PLEURS. H
le^fiku ^11 éehangô de le^rs renmgnemenis^ ieur \ÊÊmm emn. qttë voiei t
VoQ» frottés d'ail le» bêcher «yee lesquelles rmis !eto«rft«z la (erre destiBée à devenir pré; ensnite, yeas MBemeiHiez, yoQs hersez, votis arrosez. Eh bien, les ÉMtMS qai broutent plus tard dans ee pré ont des girfùHs légèrement parfumés d'ail. Si vous avez jeté quel- [œ peu de garance dans la terre, il arrivera ce qui arivait du temps de Virgile :
Sponte sua sandys pascentes vestiet agnos.
Les moutons^ sur le sol que la garance arrose^ Se font un vrai plaisir de naître teints en rose !
Vous comprenez quelle économie et quelle teînxiret
De même, selon l'abbé Moigno,un peu de noir de bornée, mêlé aux terres fortes, a Tavantage de les difîser, et ensuite, si Ton y met pâturer des bœufs, de lonnerà leur cuir une couleur noire indestructible qui iispense de jamais cirer les souliers qui en sont fabrijaés.
Autre recette pratiquée avec succès à la Martinique )ar un savant espagnol :
Quand il s'agit de planter les caféiers, on enfouit dans le sol, de cent en cent mètres, de petits moulins à café; di bien, on récolte du café en poudre.
Ah I monsieur, quelle belle chose que la science I
us LES FLEURS.
qne de progrès elle a déjà faits, et qnets progrëR elle fera encore ! car les recettes que je vous donne sont aussi pratiques, aussi vraies, aussi eIScaces que celles du père Ferrari etcelles du savant chimiste Morren.
A propos, je ne suis pas tout à fait certain que la wcette pour teindre te cuir de bœuf soit du savant ai)bf MoigQo : le véritable inveDU-'ur se trouverait l'^;^ 3»«
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A ALFARO
Au-dessus des questions de chaque jour, il y a une. question qui est de tous les temps et de tous les pays.
Parlons du pain.
Par le pain, j'entends l'alimentation, — car on a en France le préjugé du pain. — Supposez la viande et les farineux de toutes sortes à bas prix ; — supposez le gibier entrant dans les maisons, les poissons se jetant d'eux-mêmes sur les plages : — s'il n'y a pas de blé, s'il n'y a pas de pain, — de pain de froment, j'entends, — les Français se déclareront en di*
74 LBS PLBORS.
- selle, eu famine, et Lrès-proLdblciiient uioiirtaiit ie faim. ^
Ce sont les plus rigides p^thagoricimisiiui se soieat jamais vus.
c Tu me demandes, dit Plutarque, pourquoi P;thaj^ore s'abstenait de manger de la chair des uiiimaux. — Moi, je le deiiidnde, au contraire, quel esl le premier liemme q.ii approcha de sa bouche la ch;iir sanglante d'un animai qu'il avait vu vivant ; — le premier homme qui, mentant contre notre mère Tellus et offensant Cérès, inventrice des lois, etBacchus, le consolateur des hoiujues, lus & accusés de ne pouvoir nous nourrir, et, aux innocenta végétaux, au tait des troifpeaux, aux fruits savoureux, a wËU sur sa table des cadavres et des ossements, et, dod content du lait de la brebis, a votdQ aussi Mk ïob sang et manger g£s menabres.
A Et les aniiuaus que lu dévores, ipje U ïues pow assouvir tes appétits factices el désordooftés, ce u sofit pas les animaux i'éroces et dâJif^'Oaj tuw manges ni les lions, ni les tigres, ni les loups : tt mabgeË l'a^&au qui pr-cnait l'heriw dans ta msia, la ^oule et Je pjgeon accoulniàés è veair k it vwx-
« Et la preuve que ces horribles aliments ont éls
ÎDiaginés plus jpour assouvir ta cruauté que ta taiin, ç*est que tu,ç§ forcé de tp les dissimuler à toi-même. — Tu ne déïphires pas^ comme le lioii, Pagneau vivant, et tu iie portas pas la dent sur ses chairs encore cbdudes. Non, j^u le tues de sang-froid, plusieur3 jours avant d'avoir faim; tu le fais cuire, tu Tassaisonnes d'iSpic^^ et de condiments de toutes sortes : sans cçla ton e$tomaç rejettierait avec horreur c^s cadavrs^ gue tu ne lui iai$ accepter p'en les d4pisaiit.»
