‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 155 sur 159 · AU COLONEL ALPHONSE DE FOISSY · texte numérisé non relu

AU COLONEL ALPHONSE DE FOISSY

J'ai quelquefois réuni les divers noms d'une plante dans un certain nombre de langues. Il est singulier de voir combien le nom de la rose varie peu et est à peu près le même partout. Ainsi les Grecs l'appelaient po^ov, — les Arabes, rod, — les Latins, rosa, — les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Russes, l'appellent rosa, — les Polonais, roza, — les Allemands, les Anglais, les Français, les Danois, rose, — les Suédois, ros, — les Hollandais, roos.

Il n'y a pas de livre ancien où il ne soit question de la rose. Homère, Saadi, Hérodote, Virgile, Horace, lui ont adressé quelques hommages; Ana-

créona fait pour elle deux odes intitulées toutes

deux : Eiî fiin.

J'étais fort surpris que Salonifjii n'en eût pas pa^ lé, lui qui a conijmsé cinq mille poèmes et Iroi» mille paraboles (Livre 111' des Rois, iv, 52), etqri avait sept cenis femines et trois cents tnaitressesl qui il avait h dire quelques douceurs (Livre III des Rois, XI, 5).

J'avais relu le Cantique des Cantiques et j'élaî» surpris que Salomon comparât Ja Sulamlle a loot, excepté à a rose. Il la compare au vin, à une teole, à une vi^e, S une cavale, à une tourterelle, à m collier, à une fontaine, à une tour , h un rayon de miel, à }'aurore, aij soleil, à la lune, h un jardin, à un lis, etc. ; et, me disais-je, il ne la compare pn il la rosel

Heureu.sement que le hasard m'a fait rencontrer un jeune savant qui a fait une nouvelle traduclîM littérale du Cantique des Cantiques .et qui a K]fé pjl,usieurs erreurs des tra(jl,uctions précédentes, 3Vf applaiLdissemejitsdequelqu^vi,eux savants consciencieux.

Sans la rencontre de M. Dar/iaud, j'aurpis tonjours fhei;ché co^nieiçt Salomon, ^u^^ dit le livre des Ro^ (111, .IV; ^) ? traita de tous let at¥tt,

LES nsuftà; iSJ)

dépitié le cèdre jusqu*à vkysàpe^ n'avait ^^^ prorité d^uhé pareîife occasion rfe parier dfe ïa r6se.

Mis, scion jtf . Dfariiatid, on s'est trompé sur le sens et sur les faciriés du mot &él)reu hebaiseteth, qité lè itoâîstrè de Sacy traduit par ftéur dés champs, et (Jue d'àuff'és ont ap{)ét^ simplenierit' hebatseléth.

È. 0arnaiid éiabtit que hèidtseléth est tout unilÊîénl ta rosé, et i1 donné lés racines de ce mot : hàbahy iï a àirfif^, él tsàdly il à dé Féclat. — Amour el ^clât. Èètte ^mologie a été approilvée par lit. S. Câfréti, céfébfé traducteur de la Èi^le et directeur des archives Israélites.

tî est Adiic constant que Salomon a comparé la Siulamité [i la rose, en même temps qu'au lis des vaWéés.

Nous rétrouvons la rose dans la fête de la rosière^ iii^itu^é i Salehcy par saint Alédard, évéque de Nôyoh, du tè*mps de Clovis.

Oîi dît qiiè sainte Rose, née à Lima et morte en itïT,' s'appelait èh réalité Isabelle, mais que su mère l'avait appelée Rose à cause du doux éclat de son visag)s.

§âint Gasile dit qu'à la naissance du monde les roses étaient sans épines.

Aiiàcréon prétend que la rose est devenue rouge

f iT» LES FLEURS. ^^^

parce que les dieux ont versé sur elle du nectsT.

Un amre poêle ancien avait dit que c'éLaille san^ de Vénus, blessée par une épine du rosier, qui avait donné à sa fleur son brillant incarnat.

On pourrait faire un dictionnaire curieux des erreur» et des mensonges auxquels chaque mot de la lanç^ue a servi de prétexte : la rose y aurait un article assez long. Sans parler des mensonges que font tous les jours à son sujet les caLilogues des marchands, il y a quelques erreurs qui subsistent encore dans certains pays. — Madame de Genlis donne quelque part la recette pour avoir des roses noires pldes roses vertes. Le procédé est simple : on greffeim écussou de rosier sur un cassis ou sur un houx. — II n'y 3 pas quinze jours qu'un homme se disant ja^ dinier m'a encore communiqué cette recette. Ce qui est plus étonnant, c'est que Valmont de Bomare,qiii écrivaitaprès BufTon, aprësRéaumur, uprèsLinnée, après Tournefort, etc., c'est-àdireà une époque où l'histoire naturelle et la botanique étaient dans on grand état de splendeur, dnns son dictionnaire fort estimé d'histoire naturelle, publié pour la première fois à Paris en 1765 (l'édition que j'ai est de 1775), dit très- sérieusement que a l'on voit eomrtamément en Italie des roses bleues, et, aux environs deTurio,

