A THÉOPHILE GAUTIER
Il est un livre très-répandu en France depuis bien longtemps, et qui a pour titre le Bon Jardinier. Ce livre est la grammaire et le dictionnaire à la fois de tout ce qui a un grand ou un petit jardin à la campagne ou à la ville, — ou quelques pots de fleurs sur sa fenêtre.
Le Bon Jardinier doit son succès constant à ce qu'il est à la fois le livre le plus élémentaire, et le plus complet, et le moins cher, et le moins volumineux. Je ne prétends pas dire qu'il n'y en a pas de plus complet : ce serait une grave erreur ; mais ceux qui l'emportent sur lui sous ce rapport sont en
plusieurs volumes, et s'adresseot à des gens déjà
instruits dans les pratiques du jardinage.
Longtemps le Bon Jardinier a eu une petite prétention assez incommode ; au lieu d'être un gros bonhomme de livre, tout simple et tout rond, il a voulu faire ie bouquin respectable, il a voulu faire le savant. Il a classé par Jamilles botaniques les plantes dont il faisait la deseription et dont il enseignait la culture. — De sorte que ses lecteurs, dont peu sont bacheliers et botanistes, avaient besoin d'avoir recours h la table des matières pour savoir oii trouver la plante qui leur inspirait de la curiosité; de l'intérêt ou des doutes. De sorte qu'il leur fallait chercfer èiw fm ciiatpw mot i use fois à la table, am SmsAmsltiivn.
J'ai ipiel^ues raisoBS ëa çwter ^im j'ai un pM «ostriiwé k ftin nvtmr le Bon Jarâiniâr h Ae» aU hires ^us siuipltB, àufllajigage nwûis racherclié d plus à la portée de ses lecteurs. Le Bon Jaràimtr, depuiB ^H^iques tftnée*, a aâcpté l'wdfa alf^abéti- ^e, du BUMAt pour UQe partie dti voiuime . Je vieu de rficevair eciui àa celte aunée, et je l'ai partouni. L'amélioFalion, que ja louo ea eUe-m^ue, estlaii d'avoir tes boiis résiillats que j'en aiten^iaie. Le Am Jardmer a'i pu se défaire fraockeaifBt du ton pe-
srnnmeot scidniificpe Aoat |e le eroyais dégoâté ; il ne se ceûèe^ie pas à'ia^yMiire et d'éclairer, U y^eiil étoaMi' el; éblauir. Il «faiui de se laiaitiamer av£C ses 4iselpled, et il oe leur periiiet yas de Tapprofiber de 4râp .prèâ. S oe Vest pa» résigné à mettre les sabote du jarduiier ; il a fiomeryé les «o»lief s crar quaate eiécéê à l'œuf du ff4tf4^fiseur. Sei masyeb^teë soat de toile grosse H jame^ mm ^^ftdjint il a des maacfaetie« jBamme M« deBaffon.
Cest ainsi ^il a blaaé sans fésukat ee qui deyak être une notable amétioration.
4}uel était le i>ui qu'où devait se proposa et qu'on pouvait atteindre e^ adoptant Tordre «lplial>é^ ticpie? Un imH Irien simple t facfliter et aiNréger lea redherches.
Pour cela, que fallait-il iiire ?
Renoncer à la division par CamiHes botaniques; maiS) pour eeux qui sont savants ou pour ceux qui veulent le devenir, inscrire entre parenthèses, après chaque plante, la famille h laquelle elle appartient i
Former le dictionnaire des noms vulgaires, et, entre les noms vulgaires , e hei&ir pour diaque plante le jAus généralement adopté, en ajoutant à Farticle les autres noms vulgaires et les noms seien tifiques.
Le Bon Jardinie/- a l'nil tout le contraire, et le moindre inconvénient qu'ait cette lubie pédante est qu'il faut chercher deux fois chaque mot, comme avant l'adoption de l'ordre alphabétique. D'autres fois on ne trouve pas du tout cerlains mois. Ainsi, lepyrus, cognassier du Japon, cet arbuste de forme irrégulière qui, au moment où j'écris, est chargé d'une si grande quantité de fleurs rouges, n'y est pas indiqué, même par un renvoi. Je suppose cependant qu'il est dans le livre, mais sous quel nom nouveau ou inconnu s'y cache-t-il?