Voj]à« pu à 1^ pr^, ce ^jiie dit Plutar^u^. VM»} i'^yjuxit^g^ le flu» incontestable que l'homaj^e ait suf l^ aitfr^ mm^sif e'^st qu'iJ est construit pour ddyffWf lout ce ^qui existe, ce qui végète 4an$ la terr^ ji 00 qui injlb*it ^r les ^bres, ce qui nage da^s l'^my ce qui v»le d;u9s Tair, ce quj fuit d^s la ^in^e m dans les Ixm, pouf bokc le lait de^ troU" fi/d^àvo^ U jus 4e la vigne H le sang des animaux. ^ S'jl n& nuM)gc ]^resque plus d'lu>mmes, c'est que l'hf)mvfi^ e^ dur et coriace, h^ mâdmï^ de Tliomme offre une collection complète 4e toutes les sortes de d^s partagées ^tre les animau^c: cette mâchoire est le plus complet, le seul complet arsenal en ce genre que la nature ait formé.
Ainsi, je pavtlaiiiie à l'homme de uianger de la viande, quoiqu'il me paraisse parfois un peu Mzane de ïoir à table «ne femme élégante, délicate, sensible, vous dire avec des synonymes : n Quel memhre de ce cadavre vous offrirai-je? » — et vous faire , l'éloge de telle ou telle partie de ce corps mon, eu forme d'oraison funèbre, pour vous engager à en dévorer davantage. Le besoin signalé parPlutarque de dissimuler, sinon à l'estomac, du moins à l'imigination, les cadavresdont l'homme se repaît, a imposé aux animaux qu'on met sur la table des noms différents de ceux qu'ils portaient étant vivants : — viande pour chair, — bouilli pour bœuf, — gigot pour cuisse, etc. — 11 est seulement fâcheux que ce ne soit pas plus généra), et que ce dicUonnaire ne soit pas plus complet. — On m'assure que, sous ce rapport, celui des Anglais est plus complet que le nAtre. — Je n'aime pas plus l'usage de servir unliivre avec le poil conservé aux pattes, ou un faisan avec les plumes de sa queue rajustées. — Tout ce qui nppelle la vie de ce qu'on mange est cruel et répugnant ; — je préfère n'avoir pas connu ou au moins ne pas reconnaître ceux que je mange.
Mais si le Français est pythagoricien parce qu'il préfère le pain à tout, parce qu'il ne peut s'en pas-
ser, — i\ ne l'est pas par abstinence : ceux d'entre nous auxquels plus d'argent ou d'autres habitudes permettent de manger de tout , animaux , poissons, etc., ne mangent pas moins de pain pour cela que ceux qui ne mangent que du pain.
Prenons donc le pain pour type de l'alimentation.
Nous ne parlons ici que du droit anatomique. L'homme naît avec le droit de manger ; — son besoin, son estomac, ses dents, voilà sa patente.
La société a dû surveiller ce droit de manger, le soumettre k des restrictions, à des conditions. — Ensuite elle a dû aussi réglementer, à leur tour, ces restrictions, ces conditions, ces modifications, qui auraient bientôt fini par la négation.
Cette double surveillance est le sujet, le point de départ et le but de toutes les lois, comme c'est le but plus ou moins direct, plus ou moins dissimulé de tous les efforts, de toutes les tendances de Thomme. J'excepte les vrais poètes, qui sont une variété de Pespèce, — et les vrais amoureux, qui sont des ma-f lades, — à ce qu'on dit.
Magister artU , ingenique largitor Venter,
dit Perse.