LES FLEURS. d3T

un rosier dont les pétales des fleurs sont tachetés de vert. » 11 ajoute que « Ton dit que le rosier à fleurs rouges, enté sur le houx, produit des fleurs vertes La sève du houx force apparemment les filières du rosier. » Valmont de Bomare ne parle pas des roses noires. Les auteurs du dictionnaire de Trévoux parlent d'une rose de la Chine qui change de couleur deux fois par jour ; elle est alternativement rouge et blanche. C'est sans doute ce qui a donné l'idée à certains commerçants d'annoncer et de vendre, il y a deux ou trois ans, une rose de la Chine, à cinq couleurs ; laquelle rose, souvent unicolore, n'est pas plus et pas si bien panachée que beaucoup de nos roses de Provins. Elle figure encore sur un certaiû nombre de catalogues. Disons en passant que le sujet sur lequel on grefl'e n'a pas d'action ni sur la couleur^ ni sur l'odeur, ni sur la saveur de la grefl'e et de ses produits : le sujet qui supporte la greffe est complètement asservi.

J'ai parlé dans le précédent article de la baillée des roses, cérémonie du parlement. 11 y avait aussi k Rome, pendant le carême, un dimanche de la rose, dominica in rosa. Par un usage tombé, je crois, en désuétude, le pape bénissait une rose et l'envoyait à quelque prince ou princesse de l'Europe,

' m I.E3 PliÉURS. ^^1

commf marfjfle d'ejftime. Je ttm i\aé U rose envoyée était en or.

L'Académie des 3é\nt Vlùtknt. Aê Tflûlfeuse, fcittd^ dis 1322. rétablie en 150OparCléfneVlceisailrff,e£ aBjotird'Uui encore wistdnte, dcmne pfttir jifis de poésie line rose sitrtple, uilé violettl! et liri édud il'ifl' m d'flr|;ent.

La rose entre dansle bhsdtt, o'ùéHe ë^sûuten^ ou non soutenue- Le noble à la i-osi ëtait utiË liltiQnaie qui avait une rose pour ^ fligië.

La rose rOtige et la rô^e blanche dnt étë fàmeiisès en AfrgletetTe, comirié" syMibole ùeè deiix maisons d'York et de Ldhcastre, qui iè âisphUtTcâi le trâïié dfe 1450 ii 1483.

On dit généralement que fe sllgiië ik i^lliéiiiËiil des partisans du dUc d'Ydrk était la rosé blaiilclie et que les Lancastre avaiertt îà f'bse touge. Les pères de Trévoux attribuent au codtraife la t-ose blanche aux Lancastre et la rouge aux partisans de la maison d'York.

TOujdlirt esi-il que la gtiert-e ettfè eés dèiix rôsfs fîrtit ^r (M(< byitftdiiatfdA bU pàV UAe gttfre, et que niinf TUdor, 0 descendait dè^ tâniiàsifë, époiisà BIlsAheth d'Ydlt, éi l^ùlilt bidèi M ft^éténtions Aà dâM HtfitlIH.

LÈS PLEÙfife. i'i^

A propos de gretfé, qii*i1 me sait permis d*ouvrir ici une pàrehthësè pour consiatèï lih ifouveâu tiàrifârismè que hoiis clèvôris à lit politique. Noiis corinaiàsohs plusieurs manières dé greÔer une ptantè sur ùné autre : on a la greffe eii ëcusson, la gfétfe en côiirdiine, la gre^e en feiité, la greffe en plâcîagè, la greffe à la ï^ontoise, là greffé par approché, etc.; naais nous ne savons pas ce que c'est qiiè la fusion de deux branches, dont on parle depuis quei(Jué temps. Peut-être veiit-on dire la cofifiisiôh. Lés orateurs politiques, en général, pôîimiènt foiirriir iiné série (^'exemples à ne pa^ suivre en fait dé métâptores. On se rappelle la véritable base du Uéri social de M. Berryer. M. Pdsquler plaçait la source dé la prospérité sous Yégide du roi Louis-f hilippe, laquelle source se trouvait un peu plus loin adiniràblement soutenue par la sagesse du même roi, etc.

Ce n'était pas une petite besogné qile de faire une liste des cent plus belles roses ; aussi n'y ai-je pas tout à fait réussi. Je ne voulais pas assiimef la résponsabilité de rejeter, d'exiler des jardins deux mule neuf cents roses environ. J'ai pensé à réunir un certain noniI)re de juges i^^récusabies en concile œcuménique, à metlre aux voix les roses les plus estimées et enregistrer Tari^êt des maîtres.

^m Les res qu'il a élé

^Ê cile sr...L au nouit.

1^^ nommé secrétaire, avai-je lu dans iin grns noms de leurs sept s

^# assigner un rang rel.

