A DUTILLET
Les habitants des villes qui honorent la campagne de leur présence pendant quelques mois de Tété et qui veulent bien se rappeler, avec un touchant sentiment de pitié, les amis qui passent toute Tannée aux champs, me semblent pareils à des gens qui, au thécltre, s'en vont au troisième acte, et disent, si on leur demande leur avis sur la pièce : «Cane finit pas.» L'hiver n'existe pas tel qu'on se le représente vulgairement ; cette torpeur complète de la nature, ce sommeil si ressemblant k la mort des plantes, ne sont pas aussi absolus qu'on le croit généralement.
Le vent aigu de Thiver a balayé les feuilles, mais
les jardins n'ont jias perdu tous leurs charmes. Je ne parle pas d'un liiver tardif comme cetui-cl, qui tient à la fois de l'aulomne et du printemps, et pendant lequel nous cueillons ici tous les jours des vi*lettcs de Parme au pied des murailles. Je parle d'un véritable hiver comme il va peut-être nous arriver demain.
Les troncs et les braitcbes dépouillés de certains arbres meurtris par le froid, extravasant leur sève, offrent aux yeux des couleurs brillantes ; le bois du cornouiller sanguin est d'un beau rouge violet. J'ai planté ici et j'ai acheté chez Armand Gonlier, h Fontenay-aux-Roses, un autre cornouiller appelé cornouiiler de Sibérie, do# le Jws ^^ d^'w rouge carif^ii irjës-édjitaDt. jUe bois d*f frêne (^i «^ de certains a4!(t& ^ d'uç b«au jaune. Qii ai^r# «uUe est Tïojei, Le g^n£t d'Esfiiigae M 4u vert ^e l'^meraude. L$.s ^/«oi^es jjui ont popsiâ ^r les ti^ieuli, pcn^an^ 1'^, soo^, \'ïiy^, 4'u9 r^ 9ffi»?at9.
^Sa% fié m saal $a« seule^âKit t^s jirbire» mdorous .0 chjirmen) i^ yeux ; il e^t ^ pU^f», et assez ;99ja^reu»es, q/» %urifse^ ^a|it)f«Uenieot 1%: var p. 4paaoui«seiit Levrs f^f^ ^f^im le» ifim d^rs^noîs de l'année.
yjtioi la tf/se dp Noël, VelUbora nw, i&ù ilsle
dfu pied d'rni buisse» ses^ grandes fleurs blanches el roses ; — ïhéliotfôped'hieêr, le tussikfe oderant^ élève àe son ample feuilldgé dt^ thyrses dt bofoppeft gtiêei et reses ^ répumtetit âfvr loto hi» dottce edetr et YSMffle- el d^âMandë M^èrev Les lauriers'fftêt ifSÊenï Mv^ omboDeSr &WÊ bkmè
rosé.
Lé daptmé âiff boU, êêfM&-'Mkétile^ eàM Ècm «oiA'feiirtfhf!^ peM^E^rnr^ft^éj^sei^^deÉ^
jOttr simoUT; ûnif ôde# «iNS^iSâvé^ et 4^ né^ r^
hé c(ê§méfhe et /e^v càlyimihê pt^émie^ ou
mmïm' &SèfMi;â jfèrilâ'É^lôftliu^^âillll» f mM» ^'drstttefaie» si(^ eôttVifiM di^ ft^tm flieiir^jtimhiftt et' Vîolettés 4«f réj^iident mt odetf^ ^iri^i^bte fé^ unir les parfums du jasmin d'Espagne et de la jacMUltf; Tarn ctMtîtré Ms^t' pMVé' etf tôtlfs él^ns jisftîheâ léuf? ffèférihs fliâteSf ^^désâous^ dë^^lfê^ p^ Misent bientôt te^ flèfàfâf femëHès ^ous' la* Ifbifilr éte petits pinceaux d'un- ftdfë e&htiltt; > 2iesr motisfses, éî vàrtées, si iàtért?§santes, sont fhyrs dans tôïït leur (M eft éliifeW dèS' tapis de velours vert m pîed des ^bf^^; stA^' Y^é tiëilles mtirMes et stifie^s f dit^ dis cBâriittte.
