A LOUIS VAN HOUTTE, DE GAND
Un amateur de tulipes faisait Texhibition de ses fleurs : — il s'était livré à tous les exercices usités en pareil cas, — entre autres l'exercice de la baguette, qui consiste à appuyer la baguette de démonstration sur la tige de la tulipe, en feignant dVmployer toutes ses forces, sans pouvoir réussir à b courber, — et à dire : « Je vous recommande la tenue de celle-ci : — c'est une tringle^ messieurs, c'est une barre de fer. »
En effet, il est convenu entre ces messieurs qu'une tulipe qui ne pèse pas le quart d une once doit être portée par une barre de fer, — de même que, vers
1812, je crois, — il a été défendu aux tulipes d'être jaunes. - W
Il avait montré Gluck, cette plante si méritav^^
— à fond blanc strié de violet ; — et /osepli-B<^s« chiens, un vrai diamanty également blanc et violet;
— et Vandaël^ cette pçrle du genre, — toujours blanche et violette ; — et Czartoryski, fleur de cinquième ligne, blaacji.e et rose, remarquable ptf Textrême blancheur des onglets; — et NapoléonPi et le Pourpre incomparable, et seize cents autres.- Lorsqu'il arriva à une tulipe devant laquelle 1 s'arrêta avec un sourire ineffable, la désignante geste, — mais sans parier, — un des visiteurs fiianda sî cette tulipe n'avait pas un ncm eoniffieiis «lires.
Le maître des tulipes mit un éeigt sur sa bouchj comme eût f^it Hai^ocrate, te diemlu sile»ce;-^ puis il dit :
« y.oy<ez quelle ^n^gwi6lc;^ce de eolort^ -r qu@||| forme, — quels onglets, — r qu^lt? te.ow, ^^q^dil pureté de xiess.iû,^^.qjtielle mttXeié dajis les3tfie§l - £o«u».e vc'est découpé^^-r-x^omnaie ^'^ prôpiiwctiûwiil 7^ C't^t \}m tuli{>e sans dréSsA^ts.
— Et vous l'appelez ?
- ChuU.. C'est une tulipe qui à elle seule vaut le reste dé ma collection. — Il n'y en a que deux londe, messieurs.
- Mais son nom ?
- Chut I ... Son nom«.^ je ne puis le prononcer forfaire à Thonneur... — Je serais bien fier et heureux de dire son nom, de le dire à haute
, — de récrire en lettres d'or au-dessus de sa îiflqtie Ccrfolle j — c'é^ tm floitl connti et res-
• j^ardon, monsieur; jô n'insiste pas ; — cela t tenir à la politique ; — peut-être e^t-ce le de quelque fameux proscrit , — je ne veux pas lompromettfe... D'ailleurs, nous ne partageons >eut-être les mêmes opinions. . .
• Nullement^ monsieur ; ce nom n'a rien dç que \ mais j'ai juré sur l'honneur de ne pas la voir sous son vrai nom ; — elle est ici incognito^ l'incognito le plus sévère ^ — peut-être même -je trop dit. «^ Mais avec tout le monde, — ^avec ens pour qui je n'ai pas Testime que vous m'inz, — je ne vais pas aussi loin } — je n'avoue B pas que c'est une tulipe, la reine des tulipes;
passe devant avec indifférence, — une indiffé-
rence jouée, — comprenez bien ; — je la désigne sous le nom de Rébecca^ — mais ce n'est pas sot nom... »
Les amateurs partirent, et moi avec eux; mais je. retournai le lendemain, et je lui dis :
a Mais, enfin, c'est donc un mystère bien terrible?
— Vous allez en juger : cette tulipe, que nous continuerons à appeler Rébecca, était la possession d'un homme qui Tavait payée fort cher, — surtoat parce que, sachant qu'il y en avait une autre en Hollande, il était allé l'acheter et l'avait écrasée sons les pieds pour rendre la sienne unique. — Tous les ans, elle excitait l'envie des nombreux amateurs qui vont voir sa collection ; tous les ans, il avait soin de détruire les caïeux qui se formaient autour de l'oignon et qui auraient pu le reproduire. — Pour moi, monsieur, je n'ose pas vous dire tout ce que je lui avais ofiert pour un de ces caïeux qu'il pile tous les ] ans dans un mortier... ; j'aurais engagé mon biisiii compromis l'avenir de mes enfants.
Je ne regardais plus ma collection, — mes p!tts belles tulipes ne pouvaient me consoler de ne pas avoir celle... que je ne dois pas nommer. En vain,
- mon ami... — dois-je appeler ainsi un homme ri me laissait dépérir sans pitié? — en vain , mon ni me disait : « Venez la voir tant que vous vourez. » — J'y allais, — je m'asseyais devant des eures entières. — On ne me laissait jamais seul vec elle^ — on eût craint sans doute ma passion, în effet... je l'aurais peut-être volée, — je l'aurais >eut-être arrosée d'une substance délétère pour la aire périr ; — au moins elle n'aurait plus existé, — !t je n'aurais pas eu de remords. Quand Gygès tua !andaule potir avoir sa femme, — tout le monde ionna tort au roi Candaule» — qui avait voulu la faire oirà Gygès toute nue, sortant du bain. — On n'a u'à ne pas montrer la tulipe. — J'arrivai h un tel tat de désespoir, — qu'une année je ne plantai pas les tulipes, — mes chères tulipes. — Mon jardiier eut pitié d'elles et peut-être de moi, — et le istre... — je le lui pardonne, — car il les a sautes, — les planta au hasard, — dans une terre ulgaire.
— Mais , enfin , comment avez-vous eu cette ilipe?
— Voilà la chose... Je n'ai pas tout à fait imité vgès, quoique mon ami ne se fût pas montré plus
délicat que Candaule; — mais cependant j'ai fait un crime... J'ai fait voler un caïeu. — Candaule a un neveu. . Ce neveu, qui attend tout de son onde, laquel est fort riche, Faide à planter et à déplanter stf tulipes, et affecte pour ces plantes une admiratios qu'il n'a pas, le malheureux I mais sans laquelle soi) onde ne supporterait pas même sa présenci.-* I/oncle est riche, mais il n'est pas d'avis que to jeunes gens aient beaucoup d'argent... Le d6?6H avait contracté une dette qui le tourmentait beau* coup... Son créancier le menaçait de faire sa rédamation à son oncle. — Il s'adressa à moi, et M supplia de le tirer d'embarras. Je fus miel, moiH sieur : je refusai net. — Je me plus à lui exagérer la colère oi4 serait son oncle quand il aurait appris Tincartade. Je le désespérai bien,— puis je lui dis :
« Cependant, si tu Vètix, je të dônnei[*ài Fàrgeul dont tu as besoin.
« — Ohl s'écria-t-il, — vous me sauvez la vie.