C'eti l'estomac qui nous a tout uppris, et qui nous a (li)iiué L'iDveatioa el le géaiit.
li inc semble que, dans la théorie, on ne donne pas au pain, c'est-à-dire à l'alimenta tion, l'importance <|u'it a dans la pratique. Ainsi, ]e suis souvent étonné d'une chose : — on a pris pour habitude de donner comme baromètre unique de la prospérité publique eu France le com's de la rente à la boucsu de Paris. Pourquoi est-ce exclusivement le cours ds la rente qui indique, — comme l'éùage i'na porit iiïdique les hautes et basses eaux, — la situation de U . prospérité publique? — Pourquoi ne serait-cep»» aussi le cours des pralines ou celui des parapluitsî ou plutôt, pour parler sérieusement, pourquoi M serait-ce pas concurremment le cours du hl67 — Pourquoi ne serait-ce pas la prospérité ell&-mâiW( plutôt qu'un seul de ses signes?
Vous me direz qu'il y aurait certainei cbows i réglet' avant de décider si la prospérité serait esntU* tée par la hausse ou la baisse du prix du blé. H'» coid; mais qui empêche de régler ce» choses ÎP» exemple, si tout suivait le prix du blé, comme cela aurait lieu naturellement, sans l'agiotftge et la spéculation parfois immorale qui se fait sur leâ grains, le cultivateur n'aurait pas à craindre, sur une cfto»
qu'il vend» une baisse de prix qui se porterait en même temps sur toutes les choses qu'il acliète. Mais ces détails ne peuvent trouver place dans lies dimensions et dans la forme de cet article. C'est sur* tout en parlant de choses utiles d'ailleurs qu'il faïut craindre d'être long ou ennuyeux. A d'autres d'approfondir ce que je ne dois qu'effleurer et indiquer.
ISn France» il ne doit pas y avoir de famine.
La France, en moyenne, fournit plus de grains qu'elle n'en consomme ; de plus, la viande, les farineux de toutes sortes, les légumes peuveat être un &cile supplément.
U y a donc à s'occuper seulement de la dierté possible des grains.
Les choses bien ordonnées, il n'y aurait jamais de cherté» — car le haut prix n'est pas la cherté.
Supposez, en effet, les champs ondoyants de mois- ^ns dorées, les arbres à fruits étayés, les greniers ^nçonnés ; — supposez le blé au plus bas prix où if ait jamais été : — si vous n'avez pas- d'argent, ce |>as^ prix est pour vous la cherté. Le pain est cher à un sou la livre, si vous n'avez pas ce sou. En face de cette abondance, vous êtes Tantale mourant de soif au milieu des eaux.
Supposez, au contraire, la récolta moyenne ou
mauvaise : — le blé, nous l'avons dit, ne peut manquer : — la France, grâce à son climat varié, retrouve d'un côté ce qu'elle perd de l'autre. IJne année mauvaise, c'est-à-dire trop sèche ou trop humide, trop chaude ou trop froide, ne peut être mauvaise, grâce â cette variété des climats du nord aï midi, pour toute la France à la fois.
Supposons donc te blé à haut prix, à très-baul prix même : si vous avez beaucoup d'argent, vous n'avez pas k en souffrir ; vous payez beaucoup , mai) vou» ne payez pas cher.
Il s'agit donc seulement, pour que vous n'ayei pas de cherté, que le blé ne se vende qu'à proportion de ce que vous avez d'argent : — à haut prii quand vous avez beaucoup d'argent, — àboumarché quand vous n'avez guère d'ai^ent ; — mais pour ar river là, ce qui parait absurde, c'est-à-dire impossible au premier aspect, — il s'agit de renverser li question, comme fit Mahomet, qui, ayant ordomié^ une montagne de venir le trouver, et remarquant cba la montagne sinon une désobéissance' complète, du moins une grande lenteur à obéir, dit : « Si lamoolagne De veut pas venir à moi, je vais aller vers la montagne ; le résultat sera le même. »
SI le prix du blé ne peut s'élever et s'abaisser i
proportion de ce que vous avez d'argent, ayez de l'arl^entà proportion du prix du blé.
Et cela, rien n'est si simple, malgré l'apparence.
Les manufactures, en Angleterre surtout, ont établi une lutte dangereuse.