:5S LES FLKUftS.
Le Toitelet troglodyte court sut les muraille», le rouge-gorge s' SL^\>ii}che familiferement des maisons, el ioxpu: voloiiiier» rtiospflalité que vous lui offrez eu laissant uue grauge ouverte ; les mésanges k la tête bleue ou noire sautilluDt sur les branches nues eii taisant entendre leurs vois stridentes.
Les merles se réfugient dan^ les houx, qui par sèment leur feuillage luisant de fruits plus brillanis que le corail, qu'ils respectent encore, tandis qu'ÎIi^ ont déjà dépouillé lv:s sorbiers et les aubépines. J'ai ici au moins dix variétés de houx verts ou panachés de blanc el de jaune ; rien n'est plus splendide.
Sous les arbres, le houx frelon, fragon ou verglandier, forme des touffes d'un vert sombre semblables à des myrtes et porte sur ses feuilles des fruits rouges aussi gros et aussi éclatants que des cetists mûres.
L'im fétide entr'ouvre du sein de ses longues feuilles en lame d'épée de grosses gousses dans lesquelles on voit briller en grand nombre des grains orange symétriquement pressés.
Au moindre rayon de soleil, les p.1querettes et les lirirae'. v.ix-a émaillent les pelouses, et les pervenches ouv! ^..t leurs yeux bleus au pied des murs.
It fa:;t savoir se préparer ces fêtes pour les yetu.
LES FLEUHS. 253
il faut planter ces divers végétaux à la place et dans le sol qui leur convient ; il faut surtout appliquer à certaines plantes vigoureuses ce que Diderot disait des enfants avec tant de bon sens : « Il ne faut pas trop élever les garçons.» Ne tourmentez pasces chères plantes, laissez-les se développer et s'étendre d'ellesmêmes. N'écoutez pas votre jardinier qui vous dira, comme le mien, que vous empestez votre jardin de tussilages et que vous l'empoisonnez de muguet.
A ces plantes précieuses qui viennent orner nos jardi. pendant l'hiver, un écrivain célèbre, M. Eugène le, vient d'ajouter une conquête inappréciable : il parle dans un nouveau roman, IS Bonne Aventure, d'un cactus qui fleurit à l'air libre pendant Thiver, en même temps que le tussUage odorant, héliotrope d'hiver.
Ce cactus est entièrement nouveau, et m'est particulièrement inconnu.
Les cactus qu'on connaissait viennent des contrées les plus chaudes de l'Amérique et de l'Afrique, et ont besoin ici de l'abri des meilleures serres.
Si ce cactus n'est pas nommé, je propose de lui donner le nom de son inventeur.
Ce n'est pas la seule plante que l'on doive aux écrivains de ce temps-ci. J'ai établi, il y a longtemps
(}^ît, k' J3i-dhi des romanciers, tout plante dé Heun et lîe végétaux âus à leur féconde iiuaginatiôn^.
On doit à niedaiBe Sahp. u& ckrjjêantttiit)» à \ bietiea.
A Al- UoLbfi. h eifmeilnt à céevr: amor<ml&.
A M. VicTon Hugo, !e rosier de Èengale saw
épines et sans odetir.
Pans uq vers, i&pt, je sn\& tgut Iwxii^çiH de «e ew rappeler que le sens, tant j'en sais de lui qui soMin châJcmani ofnçiiiew poui; Ij) »é««iT«» U. dit 4tt rosier de Bengale à peu près :
s é|>ii|fl, elle !»;« B^ li'indeuj:.