« — Oui, mais à une condition.
« — A mille, si vous voulez.
« -^ Non; une seule. «—Tu me donneras un caïeu de... la tulipiè en question. »
B recpla d'horreur à cette proposition.
« MoD oncle me chassera, — s'écria-t-il; — me issera et me déshéritera .
< -^ Oui ; mais il ne le saura pas ; — tandis il ttura certainement que tu as fait des dettes.
« '^ Mais s'il le savait ji&tnais I
X ~ A moins qUè tu ne le lui dises...
i — Mais vous... »
Mtïf je pressai, j'effrayai le malheureux jeune me ; il promit de me donner un caïeu quand on lanterait les tulipes ; — mais il exigea mon serit sur rhonneur de ne jamais nommer... celle j'appelle Rébecca, à personne, — et de lui donun autre nom — jusqu^à la mort de son e.
n échange de sa promesse, je lui donnai l'argent t il avait besoin. Depuis, nous avons tenu tous i nos serments; j'ai eu la tulipe et je ne l'ai mée à personne. — La première fois qu'elle a i ici, — chez moi, — étant à moi, — l'oncle est 1 voir mes tulipes. — C'est une politesse qu'on nge, comme vous savez, entre amateurs. — Il l'a niée et a pâli.
« Gomment appelez- vous ceci? » m*a-t-il ditd'uM voix altérée.
Ah I monsieur, je pouvais lui rendre tout ce qu'il m'avait fait souffrir 1 — Je pouvais lui dire... le non que vous ne savez pas... Je me suis rappelé nui promesse, ma promesse sur l'honneur, et lencYea était là; il me regardait avec angoisse, — et fai dit: Rébecca.
Cependant, il trouvait bien quelques ressemblances avec sa tulipe , — aussi il est resté préoccupé;— il a beaucoup loué le reste de ma coUedion, et n'a rien dit de celle qui est la perle et le diamant de ma collection. — Il est revenu le lendemain, puis le surlendemain , — puis tous les jours tant qu'elle a été en fleur; — puis il a réussi à se tromper lui-même : — il a cru voir entre Rebecca et.l'autre... des différences imaginaires. Alors seul^ nient il a dit : « Elle ressemble un peu a... » vous savez.
Eh bien , monsieur, — j'ai aujourd'hui la tulipe que j'ai tant désirée, — et je ne suis pas heureux. — A quoi cela me sert-il, puisque je ne puis le dite à personne I — Quelques amateurs, — forts, —h reconnaissent à peu près ; — mais je s\»is forcé de
p ; — et je n'en rencontre pas un assez sûr de pour me dire : « Vous êtes un menteur. » — Je Ire tous les jours d'affreux tourments; — j 'ends ici faire Téloge de la tulipe que j'ai comme lui. lîuand je suis seul, je m'en régale; je l'appelle de vrai nom, auquel je joins les épithètes les plus 1res et les plus magnifiques. — L'autre jour, j'ai m peu de plaisir ; — je l'ai prononcé, ce nom, ce nom mystérieux, — tout haut à un homme. Hais je n'ai pas manqué à mon serment : — cet ime est sourd à ne pas entendre le canon.
Sh bien, cela m'a un peu soulagé, — mais c'est implet. — On ne sait pas que je l'ai — elle... ez... ayez pitié de moi, — mon serment me pèse, jurez-moi sur l'honneur, à votre tour, de ne pas 5ter ce que je vais vous dire. . . Je vous dirai alors vrai nom, — le vrai nom de Rébecca, de cette e déguisée en grisette. — Votre serment, à vous, sera pas difficile à tenir ; — vous n'aurez pas à îr comme moi. — Monsieur, c'est affreux, mais ésire que cet homme, que ce Candaule soit mort, »our dire tout haut que j'ai... Tenez, faites-moi rment que je vous demande. »
eus pitié de lui , et je lui promis solennelle*
A lÊÛ» GATATES ^ "" t
tJne t>aï)fle <fira Manc lumineux s'^nd i f h^pîswî fcrossîgntïî, — *itton rossignol, car c'est ceM de l'^anée dernière qui est revenu construire un nouveau nié, ot cdni de la couvée précédente a été respectée, — le rossignol fait entendre ses derniers diants ; les merleâ^ les ^sons, les fauvettes, saluent l'aube à leuir tour^ les l&iles, secouant leur pktmage, agitant leurs sffles, chantent au-dessus du nid où leurs femelles tiennent tfnités, sous leur chaud plumage, les œufs eu les petits lAseaux encore nus^ tendres <mits de leur mélodieun amour.
Les fleurs entr'ouvrent leurs corolles, dans lesqtièileâ
1813, je croà, — il a été défendu aux tulipes iilrt
jaunes. -
n avait montré Gluck, celte plante si méritante,
— à fond blanc strié de violet ; — et Joseph-D/sdùeas, uu vrai diamant, également blanc et violel;
— et Vandaèl, celte p^rle du genre, — toujooi^ blanche et violette ; — et dartorijski, fleur de mqaième ligne, blanche et ruse, remarquable par l'extrême blancheur des onglets; — et NapotéonF, et le Pourpre incomparable, et seize cents autres.- Lorsqu'il arriva à une tulipe devant laquelle il s'arrêta avec un sourire ineffable, la désignant do geste, — mais sans parler, — uu des visiteurs Atsfianda si cette tulipe n'avait pas un nçmt ctiniflieles «itres.
Le maître des tulipes mH un doigt sur ea bmiéi comme eflt ftit Harpocrate, le dieu dii eiie»t«; — puis il dit :
« yaysï quelle jnagflifeetice de coloris, — ijucUé forme, — quels onglets, — quelle te,nu£, — queit puwté de dessin,— .quelle jwljjeté daiJslesstfis!- «WBie CGsA découpé,— tomme .c'est propwliowKl îw C'est une tulipe sans *iélà«is.
: — El vous l'appeleï 1 <
— Chut... C'est une tulipe qui à elle seule vaut tout le reste dé ma collection. — Il n'y en a que deux au monde, messieurs.
— Mais son nom ?
— Chut I ... Son nom..^ je ne puis le prononcer sans forfaire à l'honneur. . . — Je serais bien fier et bien heureux de dire son nom, de le dire k haute voix, — de l'écrire en lettres d'or au-dessus de sa iâdgf}iflqtle mohei — c'est tm noûi connu et respecté...
— lardon, monsieur, je n'insiste pas ; — cela parait tenir à la politique ; — peut-être eôt-ce le nom de quelque fameux proscrit , — je ne veux pas me compromettre... Jb'ailleurs, nous ne partageons pas peut-être les mêmes opinions. . .