Donnons quelques exemples de ces inconvénients. Quand le Bon Jardinier a adopté l'ordre alphabétique, c'était pour satisfaire les réclamations qui devaient se formuler ainsi : « Mais, monsieur, je suis jardinier ; je sais à peine lire ; je n'ai pas appris la botanique, » ou « Monsieur, il y a beaucoup de piaules dont je ne sais pas du tout le nom, d'autres dont je ne sais que le nom vulgaire ; rappelez-vous, ô Bon Jardinier! que vkus vous adressez à des gens qui, pour la plupart, ne sont que tout au plus de mauvais jardiniers, » etc., etc.
Voici donc nos gens très-satisfails. Désormais leur livre chéri va répondre à toutes leurs demandes, et il la première question.
) LES PLEUKS. 237
Cherchons un peu l'article Chêne, Le voici : c'est bien plus commode ; à la bonne heure ; c'est là ce que nous demandions : ChênCy voyez Quereus,
« Ah I il faut chercher une seconde fois I
— C'est votre faute, répond le Bon Jardinier d'un air capable ; il fallait chercher d'abord Quereus.
— Mais, mon bon monsieur, je vous ai dit que je ne sais pas la botanique ; vous avez eu l'air d'avoir pitié de moi ; j'en ai été plein de reconnaissance ; et maintenant voilà que vous exigez que je sache le latin. »
HouXf voyez llex. — Hêirsy voyez Fagus. — Châtaignier , voyez Castanea. — Lilas , voyez Syringa.
«Âhl monsieur, ahl méchant ^on /ardinier que vous êtes, vous nous avez trompés ; vous nous avez sacrifiés aux savants. Mais, si vous aviez mis les noms vulgaires et chrétiens des plantes, les savants les savent comme nous, et personne n'aurait cherché deux fois, au risque parfois de ne pas trouver. Vous auriez pu, au besoin, pour leur faire plaisir^ renverser Tordre que vous avez adopté, et mettre : QueraiSy voyez Chêne ; — llex, voyez Houx; — •
Fagns, voyez Hêtre, et tout le moiidL' aurait été eontejit. »
Sï;iis ce n'esl pas tout : outre que fe Èon JariS nier a été k l'inverse de ses bonnes intentions eii adoptant les iiums latins et scientîfiqiips des plantes, iT a encore adopté des noms scîentifîqijes noitvcaus, qui ont succédé aux anciens", âans que j j voie, pour ma part, de raison extrêmement trfomphanle ; mais, eh tout cas, ces nonis' devaient venir après les autres.
Ainsi , celte jolie petite flenr, hiïïnW eï finflantc, qui passe du rose au violet, que l'on a appelée si longtemps giroflée ou julienne deMahon, ôft savait bien que les' savants rappelaient ckeWiîntha mùritima; on commençait inëme Ù s'ha^MerSce mot, au point de le reconnaître quand on lê'feîi'i^'ïtrait. Il paraît que messieurs lès bollùïîstes veulent qu'on apprenne toujours éi qu'on në's'àcHf ^xâM ; leur science est lâ nuée qu'emÉrâssâff sans dë^fè damné de l'enfer païen, ta' jiflie'itnè' dïrltfàU'Ofl'itt s'appelle plus julienne de flafiori, éîté'ne s'afpélte plus cheiranlhm maridtnà ; elle s^appêlle' Cétie âtfnée rAalcomia. Comment s'appèltefà-t-êlte' TsU'Ak prochaine'/
Le liseron, aux belles cloches' I>la¥dïés, violettes
et toseftf s'aj^pelftft air^ vohibilis : oti M â imposé, du moins à quelques-uns, le nom A'iporiiééS ; (Tétait iwrâls dottity iùoSàs Joft^ A^ rni s'y âtieiMitumait, «w te piPoïKMÉ^t eàcM^* â)»le!^ facilemétlt. te fiséroh s'appelle maintenant phœfWtt! htttfAil^M séifierai des fharhitis dans mon jardin. J'ai fait autrefois des vers sur certains Userons qui grimpaient après une haie d'uo jardk oà *^nm vingt aa* : fekes donc des vers sur les fharhitis !