Les roses du Bengnfc qiie' noIiS' cenrtaissioïis jiiEqu'ici n'aii^setilenient exHafeot^ àrië odeuir- ttès-douce et très-dUstibgUéte, raafe' dé phls 1^ ^ielr Al Bengate
Les fleurs. 255
a, de tou3 les rQsi.Qi;^ tes plus grQS et le^ plus l^teg^: aigjiillçns,
I^ii^XKQs ea passw^ (^ tout ûa^ôSîse cb^ m %x^ BQëta, q.ue Mmr 4^ préâîl^i^tîPQ. d^ M, Yiçtoc Vinfsp e^t ee< rai^ssapt petit U^evQQ d^hai^s bteoe atiroso^ qui cép^M wie si déUcieusi^ o4eur d'amaoidei ajn^e. GUs^Qjjii^ ici bum))l^itteQit ei ^MM^nobement ^Hatce vor^ ^ propQs 4e^ co^e^ et de l^urs épmes.; Tuteur dj^^ire ^vmr l'air de désirer gaider FaaonjrBOtte. i
Bfe Ifettr méiftetir côté tSchon^ de vbfl^fes' éhoscaf : ¥Qtts TOUS plkigflez dé» voir lÉé» v^s/kn^ épiWein^ ;« (loi îe) ttft v^dUis et vwd» gi:èotea au» dittix Qoft l«s épines ^i^At dM n^BQs.
k M. PAtJL Péval, on doit une variété de inéUtè qni^ garde ses feinlle^ ThiVer.
A Balzac, à ce geand écrilvaiaqui vient de laoarir dans toute la force de s^n génie, et dont le dernier livre est peut^étr^e. le. sJiuss bean^ les ^ardia$ doivent V azalée grimpante*
256 LES FLKUIIS.
A propos de Baktc, je saisis cette uccasioii de me justifier. On a publié il y a quelque temps un volume sur Balzac; dans ce volume, l'auteur a cru devoir rapporter assez en détail une petite querelle littéraire que j'ai eue avec l'auteur des Parents pauvres, querelle à la suite de laquelle nous nous étions brouillés. Balzac avait depuis quitté la France, moi j'avais quitté Paris. Les occasions nous ont manqué pour nous réconcilier. Ce que l'auteur de la Vie de Baltac m'aurait fait grand plaisird' ajouter, c'est que ni mon admiration pour Balzac, ni l'expression de cette admiration, n'ont jamais eu d'intermittence ; on trouverait dans les Guêpes, peu de temps après notre brouille, k propos d'un remplissage de l'Académie : « L'Aradémie ne nommera pas Balzac ; l'Académie de ce temps-ci veut avoir aussi son Molière a ne pas nommer. » Vingl fois j'ai eu l'honneur de rendre une justice aussi entière à ce grand écrivain, et à propos des Parents pauvres, son dernier ouvrage, j'écrivais : «i Je remercie bien sincèrement H. de Balzac de s'être rappelé te nom de mon cher père , en citant un certain nombre de célèbres musiciens allemands ; avoir so» nom placé dans un des beaux livres de H. de Balzac, c'est avoir une glorieuse épitaphe. »
Je n'ai que quaranle^euxans; mais je suis u^ du
LES FLECIRS. 257
lemps ou Ton savait encore admirer : je crois, par exemple, que je suis né tout à fait à la fin dece temps-là.
Les gens qui lisent savent tout ce que Ton doit à la féconde imagination de M. Dumas de récits curieux^ attachants» dramatiques, spirituels. Cette imagination, dont la puissance n'a pas encore montré ses limites, n'avait encore rien créé dans l'empire des fleurs; elle ne pouvait se contenter des richesses acquises : elle nous a donné des richesses nouvelles*
Si mes autres lecteurs veulent bien me le permettre» j'appellerai spécialement sur ce qui va suivre l'attention de M. Bachelet, du Havre, célèbre amateur de tulipes, qui sème des géraniums à ses moments perdus, et a bien voulu donner mon no^ à un de ses gains de l'année dernière.