-^ Nullement^ monsieur; ce nom n'a rien dç politique \ mais j'ai juré sur l'honneur de ne pas la hire voir sou» son vrai nom ;— elle est ici incogniiOf IMS l'incognito le plus sévère $ — peut-être mémo fOÊ ài-je trop dit» «^ Mais avec tout le monde, — avei» les gens pour qui je n'ai pas l'estime que vous m'in- &pirezy — je ne vais pas aussi loin f — je n'avoue même pas que c'est une tulipe, la reine des tulipes; -—je passe devant avec indifférence, — une indiffé-
tffi
reiice jouée, — comprenez bien ; — je la désigw sous le nom de Rèbecca, — mais ce n'est pas sot nom... »
Les amateurs partirent, et moi avec eux ; ni»is je retournai \e lendemain, et je lui dis :
« Mais, enfin, c'est donc un mystère bien terrible?
— Vous allez en juger : cette tulipe, quenotis continuerons à appeler Rébecca, était la possession d'un homme qui l'avait payée fort cher, — surtosl parce que, sachant qu'il y en avait une autre en Hollande, il était allé l'acheter et l'avait écrasée sous les pieds pour rendre la sienne unique. — Tous ki ans, elle excitait l'envie des nombreux amateurs qui vont voir sa collection ; tous les ans, il avait soin de détruire les caïeux qui se formaient autour de l'oignon et qui auraient pu le reproduire. — Pour moi, monsieur, je n'ose pas vous dire tout ce que je lu avais offert pour un de ces caïeux qu'il pile tous la ans dans un mortier.. . ; j'aurais engagé mon biel, compromis raveoir de mes enfants.
Je ne regardais plus ma collection, — mes fOu belles tulipes ne pouvaient me consoler de ne ptf avoir celle... que je ne dois pas nommer. Eonin.
LESFLELRS. 101
— mon ami... — dois-je appeler ainsi un homme qui me laissait dépérir sans pitié? — en vain , mon ami me disait : « Venez la voir tant que vous voudrez. » — J'y allais, — je m'asseyais devant des heures entières. — On ne me laissait jamais seul avec elle^ — on eût craint sans doute ma passion. En effet... je l'aurais peut-être volée, — je l'aurais peut-être arrosée d'une substance délétère pour la faire périr ; — au moins elle n'aurait plus existé, — et je n'aurais pas eu de remords. Quand Gygès tua Candaule ponr avoir sa femme, — tout le monde donna tort au roi Candaule» — qui avait voulu la faire voir à Gygès toute nue, sortant du bain. — On n'a qu'à ne pas montrer la tulipe. — J'arrivai à un tel état de désespoir, — qu'une année je ne plantai pas mes tulipes, — mes chères tulipes. — Mon jardinier eut pitié d'elles et peut-être de moi, — et le rustre... — je le lui pardonne, — car il les a sauvées, — les planta au hasard, — dans une terre vulgaire.
— Mais , enfin , comment avez-vous en cette tulipe?
— Voilà la chose... Je n'ai pas tout à fait imité Gygès, quoique mon ami ne se fût pas moiiiré plus
lot LES FLEUHS. ^^H
délicat qite Candaule ; — mais cejtendant j'ai fait un crime... J'ai fait voler un caïeu. — Candauleaaa neveu. . Ce neveu, qui attend tout de son onde.Uquel est fort riche, l'aide à planter et h déplaoter s» tulj^ies. et affecte pour ces plantes une admiration qu'il n'a pns, le malheureux 1 tmn sans laquelle $ob oncle ne supporterait pas même sa présence.— Ji'oncle est riche, mais il n'est pas d'avis que la jeunes gens aient beaucoup d'argent .. Le nevea avait contracté une dette qui le tourmentait beaucoup... Son créancier le menaçait de faire sa rdciamation à fion oncle. — Il s'adressa à moi, et a» supplia de le tirer d'embarras. Je fus cruel, monsieur : je refusai net. — Je me plus h lui exagérer ^ colère ofi serait son oncle quand il aurait appris l'ÎBcartade. Je le désespérai bien,— puis je lui dis i
« Cependant, si tu veiix, je te dôntieiftii i'ài^iil dont tu as besoin.
« — Oh I s'écria-t-il, — vous me sauvei h vie-
« — Oui, mais à une condition.
« — A mille, si vous voulez.
ff -u ffan; une seiile. >— Tu me donnera!) un cateu de... la bilipfe en question. »
S recnla d'horreur à cette proposition.
« Mon oncle me chassera, — s'écria-t-il; — me chassera et me déshéritera .
« — Oui ; mais il ne le saura pas ; — tandis qu'il saura certainement que tu as fait des dettes.
<s «^ Mais s'il le savait jamais I
et — A moins qUè tu ne le lui dises...
« — Mais vous... »
EiifiUy je pressai, j'eflrayai le malheureux jeune homme ; il promit de me donner un caieu quand on ^ojilanterait les tulipes ; — mais il exigea mon servent sur rhonneur de ne jamais nommer... celle Çïe j'appelle Rébecca, à personne, — et de lui don- ^^^ un autre nom — jusqu*à la mort de son
En échange de sa promesse, je lui donnai l'argent ^^Ot il avait besoin. Depuis, nous avons tenu tous ^^Uxnos serments; j'ai eu la tulipe et je ne l'ai '^Jïimée à personne. — La première fois qu'elle a '^Uri ici, — chez moi, — étant à moi, — l'oncle est ^îiii voir mes tulipes. — C'est une politesse qu'on '^«ange, comme vous savez, entre amateurs. — Il l'a '^gardée et a p/Ui.
8 Comment appelei-vous ctici 7 » ni'a-t-il dit d'une Toix altérée.
Ah I moasieiir, je pouvais lui rendre tout ce qu'il m'avait fait souffrir 1 — Je pouvais lui dire. .. le nom que vous ne savez pas... Je me suis rappelé m promesse, ma promesse sur l'honneur, et le neven était là; il me regardait avec angoisse, — el j'ai dit: Rébecca.
Cependant , il trouvait bieo quelques ressemblances avec sa tulipe , — aussi il est resté préoccupé;— il a beaucoup loué le reste de ma collection,
et n'a rien dit de celle qui est la perle et le diamanl de ma collection . — Il est revenu le lendemain,— puis le surlendemain, — puis tous les jours tant qu'elle a été en fleur ; — puis il a réussi à se tromper lui-même : — il a cru voir entre Rebecca et... l'autre... des différences imaginaires. Alors seuk^ nient il a dit : • Elle ressemble un peu à... » vous savez.