LES FLEDRS.

ici on ci)mpte dans l'histoire dix-neaf «m- i iiiiiéniques qui unt traité des upinioiis iti sur Dieu : ce vingtième concile est consacré alion de ses œuvres ; c'est une manière d« lui peut-être en vaut plusieurs autres.

lossible de réunir en coo-

^. Je me suis moi-mêrae

'iix délibérative. Les Créa,

e écrivaient en cercle les

)ur ne pas jiaraître leur

js ferons la même choM

..., ordre alphabétique : i

en nommant nos malu '

Ont voté : Sni. Ilardj, lils du célèbre jardinier en chef du Luxembourg et jardinier habile lui-même, nourri dans le sérail, c'est-à-dire au milieu d'une collection célèbre en Europe ; Laffay, heureux père d'un grand nombre de belles r.ses; Margoltinet René dit Lévéque, dont les semis ont été souvent si heureux; et Van Houtte, de Gand, collecteur savant et intelligent, et auquel l'horticulture doit l'introduction d'une fonle de plantes du plus grand niéi ite.

Quelques autres, également conviés, n'ont pu répondre à l'appel qui leur était fait, par diverses raisons.

Tous ont d'abord été d'aaord que le nombre de

cent roses était bien restreint ; mais j'ai insisté, et voici le résultat obtenu. Au nom et k la couleur des roses élues, j'ai ajouté, grâce k d'assez difficiles recherches, la date de la naissance d'un assez grand nombre et le nom de celui qui les a obtenues. Je regrette de n'avoir pas pu compléter ce travail, que je n'ai pu ébaucher qu'en ayant recours à des recueils nombreux.

Les roses élues sont au nombre de cent quarante. Ceux des lecteurs qui voudront faire un choix plus restreint sont avertis que Tordre dans lequel sont placées les roses ayant obtenu un même nombre dà voix est dû au hasard.

Ont obtenu six voix :

Duchesse-de-Sutlierland, rose tendre; provenant d'un semis de M. Laffay. — Géant-des-bataillesy cramoisi écLntant ; semis de M. Guillot. — Souvenirde-la-Malmaison, carné pâle; semis de M. Beluze, à Vaîse, près Lyon, 1845. — Rose-de-la-Reine. trèsgrande, rose lilacé; semée par M. i.affay en 1835, elle a fieuii pour la première fois en 1841.

Cinq voix :

Dupefif'Thonars, rouge violacé. — Ihirhesse-de-

iii LÉH FLBtJRl ^H^

Iffontpemiér, rosé tenfl'^e, Cœur rose vîf; ofttehiiejyr M. Marçoltin en f 846. — Madame-Loffay. rmige clair; serais de 51. Laffay. — ticomlessé-Ùécasè (filé), jaune pâle, centre jatiné cuivré. — Chroiaitelia (ûoiselte), jaune vif. — Pnnce-Albêri, rosée! violet; né chez M. Tnfînv, ,i Bellevuè, énlS^ff, — Pauî-Josepk, pourpre et C liiioi^. — ^eio-Pemanyellow, jaune éclaianl.

Quatre toIx :

MSdàmè-Aûijêlh'ià, UiM jàmiiitre, devefla'rtt iSSf^ né; semis de M. Chanet, à (ÉèihÈj (Seîlte).— Wcomte-de-Cussy, rouge-csrise. — Comieêse-de-Ovr ekâtel, rose très-vif ; semis de M. Laffay. — Lady- Alice-Peel, rose carminé ; semis de M. Latfay. — Ôevoniensis (thé), iilanc jaunâtre, centre plus jaiine. — Adam (thé), blanc ; venu de seriiis ïi Reims, cbei M. Adaœ> vers 183â. — Madame-Àimée, ami tendre, -r Solfatare (noisette) , jaune-so'ufre. — Comte-deMonlalivet, rouge violacé à reflets poor^ pre. — Georges-tecamm, rose clair. — Jacqaà- Laffilte, rose-carmin; semis de M. Vibert, 1846.— Marguerite-d' Anjou, rose satiné. — Êdouard-De$fossés, rose clair; né en 1840, chez ïf. Renard-

Ççu,rtiîj, à Orléans. — Wflliam'Jefs, cannin-li^s. -^^y^éÇ'Vibert (noisette), blanc en bQuqiiets : sen}^ de M, yibert. ^-^ ffimajrquç, blanj, centre iaune.— RoserdU'Roi, rouffe. — Julia-de-Fontenelle^ violet foaçé. -r ,Ç^tf-/<2UiiJ/|;^f rose. -7 Çjistata, rosç, calice çr;^; née en Suisse en 1^27 ; misedai^sle commerce par M. Yibert. — Acidaliey blanc légèrement rpsé; née en 1837 à Angei^^^ ^hejs M. ]^ou%- ^^eau. — Sqnçhet^ pçurpre-viplel ; semis 4e M. S0U7 chet, à Bagnojipt.— J^frm-Jffo5fln/^^ — Triomphfi'jdU'LMeT^bpur^ ^\f^) ^ rose cuivré ; sçr çûis dje JI. pardy. — Aupernon, rose fopcé ; i^é £n 18^ chez M, Duyal, à Moijtigorenc^^^ - Pn^j^d'Esterhazy (thé), rose nuancé.