M. Aleilandre Dumas vient de trouver une iulipe noire!
Dans un roman publié par lui dernièrement» sous ce titre, la Tulipe noire, M. A. Dumas nous montre deux amateurs de tulipes s'efforçant par tous les moyens d'oVienir une tulipe noire, pour laquelle la Société tulipier e de Harlem proposa, dit M. Dumas, l'an 1672, un prix de cent mille florins. Le récit des
fJTprt^ des .deux jardiiiier? reii&i^ine des circoosUacef qui fle .^rpût pas sans iutérét ffput les autres cultiyâleu^i. AÎDs^ Van-Daérle se meX à âimei' les tulipes. Un an ^près, il avait U^uvépiiq espèces iiouveliee de tulipes. Probableiiieift l'aut^^ s voulu dire i:iii^ tuiij)Ës iiobvelles. 11 est fâchei;ix .que M. A. Dumas ne nouR .donne pas avec déuiils les, procédés de Vâu- Baërle ; car ^ans les procédés f^ ajoure connits jusqjt'à nus jours, la semence d'^D*^ luUi^ ne produit an fleurs qu'au bout de quatre ou cinq ans. Ces Reun ensuite a'fîut tout à fait fi$é leur .colop^ et Jëuïs pa- Oi^ures q^i'aprës m espace de tçwps ifui y^ie d# deux à quinze ans. C'est donc ait moffu six aus qu'il faut k tout autre amateur que iedil Vaja-Baërte pour pouvoir classer et faire adm«ttr£ wie t^^^fi 44PS 1^ plates-bandes considérables; en moyenne, on compte dix ans. C'est un immense progrès qui est dû à M: Durtiàs, et qdi porteïa à seAèf «les tulipes bien fles gens découragés jusqu'ici par la lenteur des résultats. 011 pëa plus IMti, ?aA-llàgr1é Âoitttë 'k ses ùmshes H lulîpes une Chalèttr cotiveilatlé. Nbu% ne cdhiiais- Strtls gdèré (pie Va petite tùlîjiê fouge, appètSè tùïpè (ta fllicde 1^61, qilë les JÙttes JàrditiSers tliàuffenl piiur les avoifl'hlVef. Personne autre que Van-Baerlè
iVe planté Ih [al!p« ^'a^^iaièisf sur é3iieh& ; sniis M\v
LES FLKURS. ^9
il en obtient ,de bons résultats, mais l^auteur néglige de nous les faire connaître, ainsi que les ayant^es 4'.éleveir J^s ^ulip,es en pot, singiulière fantaj^ie qu'il atjtp^bi^e à son héros. Enc^ragé, cornoie ^u le pease bien, çslt ces merveilleux résultats, ciaq tulipe €auy^Ues en un an, Van-Baërle icoi^nue §es e0*^t6, i^ en deux années il coimrit ses plufe^r^an409 M :$W«'^^ jj(^^v^ux tellement fn^rv^UliSjif^ i^ j§mm '^er- ^mne, ex/^êpté peut-être Sha^spigar^ istfivbms^ n'aiv,qj£nt tçmt créé nprès IAeu%
I^ai$ v()|ci bi^p autre ehosi^ \ Yqn-nP^ërlie n obtjsoti un oignon, cet oignon n'a pas fle«ttî) e|^ pour|i904 il a des eaï^iix* jLies pignons que ffoju§ eennaissons n'ont de caïeux qu'aprjès avoir fleuri ; m^ ce qui est p^iifi étrange, c'est qif e cet loigiion qui n'a pas fleuri, Van- ^aërle le div^e etp trois effieux^ et il n'y a plus d'oir gi^on ; ce^ païeu:ii: 4|9ivent fleurir V^f^^^ si^vante c c'est possible, quoigiue la plupart d^s caji^ip: ne ^mnent pas des ^^urs si vite; mais en tout cas, d'après les anciens pri^ugés, Toignon aurait ^uri flm mûrement et plus promptement que ses caïejux. L'oigj^nn vient de la siejnence 4 une tulipe couleur café : il y a mille chances coutre une pour que sa fl.e{ifr fe>oit ^i^leur café plus ou moins sombre; cependant Van- Baërle sait gu'uii des trois caïeux pro^uir^ U tujij^
nuire : n Ils ont o«t air mélancolique qui promet 'it noir d'ébène. m
Voyez comme on apprendl Jusqu'ici il était réputé incontestable que tout caieu donne une fleur identique a celle dunt il tire son origine. — Mais il était temps de changer cette vieille routioe où s'endormaient des caieux rétrogrades.