Eh bien, monsieur, — j'ai aujourd'hui la tulipe que j'ai tant désirée, — et je ne suis pas heureui. — A quoi cela me .sert-il, puisque je ne puis le dire à personne I — Quelques amateurs, — forts, — Is reconnaissent îi peu près ; — mais je .si'is furcé lif
îer ; — et je n'en rencontre pas un assez sûr de li pour me dire : « Vous êtes un menteur. » — Je Duffre tous les jours d'affreux tourments; — j'enmds ici faire Téloge de la tulipe que j'ai comme lui. —Quand je suis seul, je m'en régale; je l'appelle de on vrai nom, auquel je joins les épithètes les plus îodresetles plus magnifiques. — L'autre jour, j'ai u nn peu de plaisir ; — je l'ai prononcé, ce nom,
- ce nom mystérieux, — tout haut à un homme.
- Mais je n'ai pas manqué à mon serment : — cet omme est sourd à ne pas entendre le canon.
Eh bien, cela m'a un peu soulagé, — mais c'est dcomplet. — On ne sait pas que je l'ai — elle... 'enez. .. ayez pitié de moi, — mon serment me pèse.
— jurez-moi sur l'honneur, à votre tour, de ne pas épéter ce que je vais vous dire. . . Je vous dirai alors on vrai nom, — le vrai nom de Rébecca, de cette eine déguisée en grisette. — Votre serment, à vous, le sera pas difficile à tenir ; — vous n'aurez pas à utter comme moi. — Monsieur, c'est affreux, wms e désire que cet homme, que ce Gandaiile soit mort,
— pour dire tout haut que j'ai... Tenez, faites-moi e serment que je vous demande. »
J'eus pitié de lui , et je lui promis solennelle*
niiiiU lie no pas répélei' le noiB de la fuineuse tulipe.
Alors , arec une exp'pssion d'orgueil ialfvdui- ^ sible, —il toucha la plafiUjde sa baguelte, —M | iiM dit :
e. Voici... »
Mais, à Bmii Utur, je suis engagé par un sennenl; — je ne puis dî.â le lujui qu'il fut si heureux de prononcer.
Croytz-ttrtts fju'on inrcnie ces ctioses-tJtT ^h
A lÊÔW GATATES -" t
"^ne hdiùôe éPm Manc înmîneux sTêtefid * fh^pîw» ; rcssîgrïol, *-*mon rossignol, car c'est céW de l'armée rnière qui est revenu construire un nouveau nîft oft Itii de la couvée précédente a été respectée, — lerosrnol fait entendre «es derniers chants ; tes merleà^ les ti«ons, les fauvettes, saluent l'aube à leur tour^ les Hes, secouant leur plumage, agitant leurs sffles, antent au-dessus du nid où leurs femelles tiennent ^rîtés, sous leur chaud plumage, les œufs ou tes petits ^eaux encore irus^ tendres fruits de leur mélodieux tlour.
Les fleurs entr'ouvreM leurs corolles, dans lesquelles
108 Les fleurs.
1h abeilles viennent, en bourdonnant, enlever le dtHlt dies composent leur miel parfumé.
La bande de l'horizou, qui était d'an fea blanc, devient d'un feu jaune; — l'aurore succède àl'anbe;lés premiers rayons obliques dn soleil font resplendit les gouttes de rosée suspendues aux feuilles et aux fleun d'on éclat qui éteindrait les opales, les émeraudes, les rubis et les améthystes.
Un souille frais dissipe le léger voile qu'une petite I^rame étendait sur la prairie; — il n'en reste plas qaa quelques gouttelettes étincelantes, qui, de quelgo» toiles d'araignée, forment des réseaux de diamant; — m coq fait entendre sa voix retentissante; — le chenl hennit dans son écurie , — les vaches beuglent dans !'étable, la chèvre bêle; — tous appellent la grosse Théri* son, une belle et bonne fille qui est chargée de leur déjeuner.
Tout recommence son travail incessant; les vignes, les liserons, les chèvrefeuilles continuent leurs spirales commencées autour des arbres qui leur servent d'appui; — tout est reposé, frais, dispos; — tout s'accueille, te retrouve avec un air heureux et affectueux.
Les garçons et les allés, qui vont cooimencer lenr journée au jardin, échangent entre eux et avec moi u bniijour et un sourire amical.
Mais, tout k coup, un bruit pareil à celui de la foudre g onde dans la vallée et telenlit longuement, renroyi
LES FLKUllS. ICO
['échos en échos : — est-ce le toiiaerre?— Non, le ciel ist pur, hieu, limpide.
Eu même temps, les cloches de la ville se font eD-« endre.
Est-ce V Angélus?
Non, il est sonné il y a déjà longtemps.
Et puis ce n'est pas la même sonnerie paisible et ente.
Les cloches sonnent à grandes volées et de tout leur iieîat; — un second coup, semblnble au tonnerre, succède au premier à peine éteint dans l'air, — et roule le nouveau dans les montagnes et les vallons. Ce n'est pas le tonnerre, — ce n'est pas X Angélus.
C'est le canon ; — c'est un Te Deum solennel que Ton va chanter à l'église de Sainle-Réparate, la cathédrale de Nice.
Le télégraphe a apporté cette nuit la nouvelle d'une victoire, on va en remercier Dieu.
J'ai distribué l'ouvrage à chacun, — j'ai passé ma revue de chaque matin, — je m'assieds sous une tonnelle de lauriers-roses, sur un banc auprès de la mare où s'épanouissent les nénufars, les reines des prés^ les joncs fleuris, les vergiss-mein-nicht, les salicaires, — où les libellules se poursuivent en rasant l'eau, — et j'é- Coate la voix des cloches et du canon qui répètent au loin, en les paraphrasant, les paroles que dit, à Sainte- Héparate, le prèlro aux chrétiens rassemVAfe^.
f:îiO LES l'LEUItS. ^'^^^
t Te Demn, laudamits ! nous te louops, fr^j\i J)'m\ — Te Dominum, con/itemur ! nops te recpfljwiàsûfls le maître. >
0 canon formidable, qui faites nn bruit à fûleries échos 1 ô cloches de Nice, si mauvais.ee, sj iiscordanlÉS, si fûlées vous-mêmes, yous auriez pu vou.s taire! La nature, à son réveil, le dit plus éloquemmejit (jne tws, d'une voix plus harmonieuse el plus pénétrante.
Depuis les premières lueur^ ^jaiich^s j!!^qii'w derniers reflets violets; — depuis ie eh^n,t de l'iilouBtl* jusqu'à celui du rossignol; — depuis que grçnd 5,011 yflj le papillon, fleur animée, jusqu'à ce qu'il soit remplaoÉ dans l'air par ]a luciole, étincelle vivante, — lonlle chante, tout le répète dans une céleste harq^onje: ^Te î)eum, laudamusl nous t'adorons. Seigneur^ el noni reconnaissons que tu es le maître souverain.
Ahl voici que s'ouvrent les fenêtres 4e la jnaisonUpissée de grands rosiers et de bignonias; — le peljf chien priffon secoue sa la^ne,, et cherche d^ns le iat^iii.