•JTrois voix ;

Menoux, rouge vif.— iJfoîr^ (thé), carné jaunâtre; né en 1840, chez M. Moiré, k Angers. — Princesse- Adélaïde (thé), soufre, plus foncé au centre. — Safrano (thé), jaune. — Souvenir-d^un-Ami, rose tendre. — Antheros (thé), blanc, centre carné jaunâtre ; se^ mis de M. Lepage, à Angers. — MadameBréon (Bengale), rose; semis de M. Verdier, 1841.— -Jffougère (thé), rose-hortensia. — Comte-de-Paris (hy

144 LHb FLHUKb. <!■

bride}, rose violacé, quelquefois strié. — PaeUde. blanc, cœur très-jaune. — Comice de-Seine^t-Mame, rouge violiicé. — Reine-des-lles-Bourbon- camé jau- Ditre. — BaroiiJie-Prevost, rouge-violet vif; obtenue de semis par M. Desprez, à Yèbles, en 1842. —Hmri-Leeoq, rose vif nuancé de curroin. — Dellf-Àméricaine, rouge clair. — Cornet, rose tendre. — Duchesse-de-Galliera , rose nuancé; gain de M. Portemer, à Geniilly. — Général'Cavaiijnac, fOieiùoe vif. — Noémi, rose clair. — Robin-Uood, rose.— Sidonie, rose. — Marquise- Boccella, blanc rosé.-^ Madame- Pépin, rose tendre ; semis de M. Verdiw, 1848. — Comle-Bobrimky, carmin foncé vif. — Étendard-de-Marengo, cramoisi Tif- — Jeonntd'Arc, blanc, centre rose pâle; semis de M. VerdiLT, 1848. — Général-Négrier, rose. — Louis-Donaparte, rose carminé; obtenu de graine en 1840 ou 1842, par ÏI. LafTay, et dédié à Louis Bonaparte, roi de Hollande, frère du Napoléon. — Madame-Tn^ deau, rose foncé. — Comle-de-Rambuleau, roufit clair violacé. — Proserpine, cramoisi vif; semis de M. Moodeville, près Mennecy. — Georges-Cuvier, cerise, bordé de rose clair ; semis de M. Souchel.— Misiress-£U'iot, Tùse; semis de M. Lafiay. — Docleur'Miiix, pourpre vif; semis de M. La&ay. —

Rivers, rose; semis de M. Laffay, 1840. — Nouette- Desprez, janne cuivré ; semis de M. Desprez, à Yèbies. — OphirlCj jaune-cuivre rouge. — Césanne^ Souchet, rose clair ; semis de M. Souchet, 1846. — Henry 'Clay^ rose foncé Vhcé.—Clémence-Seringef camée. — Dumont-de-Coursety nuancé cramoisi et carmin ; semis de M. Soucbet. — Mélanie-Villermo%, blanc ombré de saumon. — Madame-Hardy^ blanc ; semis de M. Hardy. — RosineMargottin^ rose clair taché de lilas. — Unique-panachée, blanc marbré de rose. — Cent-feuilles-des-peintresy rose. ^^Pompon-de-Bourgogne, très-petit, rose. — Génie^ de-Châteaubriand^ amarante- carmin, glacé de violet; semis de M. Oudin, à Lisieux. «— Mousseuseordinaire^ rose.

Deux voix :

Guillaume-le-Conquéfant, rose vif; semis de M. Ogier, 1847. — Comte-de-Paris (thé), rose clair, -i- Prinee-Charles, cerise vif. — Niphetos (thé), blanc pur. — La Victorieuse, blanc légèrement camé* — Docteur-Roques, rouge violacé. — Hermasùf eamé vif . — Marbrée-d^ Enghxen (pimprenelle) , jaune pâle marbré de rouge ; semis de M. Parmen-

us LES PLEURS.

lier, iicquls par M. Van Houtti'. — Niiieisse-deSalvainlij (f'i'ovliis), pourpre, bordé de blunc; mis dans ie eomilifite pnr M. Van Uoiille. — Cétina-Ba^o:; Hanc carné, passant au blanc pur. — ŒlHet-parfait, rouge strié de blanc. — Jacipiinot, pose-aurire, bordé et panaché de — Tricolore-de-Flm-

dre (Provins), fond bianc e à d'amarante et de lilas (Van Houtte). — Mercedes (Provence), fond blanc panailié de rose-lilas ; sei de M. Vibert eti 1847. — SmifWi (thé), blanc, centre jaune. — Miliiitie- Cornu, ronge violacé vif; semis dcM. Cornu, à Versaillei, en i^AH.—Prittce-Eugènè (Bengale), pourpre-cramoisi. — Soleil-d'Au8lerUt%, rouge datant, — ' Prairei incarnat trèsHendfe. — JuHe-ibtiçi^, blanche. — Cymédor, couleur de gireSée. — Ihdame-Frémion, cerise vif. — Louise-Péronay, rose foncé ombré de carmin. — Laufê^Raiiumd, rose très-tendre. — Béranger, rose carminé. — Pie-/I. rouge-cramolsf . — Bancks-de-tsCklne, bianc k grandes fleurs. — Élisa-Sàuvage (thé), jaune pâle-, semis de M. Miellez, à Fsquiermes, en lÔlfi.^JïHne-^fi* peurs, h>Be-lilas. — Sfaréchal-Bugeaud (thé), blanc ombré de couleur smtnoTi. ^Marle-de-Beaux, bUn- »;he, centre cuivré. — Oscar-Lécferc, roii^e-violet; Bémls de M. Yerdier, 18W. — Mùdme-Sallei-ée-