U s'agit de fabriquer au plus bas prix possible. — On a économisé d'abord sur les achats, sur le combustible, sur les préparations ; on a économisé par l'ordre, par les innovations, etc. Quand on est arrivé au bout de ces économies, — on a économisé sur la main-d'œuvre. On assure qu'il y a en Angleterre des ouvriers qui ne mangent presque pas. — Le Uiomphe serait d'en avoir qui ne mangeraient pas du tout. — Mais il est douteux que Tespèce humaine puisse atteindre un si grand perfectionnement. — Faute de cela, on a inventé des machines ; les machines ne mangent pas de pain, mais elles mangent de la houille. — D'ailleurs, il faut encore des hommes pour les conduire, — et à ces hommes il faut du
pain.
Eh bien, uh moyen d'abaisser proportionnellement le salaire, c'est d'abaisser le prix des denrées ; — c'est là que doit tendre toute préoccupation. Mais, en même temps, pour que le prix des denrées alimentaires puisse s'abaisser sans réduire à ia fair>ine
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lieux qui les produisent, il faut de toute nécessiU qoa le prix de toutes les autres choses suive ce prix, quel qu'il soit.
Cela est si vrai, si nécessaire, que, par la seule lorce des choses, cela s'établit à peu |>rès ainsi : dam les contrées où il fait cher vivre, coinine on dit, le salaire est plus élevé.
Donc, nous le répétons, il serait plus raisonnable de prendre pour signe de la prospérité et pour régulateur universel le cours du blé, — que celui ia gageiues que fotit à la ^urse da Paris mesùeurs l«liettels.
L'homme, au point de vue matériel, est une macliine qui se remonte par l'estomac; aussi toutn qui peut amener l'alimentation à bon marché, c'est: à-dire rendre la vie facile, me cause une grandesjB* pathie. — Parmentier, qui a dol^ la France de Ifc pomme de terre, n'a pas, selon moi, dans l'opiDio» publique, le rang qui lui est dû. — Les hommes à^ pensent toute leur admiration d'abord pour ceuxqiA leur font du mal puis pour ceux qui les amusent. — - Qu'il se présente ensuite un réel bienfaiteur defhu— manilé, on n'a plus de monnaie.
Inventes demain un fiisil qui tue les hommes 4« plus loin qu'un autre, imaginez une bombe qui v»-
LES FLBURS. §3
3 la mort SQUs des fornie^ plus variées que les unes l)ombes, trouver un feu qui ne puisse s*é* re et dont les ravages soient inopossibles k ar* ^ -^ l'attention sera vivement excitée, on nomi des commissions, les corps savants feront de$ ûrts t on donnera votre nom au feu, ^ la bombe 1 fusil.
m trouvez un nouvel aliment, ou imaginez un en de rendre la production plus facile, et conséornent le prix moins élevé, personne n'y fera ition. Cependant, s'il s'agissait d'un mets de I de quelque chose d'inutile et de très-cher, il «rait pas impossible qu'on s'en occupât. Mais id Parmentier s'est opiniâtre k introduire la me de terre dans l'alimentation, il a dû lulter ^e toute sa vie; puis, quand ces pains tout faits ^té adoptés (ce n'a pas été tout de suite, car ce rcule a été introduit en France vers 1G20, et lont de Bomare, en 1775, rassurait encore sur ualités malfaisantes et vénéneuses qu'on lui atait) ; donc, quand on a fini par accepter ce pré* on lui a ôté le nom de Parmentier, qu'une juste maissance eût dû lui conserver, tandis que nous s toujours des fusils-Lefaucheux , des fusilsïrt, des bombes-Paixhans, etc.
li LKS FLEUKS.
La France, vanité à pan, est un pays vraiment béni. Son climat, qui possède toutes les températures des autres pays , à l'exception du trop chaud et du trop froid, lui a permis d'acquérir et de s'approprier presfjoe toutes les productions du monde entier. La plupart de nos fruits sont d'origine étrangère ; le péchei' vient de la Perse, l'abricotier d'Arménie, le cerisier du royaume de Pont en Asie, le prunier de la Syrie, l'amam ier de la Grèce ; le mftrier nous vient de la Perse, et le mûrier blanc de ti Chine; la pomme de terre, dont la récolte est et»- ; luée en France à deux cents millions de francs, a été apporLée du Pérou; le riz vient de l'Amérique, fie. Le feuilleton et le journal tout entier ne me suffiraient pas pour donner la nomenclature de tous les fruits, de tous les légumes, de toutes les fieurs qui se sont heureusement acclimatés en France, véritable capitale du monde.