— puis .«aute entre mes jambes eij faisant entendre ,i]e crix joyenx. Derrière lyi accourt la mnîLrcsse do J-"" W son, la chère petite Jeniine; — .c'est^ine seçopijlc çurop; qui relève pour moi, bI celle-ci gelpve dans jnfui cw.
— Quand j'ai retrouvé ses fraîches couleiirs de \? vj;)!)?, ses jeux briUantSj sa dém3,rehe ,50,yple ^t i,cg3dis5,iû|ï. I
— la joie chante dans mon cçpuf,: jç|,e b.âfl.i£, Sei^^W' I
Te l)eum,la'âicam»\ 1
LES FJ.BUIJ5. 111
Jl5apne alors yisite tous ses joujoux vivants^ (ipnt çfle e$t ^iipëç : ses pj^eoç^, sa daii^js, so^ petit âne ^e ,^ardaigne« sa monture ordinair^^ auxqi^els pUf distribue dju jy^ip, de l't^,er^e, .dja p^in, (ips çqroubes^ jet tous l'accueillent avec des airs d'amitié qui ne sont ni feints m
Nous te louons, gï;?fl.(j[ D.\ç^^, |oi gu/ as ypulg ^qjie cet univers— rhoninae, Y^jiilm^]^ h i^j^r^tfi — ?j?çerpé. tue par l'amour; — tQi jjçi p^ 49-ï^né ^ rhojajjjae cet ijO$twt de %9piabilil^, — .qpi ftç ^ a,^ açcordç |j force qu'à la condition de TaiTection et de Tallia^ce , ^qui Tas fjût fljîtrç Ijp pjft? /aiblp et le plus ^s^ripé des anj^aux, ifP fjfli Jfli .donnes r,effpir.e d^ çipnde et la vice-royauté de la nature, lorsqu'il s'assemble par les liens dofiK e| étroits de la famille, de la patrie, de l'humanité ^!
Mais éc(;i^t,9jp^ J[es cloches, éc^outoqs IjS cai^on, cef'jest plus là ce qu'ils envoient aux éc^9S.
€ Dominv^ s^6âfo/^y— pieu des armées, s'éc^^^^ ppu$ te louo^^ ! rr T^ Ji^Wt^ laiidqn^us!
» Car floflç .ay.oil^ hief jgaarph^ d^jis le sa/ig juçfju'aux genoux.
• Nous te louons. Seigneur! car noi^j avons fait ujjq çi^Qtagne d^s pprf s flotçirte dos ^m;ip«^\§,
» ]E<; 'pux p'flpt p,i^ jtairç qu'jiine collinç de nps pa-
p. de 008 cpp4^tpiot9$^ de no^ ajai^^ .de nos frërç$^ dix
lUia
iK LES FLEUftS.
mille seulement onl été éveiitrôs el cou|jés en morceanï, ■ — tandis que vingl mille de ceux qui ont des habits blancs ont subi lemSme sort.
> Je sais borgne, mais l'ennemi est aveugle. — Grand Dieu, reçois mes actions de grâce 1 •
— Mais qu'appelez- vous l'ennemi ou les ennemis?
— Ceux qui ont des habits blancs.
— Ont-ils d'autres crimes à se reprocher?
— Non, mais c'est bien assez.
— Est-ce de leur plein gré qu'ils viennent se bal contre vous ?
— Non. cerlesl ils aimeraient certainement mieuirester chez eux à cultiver leurs champs et à élever leur famille.
— Alors...
Mais ici les cloches et le canon m'interrompent pour continuer à dire aux échos :
( Les moissons et les pâturages sont détruits, les chaumières démolies et brillées, — les familles ont perdu leurs fils aînés, ■ — et les charrues traceront des sillons incertains el sinueux sous la main faible et inexpérimentée des plus jeunes.
1 Te Deum, laudamusi Seigneu»^ nous te louons ! •
Et les duchés cessèrent de sonner, el le canon cessa de gronder. — Le Te Deum était Dni. — L'intendaDl,)e syndic, tes consuls sortirent de l'églt^, et allèrent quitter Jenrs habits brodfe, — et l'hymne de la nature, —
hymne de joie, de paix et d'amonr^ tin moment troublé par le canon et par les cloches, — recommença :
f Te Deum, laudamus ! nous te louons, Seigneur ! car les épis vont bientôt jaunir, et la vigne commence à grossir ses grains; — hommes, femmes, oiseaux, abeilles, nous travaillons tous, et nos efforts u:iis amèneront la récolte et la vendange, et l'abondance même pour les plus pauvres, et Ton aura quelque chose à parUiger avec ceux qui, cette année, n'auront pas de moissons, — avec ceux qui auront perdu leurs fils aînés, — avec les mulilés et les blessés, — avec les martyrs de la guerre. — Heureux encore, parmi les autres, ceux qui meurent et ceux qui souffrent pour la sainte liberté ! •
A ALPBOHStî DAKHAfif^it
Chez presque tous nos anciens poètes, on voit donner au mois de mai le nom de mois des roses. Cette erreur provient de ce que très-longtemps on a pris chez les Grecs et chez les Latins des images toutes faites, et que nos premiers trouvères étaient du midi de la France.
En réalité, pour presque toute b Francei le m(»s des roses est le mois de juin. Les roses du Bengale» les roses banks et une ou deux autres variétés fleu^ rissent seules dans le mois de mai.
' Il y a souvent lieu de s*étonner que les poètes \%^ raissent fréquemment n'observer la nature que dans
les livrrs. fliiHfiiiPs-iinsaiissî.cniiarlaiitdesileiiTB, ■ commpttGnt des erreurs-qui, onlre aiUres torts, ont celui de nous avertir que le récit uni nous enchante n'estqti'une ficlion. Ainsi, pour ne citer que ceuxde nos écrivains ànnl le nom et le crime me reviennent maintenant;! la méniDire, '■■. Alexandre Dum.?s ciUiit, il y a quelques jonrs. des pfichers q\n llenrisseiil à li fin de mai ; madame Siind a parlé de chrysanthèmes bleus; M. de Balzac a décrit des azalées grimpant antour d'une maisun ; M. Janin a cru voir des œillets bleus, et M. Rolle a vanté l'odeur enivrante Hes Cjk < mellias. Avant eux, madame de Genlis avait parlJdt I roses vertes et de roses n-iires ; mais, sous le ra|>ii;ft des roses, il sera beaucoup pardonné il madame df GenIJs, parce que c'est elle qui a apporté en Friincïli première rose mousseuse, qu'on lui avait donnée fi) Angleterre.