tES FLEURS. 147

Claparèâê, carmin vif. — Madamt-Véraré, carné tendre. — Pc^nfon-eramo'm, cramoisi éclatant. — Adèle'Mauxéf rose, feuillage singulier; semis de H. Vibert, 1847. — Générat-Ckmigamier, violetpourpre, centre ardoisé. — Madame^Lamorklère, rose Tif transparent. — Bouquet-de-Plore, rouge.— Deulhdt^dtic-ér Orléans, pourpre velouté. — Camée, rose pâle, plus foncé au centre. — Capohn&4&^ Banèd^ camé dair. -^ ComtesBe-d'Bijmonty itlas foncé. — Madame-Gnittot, Tost.-^Émérénee (Pro* Yence), blanc jaunâtre. — Mousseu&e^ Manche. — Xoé-mousseuse, cramoisi, mousseuse partout. — Félieité-Parmentieri camée. — Piinee^df^Galles^ cerise. -^ Boule-de^neige (Provence), blanche. -^ ÉUsa-Mereamr (thé), rouge foncé. — Baueks-àfleurs-jaunes y très-petites fleurs jaunes en panicules. — Banéks'à'fleurs'blaneheSy très-petites fleurs blanches en pattîcules, odeur de violette.

Seid,«v^ 9). La0ay,)a me sui» rappiçlé I-gn^iienne grosse vm% jaime, auissi double qu'ij^e mi^^ à am feuilles;

Seul, une rose de Provins panachée de blanc, de rose et de violet; qu'on appelle en Normandie paysanne ;

hes deux églantiers à Deurs simples, le jaune et lecapuc e;

L iiitier Dronnii, qui donne de grandes patii- I ui; ruses simples blanches, tachées de rose à \i iase ài létales ;

Unemuli'" ancienne li s'étend presque aassi rigoureusem e le rosi de Bancks et donae d(s

fieurs aussi peuies, i rose charmant ;

Les la ;ea benj es hauts de cinq à six pouces, cuai iti I i ite l'année.

Avouerai-je que j ai aussi les anciennes roses blanches et cuisse-de-nymphe et bengale de la Floride, qui forment de si magnifiques buissons, et l'églantier à fleurs rose pâle, que les Anglais appellent sweet-bnjer (il est probable que j'écris mal le mot), et dont le feuillage a une très-douce odeur de pomme de reinette, avantage qu'ont du reste à divers degrés l'églantier à fleurs jaunes et l'églantier à fleurs capucines?

Oserai-je dire, en donnant une liste de cent quarante roses, que, sur à peu près trois cents rosiers que j'ai dans mon jardin, il n'y a pas plus de soixante variétés?

Je répèle ici ce que j'ai dit dans mon premier article sur les roses : « J'aime mieux dix fois cent

belles roses que mille roses diiféreates dont les deux tiers seraient médiocres. »

Trois horticulteurs m'ont fait l'honneur de donner mon nom à trois roses : un horticulteur normand dont je ne sais pas le nom ; •:- M. Van Houtte, de Gand ; — et M. Portemer, de GentiUy. — Aucune des trois n'a réussi à entrer dans la liste.

Il y a des roses dans tous les pays. La nature, en ayant voulu faire le type de la grâce et de la beauté, a répandu la rose sous tous les climats ; aussi les plus mauvais jardins, les sols les plus ingrats peuvent donner des roses. La rose est presque de tous les végétaux qu'on cultive celui qui demande le moins

de soins à l'homme, ou plutôt celui qui en exige le

moins; car elle sait récompenser ceux qu'on prend. Si vous avez un jardin petit, maussade, mal situé, un sol maigre, il y a un certain nombre de roses qui s'épanouiront cependant chez vous, et qui vous donneront leur éclat et leur parfum.

Culture. — Les rosiers, en. général, aiment une terre franche un peu légère ; je les ai cependant vus prospérer dans des terres fortes et dans des sols pierreux. Un labour à leur pied tous les ans, une fumure tous les deux ans avec du terreau non passé,

A tont cela je ne vois que de minces incoarénieDls,) la condition qu'on mettra sur les fioles et les bouteilles; Vin sans raisin, et que ces fioles et ces bouteilles, comme tous les vases destinés à contenir des liquides pour la vente, — auront précisément la mesure du litre, ou d'une fraction de litre, indiquée dans le vem I ou tout autre matière dont elles seraient formÉes. ^

MaintciinEit, il no faut pas oublier que Nuremberg, d'où MM. Leuchs et C'' datent leurs annonces, est te pays où l'on fait les joujoux, — la p;itrie des poupées, des polichinelles, des pantins, des soldats de ploinb, etc.; que ce doit être un pays gai, et que le prospc.lus d( MM. Leuchs et C" pourrait être une mystiûcalîon.