U est d'autres productions qui ne vivent ici que dans les serres du jardin des Plantes de Parts. Je crois qu'une demi-tasse de café produite par les caféiers et sucrée par les cannes confiées à la direction de M. Neumaon ne pourrait pas s'établir i moins de cinq cents francs; c'est pourquoi uous voyons tous lès jours des navires qui vont chereber,
— pour le café au lait des portières parisiennes et pour le thé des petites-maîtresses, — le café et le sucre en Amérique, et les feuilles de l'arbuste chinois.
Rien de mieux; mais cependant il ne faudrait pas, en faveur de ces plantes étrangères, négliger et oublier les équivalents originaires de la France ou naturalisés chez nous. — Sans compter les abeilles qui nous donnent le miel et la cire, dont on se contentait avant d'avoir le jus de la canne pour sucre, et le cervelet des baleines pour faire la bougie, on sait tirer aujourd'hui du sucre de tout : des savants même ont fait récemment du sucre de lapin ; ils ont établi qu'en piquant d'une certaine façon un certain endroit du cerveau des lapins on changeait leur sang en sucre.— Un rapport sur ce sujet a été fait à I*fcadémie des sciences.
C'est quand je suis mécontent de la créature, surtout, que je contemple avec plaisir les bienfaits gratuits dont le Créateur a comblé l'homme en compensation de l'homme son semblable.
Une des choses qui me charment dans mon séjour au bord de la mer, c'est que Ton n'y peut pas mourir de faim, tandis que c'est très-facile ailleurs ; — chaque fois que la mer se retire et abandonne une
p^rlio de sou lii, elle offre aux lifiTaiib au luoîii- de yuoi apaiser leur faim : — les crabes, les lépas et plusieurs autres coquilbges, et beaucoup d'autre! moissons gratuites que la Providence a résenées ï ceux de ses enfants déshéiités qui u'out pas de terres. U faut dire qu'on en laisse perdre beaucoup, — Ainsi, on m'a assuré que les AUemauds aimeat beaucoup les limaçons , dont en France ne mangeât que |ieu de personnes; tandis que les mêmes AU^ mands ont horreur des grenouilles, qui passent iq 1 pour un mets délicat. — L'estomac prend des habt- 1 tudes. — On m'a dit aussi que les Persans abhorrent l'esturgeon, que les Russes ne mangent ni alosa ni écrevisse, et que les Islandais ont nue réf)Ugnajic|i invincible pour l'anguille. — Dans certaines provinces ^'rance, on mange les couleuvres sous 1( nom d'anguilles de haie ; — les Chinois mangent d«K nids d'oiseau ;-r-les habitants des îles de la mer PaciUque considèrent les petits chiens comme un metu savoureux ; — on mange en beaucoup de pajs U chair du cheval ; — des gens qui ont mangé du chat prétendent ne pas le distinguer du lapin. — J'ai vu beaucoup de chasseurs manger du chat-huant avw plaisir, et le comparer â un excellent poulet. Sans parler de ces ressources un peu extrêmes,
LBS FLfiURS. 87
car len répugnances dç restoDOâc, ce viscère tyrannique dont qpus sommes tous les esclaves, sont souvent invincibles, — il est bien. des choses perdues qui seraient d'une grande ressource pour les malheureux* de deux façons : d'abord en leur fournissant UD alimeiit sain et agréable, ensuite en augmentau( la quantité disponible des siutres productions de tout ce que les pauvres et les riches mangeraient de celles dont je veux parler.
Sur nos c6te3 des environ^ du Havre, de même que de Vautre côté de Teau, sur les plages de la Sas3e Normandie, — et, sans aucun doute, sur prèsque tout le littoral, — lorsque la mer se retire, elle laisse à découvert le champ du pauvre,— c'est-à-dire qu'un certain nombre de plantes qui croissent au fond de la mer sont non-seulement comestibles comme certains végétaux de la terre, mais ont epcore une saveur aussi agréable que ceux-ci.
L'ulva lactuca, qui a un peu l'aspect de la laitue ordinaire, se mange crue ou cuite. — Il en est de même de l'ulva lanceolata et de quelques autres. On mange ainsi le fucus saccharinus , le fucus paU matus.
