carpe 98
Carrelet. Voy. Plie.
Cbabot 105
ChSiloiis-sur-Mame 21
Cheval marin. Voy, Hippocampe.
Cheveime 104
Qiendemer 106
lOovis 107
^foliii ^ 107
iparaison de la pêche à la chasse 54
I^Çongre 108
^îwrdes 111
ttorte '27
[Omcou. Voy, Haie.
relejy peintre; son duel avec Baquet 9
ipaud de mer qu'on prend sur les côtes de la haute
Normandie ^ 111
rette 115
mn doré 114
PJMcembre 117
icteurs de la poche 1
giand'chu^Q , il t^iminç ^in^ ^'\i\k^ fdçoi) uiompliapte :
€t le ne lui connais auctine pMpriété pour la médecine. »
(En dTet, ça ne purge pas, ça ne guérit aucufie malidle, — excepté cep'enâant la faîm.)
« On aurait imaginé, continue t^il» d'en faire de {a PQudre ^ paudrer, qui pouvait sjpplôer, dans le tjifpps de cherté des graine , à la poudre ordinaire : oUe eu( d*a))ord quelque auocès, et le ministère aida
Tentreprise de sa protection ; mais, à Pusage, on lui reconnut le défaut d'élre trop pesante et de ne pas tenir sur les cheveux, ce qui la fit échouer, et il n'on est plus question. »
C'est une preuve de plus de rinimilié profonde et irréconciliable que l'homme se porte à lui-niôme ;— sans lui, l'homme serait heureux. Voyez avec quel courage il se défend contre tout ce qui peut lui être utile ou avantageux, et avec quelle faveur, quel enthousiasme il accueille tout ce qui lui est contraire et malsain.
Quoiqu'on se soit, comme vous le voyez, fort longtemps passé de la pomme de terre, ce serait une triste chose que d'être réduit à s'en passer mainte-
pa^t; g( §1 çç ti}})frçul? a avait été que prêté aijX hommes, ils auraient longtemps à le Tl^gretter. farflieflli^t. aHfm?! l^ Fraiipe <îpit Ttl^qge d^ ce
pas, jJan§ i'iii^tpjrp et à^Rç |a rpçQnnajçsaflpe dç? peuples, la place qij'il mérite. Il y a longlçippj qj|ç, à l'usage des peuples, j ai retourné un ancien proverbe, et que j'ai dit : (ç Jj^im I>ipn qui ^$t l)ien châfii^. » Le dernier des conquérants , qui a attifé sur un peuple tous les maux et toutes les misères, est placé dans la mémoire de ce peuple bien au-dessus de Parmentier, dont le nom même n'est pas connu (laps des provinces entière?, fiont j;i ipqiliç 4^§ habitant? mqurraient de faim sans ses effort^ opiniàiroB.
Parmentier est mort en 1816. — Je crois que jTontdidier, sa ville natale, vient de lui élever une statue ; — je prie quelque habitant de Montdidier de fixer mes doutes h cet égard. — On a attendu loiïgtcqfips, — si tpiUefois c'est fqif, — gn a attçndi| qu'il devînt à la njqde parjpi le? yil|ps 4p (Jrçsçiçr (Içs statuts chapunç 2) ^ç§ illu;>tf?s iflqrfg. — P^nit-^ti'e vçuton être bien sûr qu'ils font tpiU à h\\ ipprts ,* c'est i}pn un liqwW3ge qij'on rend, mais m héritage qu'on vccn^*}jle- — On rpçpnnîjU vplpntlers les sprvicçs et la gloire d^s gens quand il$ ne sont plus |à pour en
W LB8 PLKtfRS.