AU DOCTEUR MARGHESSAUX

Je connais un petit vieillard toujours proprement vêtu avec un habit noir, des manchettes bien blanches et un jabot parfaitement plissé. Jamais je ne Tai entendu se plaindre, jamais je ne Tai surpris à désirer quelque chose.

Il n'est, à mes yeux, qu'une' chose au monde plus respectable que l'infortune : c'est le bonheur; k cause de sa rareté et surtout de sa fragilité.

Je ne crois pas avoir jamais touché étourdimenl au bonheur d'autrui, quelque petit qu'il soit, quelque étrange qu'il puisse me paraître. Il m'arrive parfois de ne pas le comprendre, ou même de penser

que si je m'avisais de l'essayer, il ne me BÏér.iit pas; mais ce ne m'a jamais été une raison de le traiter WgÈr..nieiit ni avec dédain. C'est si souvent une brillante bulle de savon, que, en présence d'un bonheur quelconque, je reliens mon haleine respectueiisemeHt.

J'aimais beaucoup rencontrer mon petit vieillard, parce cpi'il semblait parfaitement heureux; mais je ne m'étais jamais avisé de lui faire une question, lorsqu'un jour je trouvai sur sa figure le premier nuage que j'y eusse vu depuis que le hasard nous avait fait nous rencontrer.

Je fus plus curieux cette fois, et je voulus savoir ^elle épine s'âait troûiéc parmi le» roses dé sa vie. Il me parut qu'il n'attendait ^'une secaiicffi fiour parler de ce qui <<e pr^oeetipait u^slemeal, et il me dit i

« Je viens de chez un auciea ami» e( j'ai va éfs (Éases ^i m'ont fait de la peinei

— Est-il malade? dkmandai-jè.

— Nullement* me rép9ndit-il.

— A-t'il alors perdu im procès eu quelque grosse eemme d'argent?

— Moins encore i il a fait un héritage i et tfl héritage l'a jeté dans la plus profonde mîsËre^

(G'est Taspect de cette misère qui m'a navré le cœur. »

Une fois entré en matière, il me conta toute Hiis* toîre. — La voici :

« Il y a longtemps que je le connaissais, dit-il ;.

je Tavaîs remarqué souvent à la f^etite-Provence des

tuileries. A force cle nous voir, nous avions fini par

nous saluer, tri joiir, je lui avais demandé Theure,

parce que ma montre s était arrêtée ; le lendemain, pour reconnaître la politesse avec laquelle il m'avait répondu, je lui avais otfert une prise de tabac. A quelque temps de ih, nous avions fini par causer; et enfin, nous avons déballé en grand.

« tlepiiîs, nous nous sommes promenés ensenil)le pendant dix ans. Nos existences se ressemblaient trop pour ne pas végéter admiraMemerit sur le même sol et dans la inéme atmosphère. 11 était veuf et moi j'étais garçdii. J*ài diize cent et quelques francs de rente, lui en avait alors douze cèïits;.mais comme il demeurait auprès des tuileries, où lès loyers sont chefs, celte dépensé absorbait le surplus de son revenu et faisait nos forliiiies égales.

c( Vous ii'âvéz jârnais Rencontré deux fiommes aiissi riches et âiissi heureux que nous. Quand il faisait beau, il ihe recevait aux Tuileries. Les Tui-

teries élaieui £on jardin. Jamais propriété nefot plus complète et plus exempte de soucis.

« Qu'est-ce qu'avoir un jardin, si les Tuileries n'étaient pas à mon ami?

a. 11 trouvait chaque matin ses allées bien ralissées, et môme arrosées si ta cbaleur formait de I2 poussière. 11 se promenait sous l'ombre épaisse dei marronniers, ou s'y asseyait sur uu marbre blanc.

fl De nombreux jardiniers tenaient en bon état d'immenses corbeilles de fleurs, et remplaçaient sans cesse celles qui étaient fanées et avaient livré leun graines au vent, quand leur saison d'éclat et de parfum était passée, parles (leurs auxquelles apparllent la saison suivante. Il respirait le parfum printanier des lilas et le parfum vague et mystérieux des tilleuls. — Il avait fini par faire connaissance avec les jardiniers, et il n'était pas sans quelque influence sur la culture des parterres.

« Pour moi, j'avais le Luxembourg. Notre situation était la même dans les deux jardins. Je lui ai plusieurs fois donné des graines des Qeurs qu'il aimait cke% moi, en échange de celles qui m'avaient plu ckez lui. Le jardinier qui m'en avait donné pour lui acceptait volontiers celles que je recevais de moa

« Au Luxembourg) les cygues du bassin me connaissaient.

« Je mets moins d'importance à la familiarité qu'avait obtenue mon ami de la part des cygnes des Tuileries, parce que leur affection est plus banale^ et qu'on 4)eut sans injustice leur reprocher de distinguer toul le monde.