Ce n'est pas seulement des écrivains que les roses peuvent se plaindre; certains jardiniers et cerlaius amateurs- ont bien aussi, à leur égard, quelques reproches à se faire. Pour chercher des nouveauté el pour leur faire place, on a abandonné la culture des plus riches et des plus magniliques roses. La roseï cent reuilh's, la plits hel'c de toutes les roses, est aujourd'hui exilée de presque tous les jardins d'ama-
eurs un peu diffidles. Pourquoi ? je vais vous le dire : jUe ne remonte pas, elle ne fleurit qu'une fois par m. Depuis une douzaine d'années, les amateurs ont lécidé que les roses devaient fleurir au moins deux fois chaque été. Je comirends parfaitement qu'on fasse un meilleur accueil aux roses dont la floraison se renouvelle ; mais du moins attendez, pour proscrire nos belles roses anciennes, que le semis vous en ût donné de semblables qui ren^ntent. Loin de là, on a fait graduellement de cette qualité de plus la seule et unique qualité qu'on exige des roses. Quelque magnifique que soit le coloris d'une rose, quelle suave que soit son parfum, si elle ne remonte pas, on sourit dédaigneusement, on lève les épaules et on passe devant. Pourquoi n'exigezvous pas que le lilas fleurisse deux fois? Les jardins ne sont-ib pas remplis de plantes qui n'ont qu'une floraison par année? C'est même la très-grande majorité des plantes. Ce n'est pas tout: la qualité de remonter étant devenue la première, l'unique qualité des roses, pour le plus grand nombre des jardiniers et des amateurs, on a permis aux roses qui remontent toutes sortes
de licences. Dans la collection des nouvelles roses remontantes, le plus grand nombre n'a pas d'odeur, beaucoup sont loin d'av«>ir les belles formes et le
lié LES PLEOflà.
riche (îMoris dès exilées <(lt*èH6é m l'ëtoifetê». Eh biWi , j'avoue hatiieriiént iitie j'âîtté mîëliiutt belle t^ô'feë tt&i lie fletïHt rtu'Utie Ms, ffn^m M méâiotté iûi fleittrt deux foiâ ; j'àitftè irflêiii tlùé M (^i flèurtl tiae fois eâ èih<'ïlant un Stiàvè pafffuti, ^'linértsë (Jui flèttrlt plusieurs fois SàtièBdétth De progrès en pfdgi^ès, si tin Idisse faite cëHàîilS ïitoteilrs, dïî finira par former Utte côlleétldil de fbiii pei*pétuëlles... en pitpi'rt*. Et eMôté, dânâ le kÛÛ iftfiriî des rtsëé dites réttionlclnfes, tàmhléh ^ m i-lil qui aient èfa i^éàlit^ t)lu§lëurè Aol^àiàoilst Là plupâri ne S6nt béllë^ ^Ué la pfemiëté foiâ qû'ellëà fléUris' séht, ëi ddtinëtit à raulbnifie des /(éUr§ hchitlqtaés, défchirééé, kVd?(éëfe ; d'âtiltëà, au contWlrè', n'ôiitâû mois de juin qu'urié floi'aièon iriàignifiante, et fleurîssehl bérieUèeifiêrlt ati mois dé septembre, foiir né parîëi' i^ue d^uné très-belle et récente rose, comirièrit la tose Aë la reine remoiite-telle*? Cette énorme fleiir, ce iiiagnîfique cHou rose, étale avec orgueil ses nlille pétales au iïioïs de jiiiri ; mais ensuite elle ne doiirté plus qîie quelques fleurs médiocrement belles et de petites diniènsions pendant le reste delà saison. On peut dire qù^elle fleurit une fois et demie. Avec la plupart des roses dites remontantes, le plus sage est de supprimer par le pincement tes boutons
e la première floraison, et alors ou a de belles roses
k ta seconde.
&ir certains catalogues, en compte trois mille roses ; ceci a besoin d'explications :
1* Beaucoup de roses ont reçu autant de noms ]De les princesses espagnoles. Un jardinier ou un ynateur volt sortir de ses semis une rose qui lui est ocMinuej il la déclare nouvelle^ lui donne un ncmi i la vôUa lancée « Quelquefois cette même rose a !té trouvée par deux ou trois autres jardinierdt
2° On accepte e^mme variété quelquefois un aOeilent. Telle rose fleurissant à l'ombre ou au soleil^ régétant dans une terre forte du dans uti terrain ea- )loDnêux, présente aux yeux des difiérenbes avec la Béme rose nourrie dans un autre sol, épailouie à une ^utre exposition»
3* Vous semez, par exemple, des grains de la 'ose du roi ; il vous vient une rose plus pâle, moins louble, sans odeurs éd un mot Ihféfildfë en tout H)mt k la rose du roi ; n'importe, c'est une nouvelle 'ttriéié obtenue» o'eët un gains <^ ^^ U tttét dafls le !otr)fflerce«
Hélas I le coibmérae I Li^s ëpiciéi^ blit ètilftbhéiicé lar altérer le café» puis ils y m\i mêlé de 1^ ehlËdhëé, >uis ils l'ont supprimé et ont vendu de la chicorée
lit LES PLëUHS. ^^^
riCll^ L'MoHs des exildfS ^li'èlltâ flM i-èftliAlCéSS.
Eh bitti , j'avofle hailteiMi'iit q[iie j'iiftie mieLî une bcllu rtië qui ne fleutit f|u'iine fois, qii'Wlf ^osf médiocrt ^tii fleutft deux fois ; j'aime ntïftux une roSf qtii fleui'ît tliie fois cfi f-shnlaiit un siiùve parfuut, qti'line l'use qui fleflrit pluSielirs fois s.itts Odeur. De progrès en progrès, si (in sse faire ceHaiiis araateilrs, on finira par forn^ une collet^Ihiil de rbsCï pert>éti 5...enpiii . PtlBote, dans le nofflbrt
iftfi > tt I i!es, combien y ëJi i-l-
il qui ai h t'ëaliN irs Aoraisods? La plupàrl
nd sont hâ\6^ Ijiie la première fois qii'elles fleurissent, et ddHnëbt h ï'Mmhe des fleuri ^actiitlqLlês, déthiréÈS,aVoi^SÈ;d'â(ltfés, au contfâlrè, n'oiitaii mois de juin qu'urié Ilofalâoniiiàignifiarïic, ètileurîSseftt bérieiiietliÈilt atl mois dé septembre, toiir né paHef t(ue d'une irÈs-bélie e.t récente rose, corniriènt la rosede la reine rèmonte-telle?Cette énorme fleUr, de iiiaghifique chou ruse, élàlé avec orgueil ses nlllle petites au mois de jiilii ; mais ensuite elle ne doilhé plus qiie quelques fleurs médiocrement belles et de petites diiiiènstôris pendant le reste delà saison. On peut dire qu'elle fleurit mié fois et demie. Avec la plupart des roses dites remontantes, le plus sage est de supprimer par le pincement ie.s boutoos
dé la première floraison, et alors ou a de belles roses à la seconde.