tinée de printemps où il fait un peu de soleil, et il oavr» ses flears blanches. Mais, peu de temps après, une jietite gelée rient le surprendre et biCtler [as étauj-nes de k fleur; la lécondation est impo^^sibli;, et il n'y a pasdV bricots; c.'est poarqnoi, tons les ans, dans la moîli^dela . France, on dit : « 11 n'y a pas d'abricots celte année. * ■L'homme a, par ses soins persévérants, créé lanldu Variétés dô fleurs et de fruits t — Il s'agirait de cherchtr et de trouver nn abricotier tardif, assez pour être à t'abri des dernières ji;elées. En attendant, on a essajâ de déshabituer les aoricotiers que nous avons de faire des rêves et de fleurir trop vite. — Un certain dodi'ur Leclerc a fait, il y a quelques ;innôes, une tonlative dû:,. les résultats ne sont pas parvenus jnsL[u'à moi. Le docteur Leclerc n'était pas mù précisément par l'amour des abricots : ses recherches avaiiint été décidées par ni sentiment d'hamanilë. Il publia, en ce temps-là, ou brochure où il s'attendrissait fort sur ta pudlcitù de I) sensitive, laquelle contracte ses feuilles, comme pre^q:;" tous les mimosas, lorsqu'on la touche, ou lorsiiii'il f^ii' nuit. — Il parlait beaucoup aussi de la douce sensibilité' de la vigne, qui pleure sous la serpette du jardinier, * Pleure-t-elle, au printemps, demandait le docteur leclerc, les maux et les crimes que les abus du vin pn> duiront à l'automne? ou pleure- !-cl le à cause de sa maladie? ou témoigne-t-elle ainsi une horreur de l'eau qui lui fait rejeter tonte humidité ?» ^
LES FLEURS. îi
M. Leclerc ne s'accoutumait pas à voir tailler, cestbdire mutiler les arbres ; il imagina, pour leur rendre Keite opération moins douloureuse, de les endormir à l'aide de Téther et du chloroforme.
Ce n'est pas une plaisanterie, le dodear existe. . Voici qu'à son tour M. B. . . dit un journal belge^ ife Courrier de Charleroy, mû surtout par un vif amour des abricots, vient de tenter une autre expérience.
Il a magnétisé les abricotiers de son jardin. Pour ce qui est du résultat, on le verra dans cinq ou six semainesf il y en a cependant un qui est acquis au procès : e'èst l'opinion de M. B... sur lui-môme et sur son expérience.
* M. B..., dit le Courrier, ne doute pas de la possibilité ife réveiller les abricotiers lorsque la saison sera assez •vancée pour ne plus craindre les gelées; peut-être ne manquerait-il pas d'intérêt de voir le savant magnétiseur M. B... faire des passes devant ses arbres et leur inoculer son fluide; — môme scène pour les réveiller.
Un abricotier que Ton ne réveillerait pas ne donnerait naturellement ni fleurs ni fruits; mais on les réveillera tous.
Il reste deu\ autres dan^'ors à cette opération. Je demande à M. B... la permission d'appeler sur eux son
attention.
N'est-il pas possible qu'un abricotier magnétisé devienne lucide, se mette à parler et pvèdv^vb l'v^N^^Âit
ai. LÈS FLEURS.
comme les chûnes fle Dodoftc? Ufl abricotier lucide ran iiite de irfei-&"6tei de choses, ttfofi^êUf B:..! M.'^fif; tfti viefl ôpiferà; Âlèîdama^ réfôfîè i
0 Dieu! soyez témoin que je souffre un martyre Qui fuit fend^ê le co^r dé éft €Iîêfitr endt^cî.'
Sylvie répond !
Il l«ut croire plutèi qa'U 's'éclate de rirei Oyant les sots propos que tu me Uxs ici.
D'autre part, le flaide de M. B..« «8 ^u^^I ecr une certaine influence féconde sur {es^espèoiÉ' sur les fruits eux-mêmes? N'en peût-ou pas remd par hasard une nouvelle variété d*abricols, pare» l'âbricot-pêche à odeur de M. B.*.?
Voici quelques faits attestés par des gens vivantSv qui viennent à l'appui des expériences que j'ai rap tées. Cependant, de ceux que je vais citer, j'en sais if qui est naort fou, après avoir fait mourir folle safemBWJ qu'il aimait tendrement: c'est H^finequin. Les autra sont, je crois, encore de ce monde, tout en vivant dia un autre.
« A Saint-Quentin, le docteur Picard mesmérise d« fleurs, des arbres et des fruits. Ha ainsi produit m abricot qui, après huit jours de magnétisation, avait «D quis la grosseur d'un melon ; douze personnes en aM gèrent chacune ttné tranche et il eu resta, »
{Union Médicale, du 29 mai 1855,
€ Certains magnétiseurs préteDdeut endormir la lune et la font tomber en syncope. »
(Arago, Biographie de Bailly) « Hennequin a publié un poëme, Juanita, qui lui avait été dicté par sa chaise. »
(Hennequin, Religion, p. 610) c J'ai entendu une table dicter des pages que Dante n'aurait pas trouvées. »
(Auguste Vacquerie) « Une personne prend un caillou dans sa main. Par la seule volonté de M. Philips, le caillou devient si brûlant, que cette personne est obligée de le jeter. »
(Louis Figuier) € Le magnétiseur Ricard à fait pleuvoir, par la seale force de sa volonté, à Montpellier, sur la place du Pérou. •
(M. DE MiRVILLE, p. 297)