« Je le répète, nos jardins étaient bien à nous. La seule différence qu'on^pût trouver entre nous et les gens qui passent pour posséder des jardins et en 6tre plus réellement propriétaires , c'est que nous avions chacun un des plus beaux et des plus riches jardins de l'Europe, et que nous n'avions à payer ni jardiniers, ni embellissements, ni réparations.

a -^ Mon ami, me disait-il eu me^quittantle soir après une promenade chez moi, — vos crocus sont beaux et variés ; mais je vous invite à venir voir mes pêchers à fleurs doubles, et dans quinze jours mes lUas. — Vous me trouverez au pied de ma statue de Y Enlèvement d'Orithyie. »

« Une autre fois, c'était moi qui l'invitais à venir ge promener sur ma terrasse du Luxembourg, oii il y a de si beaux sorbiers et de si vieilles aubépines à fleurs roses.

« Quelquefois même nous avions des discussions.

H était, je dois l'avouer, un peu trop fier des belles darnes c(\ équipage qui venaient se promené)' ilani son i in ; il s'avisa même un jour de se targuer de ce voyait de t^mps en temps le roi au bijjcoji dn au. Je lui prouyai, clair comme le jour, que n " : " ignées ; — q|ie Ses iiaT'

terres étaieiu rpinnii

de 1 .nies vulggires. Je citais.

pour nri>i \a

té de mon jardiq, laco|>

jui est sans contredit ^

est vrai qu'il avait ch«

lui, aux Tuileries,

i statues et de^ htoutm

plus précieux; mais

je fais plus de cas, dans iid

jardin, des arbres et des fleufs, que du bronze et in oiarbre.

0 Quand il pleuvait, pous allions voir son musée des antiques sijrlij place du Loiivre, ou, au moment de l'exposition, tes galeries oif les peintres modernes soumettaient à son jugement les produis de leiirs travaux.

« Quelquefois, c'était moi qui l'jnvitais k nmi visiter mes galeries du Luxembourg, et ce fui pifois encore l'origine de quelqijes petits dissenl}-" ments sur la valeur respective de nos musées, ^ seulement parce qu'il réglait sa montre sur job adran de son château des Tuileries, qu'il préfeodall

infiiillible, tandis que je voulais souvent la rectifier d'après mon cadran solaire de mon palais du Luxembourg.

a Mais il était rare que ces discussions tournassent à Taigreur. D'ailleurs, si nos petites manies de propriétaires nous jetaient l'un et l'autre dans Texaspératioil, nous avions beaucoup de propriétés communes et indivises, à propos desquelles nous n'étioB» exposés à aucun dissentiment de cette nature, '^noire ménagerie, notre muséum et nos serres du jardin des Plantes, par exemple.

« Je ne vous entretiendrai pas de nos liaisons afvec quelques-uns des animaux que renfermait notre ménagerie, de l'intérêt que nous portions à la santé diancelante de la girafe ou à la grossesse d'une ourse noire.

« Nous applaudîmes de grand cœur lorsqu'on nous construisit le fameux palais des singes, et ceh ne fut pas sans quelque influence sûr notre manièrç de voir à l'endroit du ministre qui présidait alors le conseil.

« Quand on fit tant de bruit du paulownia imperlatts, qui, semblable aux enfants trop spirituels, finit en grandissant par n'être qu'un catalpa, nous le connaissions depuis longtemps et nous l'avions vu

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fleurir dans notre jardin des Plantes, lorsrjue personne en Europe ne savait eocore son exislepce, Od nous pardonnera d'avoir éié un peu trop tiers de notre paulownia, qui, après tout, est un arbre d'une admirable végétation tant qu'il est jeune, et conserve pour sa décrépitude l'honneur d'être encore semblable à l'un de nos plus beaux arbres de pleine terre.

H Nous vivions ainsi depuis dix ans , lorsqu'on jour mon ami ne vint pas à un rendez-vous que je lui avais assigné dans mon allée de l'Observatoire. C'était la première fois qu'un de nous deux manquait à un rendez-vous, si ce n'est que, cinq ans auparavant, je le laissai m'attendre à sa Petite-Provence, parce que je m'étais quasiment donné nue entorse dans mon escalier. Je ne pus attribuer son absence qu'à un accident de ce genre, ou peut-être pis encore, etje me rendis chez lui. Je le trouvai en bonne santé, mais singulièrement ému. It avait re^ le matin une lettre qui lui apprenait qu'un ^en cousin venait de mourir à deux lieues de Paris, a. lui laissant un peu plus de trois miQe livres de rente.

« Il m'embrassa avec effusion, et m'assura que b fortune n'aurait pas le pouvoir de le changer i 1'^

gard de ses amis ; cpie je le trouverais toujours le même, etc.

et Toujours est-il, cependant, qu'il lui fallut partir pour se faire mettre en possession. — Il y a de cela quatre mois» et je n'avais plus eu de ses nou* velles. Déjà je ne pensais plus à lui qu'avec une sorte d'amertume, — et la loueuse de journaux des Tuileries m'ayant demandé de ses nouvelles, j'avais répondu avec aigreur : « Je ne sais... ; il a fait fortune : je ne le vois plus, » lorsque, avant-hier, j'ai reçu une lettre de loi.