Sur certains catalopes, en compte trois mille rosés ; ceci a besoin d'explications :
1^ Beaucoup de roses ont reçu autant de noms que les princesses espagnoles. Un jardinier ou un amateur volt sortir de ses semis une rose qui lui est incennue; il la déclare nouvelle^ lui danne un nomi et la vôUh lancée* Quelquefois c«tte même rose a été trouvée par deux ou trois autres jardinierdt
2^ On accepte e^mme variété quelquefois un accident. Telle rose fleurissant à Tombre ou au soleil^ végétant dans une terre ferte du dans un terrain sablonneux, présente aux yeux des difierenbes avec la même rose nourrie dans un autre sol, épailouie a une autre exposition.
3* Vous semez, par exemple, des grains de la rose du roi ; il vous vient une rose plus pâle, moins double, sans odôurt éd un mot Ihféfièdfë en tout point a la rose du roi ; n'importe, c'est une nouvelle variété obtenue^ o'eët un ydins et on M ttlët dafls le Gotumerce«
Hélas ! le coîiiméroe I Les épiciéî^ btit ëtJlAiiiëticé {lar altétferlecafé} puis ils y mn mêlé de làéhlËdtëé, puis ils Tont supprimé et ont vendu de la chicorée
'.aa de a
180 LES FLPIURS.
seule. Ce n'étnii rien : aujourd'hui on vend (
fausse chicorée I
Parmi les jnrdiniers commerçnnts, on compte ub assez grand niimbre d'hnnnêtes gens, parce qu'on tnmven toujours plus d'honnêteté dans un étsl qu'ntme celui cpii l'exerce et où il mets-:i gluire et trouve ses plaisirs, quedans un état que l'on fait sans goât, uniquement pour ga9;ner de l'argent. Il serait de l'intérêt des jardiniers et des amateurs que l'on iipporlàt plus de sévérité dans l'admission des plantes nouvelles.
Je rnmplais vous donner aujourd'hui une liste es cent plus Jielles roses ; c'est tout ce qu'en peut c ntenir un petit jardin. Il a fleuri de si bonnes cbises pour moi dans un certain petit jardin, qu'aujourd'hui que j'en ai un un peu plus étendu j'ai gardé un grnnd culte et un grand respect pour les petits jardins.
J'ai si longtemps aimé
Un iout p«lil jardin sciiinnl le renrermê.
Eb général, ceux qui ont de gnnds jardins ont d'autres luxes et d'autres plaisirs. Le possesseur dn jetit jardin souvent n'a que son jardin; c'est toute sT richesse, toute sa joie, tout son orgueil. Ceux qi"
LES PLEURS. m
ont des jardins plus grands doubleront, décupleront les roses qui leur plairont le plus. — J'aime mieux dix fois cent belles roses que mille roses dont les deux tiei-s seraient médiocres. — Mais je suis obligé d'ajourner cette liste h un autre article — je ne puis prendre sur moi une telle décision — et c'est en concile œcuménique de jardiniers que cette famille aristocratique sera proclamée.
Beaucoup de personnes demandent : Comment trouve-t-on de nouvelles variétés de roses? — On répond : Parle semis. — Mais, ajoutent ces questionneuses comment se fait-il que les graines d'une rose ne produisent pas des roses semblables à leur mère?
Je dois m'arréter ici pour faire remarquer que beaucoup de ceux qui lisent ceci en savent autant et plus que moi, — que je prie les savants de ne pas s'offenser de ce que je parle des choses qu'ils savent. — J'ai d'ailleurs soin de supposer que ce sont des femmes qui m'adressent ces questions, et elles ont presque toutes assez d'esprit pour ne pas mettre leur gloire et leur puissance à être savantes. J'en sais même qui ont appris beaucoup de choses, qui les savent très-bien, et qui cachent ce qu'elles ont appris avec un soin qui ressemble à la pudeur.
Le plus grand charme des femmes est d'être
mut nue 'i
Gemmés. Ouelqiies-ubes àe ce lempS-cî, voyant que lès lioininés s efFéiblniiient et se ràftproehaiènt d'elles, oiil cru bien faire âe sd rapprocher des litiraraes a deveiiaiit des vjragos, en s'habilUnt en hummes, h fumàDt ei en secouant vigoureusement la main des hommes qui, autrefois, baisaient respectueusementla leur. Ces femmes se trompent lourdement. Une femme d'esprit n'avouera jamais qu'elle est savaote, qu'elle est forte, qu'elle est brave. Une femme d'esprit à laquelle la nature a fait le mauvais tour de la créer intrépide exagère sa timidité autant qoe l'homme exagère son courage. Ce qui n'em(iéebe pu que tes gens qui regardentde près suventbieu qu'au fond les femmes sont plus braves que les hommes. Revenons aux roses.
Prenez une rose simple ; au centre des dnq pdtila dont elle est modestement ornée, vous Toyez de petits filets surmontés d'une houppe jaune ; te sont le» étamines. Au centre des étamines est un petit sauT vert surmonté d'un liiet sans houppe jaune; l'œuf est l'ovairs, le filet est le pistil ; l'ovaire et le pisllt composent l'organe femelle, c'est-à-dire la petite nymiitie qui habite la n)se. I.es élamines, chargées d'une /éconde poussière jaune, sont des amants aiipressés qui entourent la nymphe. Quand les pélalei
lê8 tLfebfts. 123
de la àéë tôiilbeiit, Vôty Vdyfe Vii^të imn^, dèveriit jaUrië, puis khtiiAe, ptiK triûfir, {iStifflf , l6m- Bëf éur tarife et làiSà'èr ëchàpreir dés graines qîi il renferme enveloppées dans une sorte de coton rude. Au riibhiëtit Ôfiuhë rose s'épanouit, éôûpéz et érilévèz lès élamirles, 1 ovaire ne grossira pas et les grailles qiiHl côhtîëht se dessécheront.
Une rose double est une rose cnez laquelle une pâf tié Aki étànïîiieâ i^sl chàîlgêé èîi pétaïés ; si Id l'ose est tout h fait doublé, c*ès{-a-dire s'il rîè fëstë aucune étamine cachée soûs lés pëtàlés, la rosé ne pélitplus produire de ghînès.