Une autre niudification appnrtée par M. A. Damas dans la culture des tuUjies , c'est qu'il ne les plante qu'au mois d'avril. — Tandis que, dans l'ancienne méthode, c'est du 10 au 25 novembre qu'oo les confie h la terre.
Au milieu de tant d'intéressantes révélations, frnits sans doute d'études longes et consciencieuses sur une plante si aimée, il est i regretter qu'il se ^isse quelques erreurs. Van-Baërle a tort de croire qu'en 1672 U n'eaittait pat dam la nature de tu^ couleur bittre. Ceux qui sèment «avent qu'on m trouve que trop de plantes brunes dans les semis. — Il est singulier également que la Soàété tuixpière de Harlem ait proposé un prix pour une tulipe uoicolore : de tout temps le grand mérite des tulipes aux yeux des amateurs a été dans leur panachure. Les tulipes unicolores s'appellent baguettes, et on attend qu'elles se panachent ; si elles ne s'y décident pas,
on les jette dehors, et cela alors comme aujourd'hui. J'ai entre les mains un catalogue de tulipes hollandaises à la date de 1667, ce qui n'est pas loin ae 1672. — Très-peu n'ont que deux couleurs. — Le catalogue n'en cite pas une seule qui n'ait qu'une couleur. En échange de toutes ces belles choses que nous avons apprises dans le dernier roman de M. Dumas, nous pouvons lui témoigner notre reconnaissance en lui enlevant un souci. — «Les tulipes, dit-il, frUeiises comme de waies fuies de V Orient , ne se cultivent pas dans la terre en hiver ^ elles ont besoin de Tintérieur de la maison et des douces caresses du poêle. » M. Alex. Dumas sera bien heureux d'ap))rendre que les tulipes sont bien plus robustes qu'il ne le croit. — Il n^a qu'à en planter dans son petit jardin de l'avenue Frochot dans le mois de novembre, et il les verra sortir de terre et fleurir au printemps suivant. — Les tulipes les plus précieuses passent l'hiver dans la terre des jardins, — et jamais on n'en a vu être même enrhumées. — Pour ce qui est des caresses du poile, M. Dumas a confondu ici l'oignon des tulipes avec l'oignon allium cepa, vulgairement oignon de cuisine, que l'on approche du feu, mais pour 1a métamorphoser en soupe dite à l'oignon, ou en ^rée dite à la soubise.
ime tatiBi ^
rOR. ^£S FLEDRS.
Toujours est-il que Van~BaërJe obtient une tulipe noire, et touclie les ceut mille florins. L'auteur ne nouii dit pas comuieat a péri ladite tulipe, car oo n'en a jamais entendu parier depuis ni auparavant, ce qui a'empèche pas que M . Dumas est un cliarmaut Gl Spirituel cuntenr, un des plus féconds et des ^lus beaux espiils de ce temps; que je l'aime beaucouj), et que j'ai été furt reconnaissant de la visite ^u'ila bien voulu faire cet été à ma cabane du bord de la mer. Le même Alex. Dumas, d^a$ Balsamo, a découvert une nouvelle variété de tournesol. — C'est un tournesol qui « s'ouvre aux premiers rayons de soleil, et conséqueramenl se Cennc le soir. » ftl. Klie Bert|iet a enrichi les jardins d'un pécher qui fleurit dans le mois de mai. — U couuait aussi ud rosâgHol qui chante au soleil.