« Cette lettre, la Toid :

m MoD dier et andeo ami,

c J'aime à croirn' qoe r^^m n avex attribua «m m sQence ni à ïmùiiinmx: bî à VhuUU. — tstffim t^t^ « core \ TMtmsstmeÊi âe nu f ;rtao^. iV^MKMp m de soins div«fs cot ^^tcnfé Um% m^ts^ ÏMm% &^^ « notre denûère ^ttrenK.

« D'abord, j'ai difeidé fp^ je »«: fivn>âf util 4ai»

« tKNIS et fKifK$ HkUfj^nUMift.

n De même que je ne pense pas que vous ayez

« eoiiçu une mauvaise opinioQ de moi, — je me plais € â vous penser toujours tel que je vous eî cuaiiu. B S'il serait sot de ma part de vous mécounaiire B parce que je suis devenu riche, Il ne serait guère a mieux de la vôtre de me néiçliger à l'avenir pour « cette niênie raison ; ce serait gâter mon bonheur, « el vous ne le voudrez pas.

a Je vous attends donc demain k déjeuner chei « moi.

0 Votre ami. • ^^B

« C'est un vilain animal que l'homme. — Je me sentis un peu envieux, et je cherchai dans la lettre de mon vieil ami quelque phrase malsonnante. — quelque signe de vanité qui me permit de me fâcher. — Je ne trouvai rien, et Je me suis mis en route ce ma?in.

« Mon ami demeure dans un petit bourg sale et mal bâti. Sa maison, que l'on ne tarda pas à m'enseiguer» est petite, blanche, avec des volets verts.

On y entre par une porte étroite, qui fut loin de me faire l'impression que me causait la grille de son ancien jardin des Tuileries. — J'eus, dès Tabora, le pressentiment que mon ami s'était ruiné en croyant faire fortune* ^

« Il me reçut on ne peut mieux ; -^ mais tout ce que je vis^ jointe sa bonne réception, ne tarda pas à changer en un sentiment de pitié Tenyie avec laquelle je m'étais mis en route.

« Je n'oublierai jamais la fierté avec laquelle il me fit faire le tour d un jardin qui tiendrait k Taise dans un de ses carrés de fleurs des Tuileries. Quel* ques baguettes par-ci par-là* quelques manches à balai qu'il appelle des arbres» auraient bien besoin d'un peu d'ombre, loin d'en avoir à donner.-^Âu milieu du jardin, un grand tonneau enfoui en terre s'ap* pelle le bassin. Il était à moitié rempli d'une eau verte et croupie, parce qu'on n'en apporte que tous les deux jours^ et le tonneau fuit un peu.

ce Jamais vous n'imagineriez quelle joie il ressent d'avoir changé contré cette futaille les grands bassins de marbre des Tuileries ; sans compter que ladite futaille fui doiine toutes sortes de soucis quand le soleil la dessèche et en disjoint les cercles, tandis que l'on curait ou réparait autrefois ses bassins de

marbre blaoc, sans qu'il eût à s'en préoccuper le moins du monde.

« Quelle secrète joie y a-t-il donc dans la propridté?

a Pour mon ami, avoir ce jardin avec ses manches à balai, c'est ne plus avoir les grands marronniers des Tuileries. Posséder ce carré entouré de murs blancs jusqu'à aveugler» c'est être exilé de tout le reste de la terre, de tous les beaui pays, de tous les beaux paysages.

« Dans la maison, il m'a montré deux ou trois mauvaises croûtes dont il a décoré son salon. — Il lui fallait hériter et devenir riche pour élre condamné à ne plus voir que ces affreux badigeonnages. Quand il était pauvre, il regardait les plus belles peintures de tous les pays et de tous les maîtres, entassées dans nos musées.

« Je suis revenu triste, et j'ai voulu revoir son ancien jardin, celui qu'il .est heureux d'avoir quitté. — Il m'a pris de suite une grande frayeur, c'est de devenir riche aussi par hasard, à mon tour; — c'est de devenir propriétaire ; c'est de perdre mon beau jardin du Luxembourg ; — c'est d'être forcé de vivre dans quelque carré entouré de murs, — et qui pis est, d'en être heureux, d'en être fier.

« J*ai passé en revue tous mes parents, a surtout eux qui sont riches, et, entre ceux-là, ceux dont je lois hériter.

« Il n'y en a qu'un qui m'inquiète : — il est parti >our TAmérique il y a vingt ans, et, depuis, on n'en L plus entendu parler. Si j'entendais sonner chez noî, je frémirais d'apprendre qu'il est mort millionmire et que je suis son héritier.

« J*aî vu une lettre que nous reçûmes deux mois après son départ, il y a vingt ans bientôt. Cette lettre nous disait « que plusieurs navires avaient péri, « corps et biens, dans un coup de vent. — Le na- « vire qui portait mon oncle était du nombre ; mais a comme on n'a pas revu la chaloupe, on pensait « qu'une partie de l'équipage avait au moins tenté « de se sauver. »

a Pourvu que mon oncle ne se soit pas sauvé I »

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