Une rose qui séhîi séille daîis un jardin vitré né reproduirait par ses grâiiies que dés fleurs semblables k elle. Mais il sùftît, dails un parterre dii dàn^ iih jai'diri, que Tâir porte quelques gràitià de là petite jJbussiêfé jâuiie dés élimines d^liiié autre rose ; 11 suffit (}u'uhë âbéilië, faisant ses prôvîsidiis, aprèâ s^ëlfé roulée dàiis une ruse, âîUé se rouler dariS urié aliti'é £liârgéë dU pollen dés étâmihès dé la première, pour qii'il arrive à peu près ce qui arrivé qiiàiid iih blàhc époùàë lihé négresse ; je dis à peu près, caries petits de la rose rie seront {)às tous iiiiilàtres, c'estâ-dîre ne préséiilefoiit pat toiis un mélange des deux roses : si Tuné des deux est blanéte et l'autre rose,
des ttraines qu'elles donneront il proviendra des roses semblables à toutes deux et des rnses qui priS sèmeront divers mélanges de leurs furmeset de leurs couleurs. C'estLinnée^iuiadécouvert que les jibnKs et les Hi-urs HTaicnt deux sexes cnmme tous les animaux. Des iD'iines allemands ont imaginé la récondatiun artificielle, c'est-à-dire de porter sur le pistil d'une Heur la puusslËre des étumlnes d'une autre fleur d'une variété dilTérente, mnis de la même espèce, sans C'infier au hisard et aux caprices du venl et des insectes cette admirable opération.
C'est avec intention que je disais tnut i l'betire que ta fée ndatii.n ne s'opérait qu'entre planles de la môme es;èce ; s'il y a des exceptians, il n'y en a guère, et je ne les connais pas.
M. Desprez, qui est mort il y a peu de temps, éUil un célèbre cultivateur de ruses. C'est de ses semit qu'est venue cette belle rose couleur de cuivre, qu'on appelle noisette-Des|>rez, et un assez grand nombre d'autres bannes plantes. M. Desprez, comme beaucoup d'autres, cherchait la ruse bleue ; il avait réim dans son jardin d'Vèbles à peu près toutes les plantes bleues Ciinnues, et regardait avec joie les abeilles porter le pollen de ces fleurs bleues dans les ruses où elles allaient compléter leur provision. Cette tenu-
tîve devait être et a été sans résultat. Je ne crois pas que dans les serais nombreux obtenus par M. Desprez il y ait des fleurs même violettes.
A propos de bleu, il faut se défier de Tépithète de bleu, appliquée à une plante sur les catalogues. J'ai dû, il y a déjà longtemps, faire admettre dans la langue horticulturale une couleur qui n'est pas dans le prisme, et que ne connaissent pas les peintres. Au bleu de Prusse, au bleu d'outremer, au bleu de roi» devenu bleu de France, j'ai ajouté le bleu de jardinier : c'est une couleur qui commence à l'amdrante et finit au violet, et quelquefois au brun.
A propos de fleurs bleues, j'en cultive deux que je ne rencontre jamais dans les jardins, qui sont fort jolies, et qui ont en outre le mérite d*étre franchement bleues , ce qui est assez rare ; l'une est la eomméline tubéreuse, dont l'aspect est celui d'une éphémère de Virginie, à fleurs bleu-de-ciel , l'autre est le plumbago larpentœ, qui porte des ombelles de fleurs d'un magnifique bleu sombre. Ces deux plantas sont de pleine terre, pourvu qu'on les recouvre pendant l'hiver, où la eomméline disparait entièrement, de quelques poignées de feuilles sèches.
Revenons encore une fois aux roses. L'exposition du Luxembourg a été brillante, sans présonter ce-
m LBSPLEUftSi ^ "
peUtfaTit de ntiiive.itrtés bien rerharffiiaMeS. Entrt \H roses qai ne snnt pas encore très-répandues, il ftiS citer le géant-deS-batailles. C'est de toutes les rûsa œllft qui présente attt yenx la pins splendide et li ' plus éclatante nnafice de rolige, et la ruse persia» fjellmo, jauBe de Perse.
Cest une flecr d'tm jaune éâitiOt, pÉsihMem pleine, ((■ès-TigoT(rei(se, et dont (eS f^edUi soà diargês de fleurs.
Quelque belle (fWè Stiit la rose jaliiië flé Pt^é.elle m l'est cependant pa^ âut^ que t'âncieiliie iW jaune à cent fêtilIteS ; «iffîS Èellé-ct â le flSfaut dé ft(P tW rfifèmeilt bien, et de (lè présenter gli^^'é (Jue des l'dsés avortées.
C'és^ uil« dËs lïildti^ fosë» qti'bft i<6tiNiff$$:lit sdUI Lbifls XÏV (la rb'àe i( i^ ('éitilltt, ta fctgg fetaridie, rftfOSe defeqnatré Saîsoils, li rtfs'é JdilOé}.
Il y a i]ïiËl(}neâ tùôyeHË de Ii\tè Ûetitit ta f»l! jjTâflé ; lèâ e:(tfént]tés des ratnédUt où lëâ boittobs) fiénrs sont tt-ès-âDttilireiJX sont grélëâ ël ne pêiivéH livrer pdâSage s Uilè ^Dâritité surfls^tlle Se Uvt poiif repifflonlSSËftent des flen^S. Il s'agît dont de ne. laisser à chaque bdtidille ttïargéë dé btiitiiiis qu'nfl doftibre que la Ëéve puisse alltiientet ^uf tiii roaer u& peu vigolireilî, il y a au t^oinS tèal boutons;
h^ëtt MUéi (ttfé qiîitâe, f ôuà àiiWz une dizaine de VélttÉ fléuft pfàrfôitèWérif él)ân6uiT^, si surtout Vous ïtta&téz tbé l-osieïs sin pîed d'un mur.
M. Oudin de Lîsieiix tia'a envoyé un rosier obtenu par un horticulteur de Normandie, et auquel cet horticulteur, dont j'ai le regret de ne pas savoir le nom, a bien voulu donner mon nom. Malheureusement je n'étais pas chez moi lorsque cette rose a fleuri ; mon jardinier m'écrit qu'elle est très-belle.
Du temps du parlement, les ducs et pairs, dit Sauvai, fussent-ils princes ou fils de France, étaient obligés, au printemps qui suivait leur nomination, de présenter des roses au parlement. — Cela s'apr pelait la cérémonie des roses. Le pair ou prince qui présentait ces roses faisait joncher d*herbes et de fleurs toutes les chambres du parlement, et, avant l'audience, donnait un magnifique déjeuner. Il venait ensuite dans chaque chambre, faisant porter devant lui un grand bassin d'argent plein de bouquets de roses et d'œillets.
Le parlement ordonna, le 47 juin 1541, que Louis de Bourbon-Montpensier, créé duc et pair en février 1538, lui présenterait des roses avant François de Clèves, créé duc de Nevers et pair au mois de janvier de la même année 1538
LES FLKUnS,
On Ignore J'origine de celte gr.cieuse cérémoni,- ™.sr,»rede,„émele.emp,etl,,a„sede™,b; "»». On ;,o,„e ,„e FrMçois, ,l„cd-A|f„c„„, libd, ii^nri 11. sysitumit versranl580.