Plusieurs peuples de l'Asie font un grand usage
8tt LES FLEURS.
d'algues et de varechs ; — et les nids d'hirondeUeT ce mels si délicieux pour les Chinois , est composé. , par l'hirondelle appelée salangane, avec des fucus et , autres plantes marines.
Je n'ai pas mangé moi-même de ces diverses signes, et je n'en parle que par oui-dire; — mais j'ii mangé plusieurs fois, et avec autant déplaisir qu'au- <;un légume terrestre, le plus commnn de tous sur certaines parties de nos côtes, — la christe marine- La criste marine a le e la fois desépinardsetdu pourpier, et se pi e la même manière;— il n'y a que quelques années [u'on s'avise d'en manger ; on en fait même, pour les marins, des coflserves très-saines et moins coûteuses que les autre! conserves de légumes, dont l'usage exerce une si heureuse inQuence sur la santé des équipages et des passagers dans les voyages de long cours ; mais très-peu de personnes récoltent , accommodent et mangent cette manne des grive», — même entre celles qui très-souvent n'ont rien à manger que di pain, et parfois en quantité insuffisante, — et cependant il n'y a qu'à se baisser pour en prendre, comme on dit vulgairement; cet aliment, très-sain et très-agréable, est en si abondante quantité, que l'on pourrait le récolter avec iirie faux, j'ai entendu
LES FLEUBS. m
iffinner que rien que sur les pbgef qm aToîsnent [e Havre on en pourrait recMÎllir de quoi ooarrir pendant dix jouis toot le d^aitanent de Ii Seîne- [nférieure.
Bien des rirerains font sor os mêmes grèves on travail rude et fatigant dom le résahat est tout an plus de nourrir &el et lenr funille, et ne songent pas à ramasser la christe marine. Quand on en parle k quelques-uns d'entre en, ils se fâchent et vous lisent : c( Pourquoi ne nons dites-vous pas de brouter rherbe des cbamps, comme les animaux ? » CTest en vain qu'on lenr explique que tous les hommes mangent de Thert^e ; que l'oseille, les épinards, les choux, les salades, etc., sont des hert)es dont on mange les feuilles ; que les salsifis, les carottes, les navels, les pommes de terre sont des herbes dont on mange la racine ; que l'asperge est une herbe dont on mange le bourgeon ; que l'artichaut est une hm*be dont on mange la fleur encore en bouton ; que les haricots et les pois sont des herbes dont on mange la graine : ils répètent que l'herbe n'est pas faite pour être mangée par des chrétiens. 11 n'y a que l'exemple qui pourrait amener les populations riveraines à ne pas fouler aux pieds cette richesse perdue, et il fondrait que cet exemple vint des gens riches. Lors*
M UESPLEUttS. ^^^
^u'm Iroiivait tant de difficultés à élablT Vnsm aliuiËiitLiire de la pomme de terre, U tiillut, et a De fut pas sans iniluciice, qu'on répandît \i bruit que le roi Louis XVI les aimail beaucoup et en | mangeait tous les jours. On mil égalemeat ii la j mode, daas les coilTures des femmus, les Beun bUuthtis ou violettes, selou les variétés de lapomue de terre.
Je ne considère pas la christe marine comme une conquête alimentaire du prix de la pomme de leiie ; ^mais, je le répète, c'est un altoieiit gain et agréa* j ble, et qui a sur la pomme de terre cet avantage, I que ceux qui n'ont ni terre ni argent n'ont qu'à la nmasseri ^ et, eu attendant les amélioralioas dont je pariais eu coEnnientement de cet arlide, il fkidrait au moins ue paa ségliger de pareilles xiSr sonrcea.