Jaoin, (lea contenu d^ soq ceillet bleu, qui est uMe joUe ëécnuverte , parle d'un chaume parfumé de fleur» bleues let yefmeiUes. S'agit-il d'un toit de pjiHume ou d'uR champ où le grain soupe s'a laissé qm du chaunie ? Si c'est d'un toit de cbaum^^ il ve^t parier des iris qui sont violets et qui exbalefit d)as d'aube variétés seu)emeQt une si douce et si f^iij^le fideur, qu'ofi ne la distingue que de fort près. J.e n'ai jamais vu de fleurs rouges sur les toits dfi phaumg^
S'il s'agit d un cl^ampée blé pu de se^le^ il^,^ les Muets qui sont bien bleyç, et les cocjuelicçtç (jpj^ sopt rouges, na^is qiji n pnjt pa? d'odeur, et ^ui, d'ailleurs, sont coupés par la f^tucilie en même .tei»j)$ que le grain, et ne subsistent plus d^ns le çbijiunie. Je le chicanerai égalepient sur le mot ye;rpaeille^ : Yerr meil vient de vermillon , qui est écarlate ; mais comme rose vient de rouge, vermeil §'est de tout temps appliqujé au vin et aux prepilèries teint£$ de Faurore; le coquelicot vermeil à ode^r gérait dojijp une nouvelle plante à met|tr,e dai^s la ^uhiijinde d,e§ fleurs fabuleuses i^ue tressept les écrivains c^ptf&mpofains.
J'ai encore à vous appfendfe que l'éditeur Gnvi^^: a publié un groi^ livre de njpi qjji s'appelle Yoypye autour de mon jardin. Malj^rjé le luxe dont il J^:f efjtoqré, malgré le soin <ju'U y a pjfs, il ^ trouye quelques fautes d'impresgiop dans Touyr^e :
Telles que oponp^elgn^ ^our fipqnogetot\. jÇet /jpijr npgeton ^stachiqf^ e$t upe charnf^pjlie plante ^fj^fUr tique blanche ay^jc des étamlqes nqjres et Sjepf^nt une su^ve odeur de van|Pft ; elle fleurit à la ^ de Y^ur tomfje jt derechef a^ prinlçjjaips j c'ejtàdiirjS qi)e le froid ne fait qu'interromprie la floraison, j^t qu'ei» réalité ellp ne se reppse que peqdant les grc^sse^ jcj^ar
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leurs et le grand froid. Elle est en fleurs ici, en et
moment, comme un grand nombre de primevères.
Je vois à la page 109 bbiet pour bleuet, mais, depuis que j'écris, je n'ai pu réussira faire imprimer le mot bleuet: anagallis morelli pour moueUé; plumbago earpentœ pour larpenta. L'auteur a bien assez de ses fautes.
— Préparez donc votre hiver pour l'année prochaine, et plantez dès k présent celles des plantes qui sont en cette saison l'ornement des jardius, <L — que vous n'avez pas encore. ^H
Il D'y a pas à faine beaucoup d'autres travaux : vos oignons de toutes sortes, vos pattes d'anémones, vos griffes de renoncules sont en place.
A propos d'oignons, il en est un de la plus grande magnificence, qui se cultive très-bien en pleine terre avec quelques soins, c'est le Mium lanàfoUum. Faites un trou de deux pieds, i, moitié de terre de bruyère grossièrement concassée, en y laissant les racines ; ajoutez quatre pouces de terre de bruyère fine, placez votre oignon, recouvrez^le ensuite de terre de bruyère: parcemoyen il ne souffrira pas del'humidité.
Revenons un instant sur les plantes que je vous ai indiquées et sur les soins qu'elles exigent. Le corftoutOer de Sibérie s'arrange de toute e^qtosiuoo,
LKS FLKURS. Î65
pourvu qu'il ne soit pas tout à fait sous les arbres , V ellébore noir se contente d'une exposition à moitié soleil ; le tussilage préfère un sol frais» mais vient partout.
Les daphnés'lauréoles, les verglandiers et les iris fétides doivent être placés sous les grands arbres. On dit dans les livres de mettre le calycanthus précoce en terre de bruyère, mais il s'en passe très-bien. J'en ai un au levant et l'autre au midi, ils végètent tous deux parfaitement. Si vous le plantez à présent» achetez-le en pot, car Fhiver n'est pas l'hiver pour lui, et on ne peut le déplanter sans danger en cette saison.