Cependant, îl y a une cireanetance qui devrait fain rélléchir Kur l'alimentation au moins les Farisiens. — Dans leur ville, dont Pierre le Grand disait, — 1 un Butre point de vue : « Si j'avais une ville pareille, j« te détruirais dans la crainte qu'elle ne dévorai mou empire, » dans cette ville qui ne produit ni un chou ni un pois, Aes calctils ofliciels élabltssent qu'il eniri' un moyenne chaque jour, pour l'alimentatiM
âe la ville, 2,774 Yohmres, — 190 bétes de s<Mmme, S49 hottes et 61 paniers — chargés de denrées alimentaires, — et qu'il y a encore, par-ci par-là, des sens qui pourraient manger un peu plus sans ayoir à craindre d'indigestion
VïII
A ALPHONSE TOUSSENBL
serait facile, mon cher Toussenel, de trouver daur» des arguments pour ce point de la doctrine de mattre Fourier, qui enseigne la perfectibilité sans de ce monde.
ms presque tout ce que l'homme a voulu arranger Tectionner de l'ouvrage primitif du Créateur, il a ûè des sottises ; et un des grands progrès qu'ait à ider aujourd'hui la philosophie, ce serait, non pas
isition des connaissances nouvelles» mais la perte
désuétude de la collection d'idées fausses que l'hua laborieusement amassées depuis l'origine des
HaU il îmt aroaer qiie, pour ce qai est des flnt rhomme est entré réellement en collabontîon ane: sooTerain Maître, et qne sa collaboAtion n'a pMt
On plutdt, it semble que Diea, daos les fleurs sm données à l'homme an commeacemenE, Im ait quelque chose de semblable à < l'argameot > de dis latin on français, que l'on noas donnait i dérelopperi rfaétoriqoe.
' L'^lantioe des baies, avec s^ cjuq pétales, esti nme sncces&tKifiéht, ei lo^ la nûÎD oe l'hammB, rose du roi, la chromatelle, lo géant des batailles, deux cents antres pierreries vivantes et parfumées; disVenx cents, car je n'admets pas ce iiombre de Wts mille roses qui encootbnçot les c^ilalogaes d^s jafdiaiDi, ksqueb sentbieot arpir roula »mù hif» ioi caUitgM coffli»e4£s r^es. cataJ^i^es owltiplw, « fle«n ^eîM*, à cent feuilles et donbles; ce qui, à l't^gwd de«al# gueâ, est mm iàgUims «t jawins Mui.
Depuis qne Linné, ce ^^nd baïawste, ^ (M $xçeptjo[i. aimait i^ jOlews, » «ns^ijoA ;eg amovi < plantes; depuis que les moines 4a ICiwsniwsttr appliqué iyscsi»s^&, aug; ceillë^jA £ëcsfid»Uefl ki cleUé, l'Jioioffle 3 t«U«fli«9t wnctai «t ^teeeéu n«.nre^ iiQ'^n «oo^d^nnV 4'a«t» {wt, i' ment de ses vices et de ses tnrpilades, il me pw(
biter cet univers perfectionné, et que les races présentes n'auront été que des tapissiers chargés de préparer le lùonde pour une race meilleure et tout à fait différente de celles qui l'ont précédée.
partie de sou lit, elle offre aux riveratUd au moiasde quoi apaiser leur faim : — les crabes» les lépas et plusieurs autres coquillages, et beaucoup d'autrei moissons gratuites que la Providence a réservées il ceux de ses enfants déshérités qui n'out pas de terres. |1 faut dire qu*on en laisse perdre beaucoup, — Ainsi, on m'a assuré que les Allemands aiaiiït beaucoup les limaçon^ , dont eu France ne mang^ que peu de personnes; tandis que les mêmes A% mands ont horreur des grenouilles, qui passent iâ pour un mets délicat. ^ L'estomac prend des habt* tudes. — On m'a dit aussi que les Persans abhor** rent Testurgeon, que les Russes ne mangent ni aiosi ni écrevisse, et que les Islandais ont une répugnanfiff invincible pour Tanguille. — Dans certaines provinces â#France, on mange les couleuvres sous te nom d'anguilles de haie ; — les Chinois mangent des nids d'oiseau ;--^les habitants des lies de la mer Pacifique considèrent les petits chiens comme un mets savoureux ; — on mange en beaucoup de pays la chair du cheval ; — des gens qui ont mangé du chai prétendent ne pas le distinguer du lapin. — J'ai vu beaucoup de chasseurs manger du chat-huant avec plaisir, et le comparer à un excellent poulet. Sans parler de ces ressources un peu extrêmes,