Et cette calme et riche fleur de l'automne y la r#A^nl*rg8aï<é, dtt dVaif ft^ fôsâ^ de tâppeler me* d0 ht mai , ôrf A'Mît ^as réussi' ^ tuî 6iév seU *»» fiîtt^. La M^ist^ e^ frffiéusié f Ah I vous fk'tNmpÈ ?mi!i? «dîiîeltife OÈtêf siniénsh, eh éien'l k^ r^tti^nMfgttlif^te ^àpp^lFéra d^sôMuis (fa/Md-
K«éuf!leî? «ofifC dSî^ tdmépfm\ 6 Bîfrggré f pour sà^ir di f(jWe- 2»lâ'àt foW âlftfe tftt'ffe4i, p'assrônnément ou pas du tout.
OHwiifwF eiàVoyëîf dôitt' ïeddtilté ATmaviva vous atfefldfe k If oaii»re des- œêètéaf^
QuUl fora beau ce soir sous lu grands rnseuluê !
Et la pervenche, o Rousseau I tu t'écrierais ; Cne t vinca major ?
Et l'œillet, ô mademoiselle de Scudéri I faites diuic entrer le num bolaiiique de l'œillet liaus vos vers pour le grand Coadé :
uni ces diaiilhus (caryopliySlus) qu' jn illustre t. Arruse de la main qui gagua des batailles, etc.
[lemtr
Tenez, voici b saison où les arbres de lui commencent il se couvrir de si nombreuses fleurs tout le long de leurs branches, qu'il semble de loin que ce soient des arbres à feuillage rose ; je savais bien que dqps les livres ça s'appelait gaîiûer; mais, dans ma mémoire, dans mes regrets, dans mes désirs de printemps, c'était toujours le bois ou l'arbre de Judée. Gainier est rejeté. Ouvrez le Ban Jardinier .-
Gatnier de Judée, voir Cereis sUiquastrum Et les belles grappes jaunes des faux ébéiiiers?
Dans les fleurs des liliset des ébéniers jaunes, De mes doux souvenirs, cachés comnie des faunM, LatTOupnjoiieet rit.
Lisez : Dans les fleurs des syringas et des cytisus labunium.
Et l'aubépine, donc, croyez-vous la débaptiser? — Allons donc ! Tous les ans nos jeunes années refleurissent avec elle. Non^ non, ce n'est pas à un cratœgus oxyacantha que je me suis écorcbé les doigts un jour de mai, quand j'avais vingt ans ; c'est à une aubépine dont je savais alors oili porter les branches parfumées.
Et cette giroflée des murailles, dont les étoiles jaunes s'épanouissaient dans les fentes des pierres du clocher de ***? Je veux bien quelquefois l'appeler ravenelle avec mes Normands, parmi lesquels je suis aujourd'hui; mais je ne consens pas à rappeler cheiranthtis cheiri.
Et le bleuet des blés, tressé en couronnes pour de si souples cheveux? Tout conspire contre lui : les im primeurs veulent absolument l'appeler bluet ; et le Bon Jardinier, demandez-lui ce que c'est que le bleuet ; il vous dit d'un air dédaigneux : <k Je ne connais pas, voyez Centaurea cyanus, »
Et le muguet ? croyez-vous que vous remplacerez son nom par celui de convallaria ? Non ; ce n'est pas du convallaria que nous allions cueillir dans les bois (le Vaujours- '•'était du muguet. Ce nom est une mu-
slque cpiî ûe ï^âéiinle ce téniiis-Ià ; de même que tous les noms de ces fleurs avec lesquelli's nous avons vécu étant enfants ; ce sont les noms de baptême, les petits rioms, les noms sous lesquels on aime. Donnez àéi rtûtiîs aiiibitléuiî siis' pîanfcs noiiïêlles, si vous te voulez àbsolûDiéfiE. J'ai qîisfariie ans, je les âdnirrerài, lîiâîs je rie les aîmeraî pas. BTais ne cliangëz pas'les noinsde nos cïiérés ffeurs; les doux et cruels souvenirs, aussi précieux les uiis i|ue les autres, ne les réconnallraleiit plus pour voltiger autour d'elles coiiinie des pàpilloDS à l'époqiie où elles refleurissent.
Voilà pourquoi tant rfe' Éètlês fleurs, decouverfcs depiïis freitité ans, né' se'^ niaient' paV à nofre vie, î Bos souvenirs, k nos amours : c'est qu'on a fait ée ces belles Habitantes des' Êois et ^es campagnes une tribu de parvenues pfétentieuses, qui portent maladroitemerii des fioins difficiles h prononcer, qui ne pétivent entier ni dans m vérâ ni d'ans un sou- Tenif.
Cette belle gtycitte, dont les grappes Ëleues et parfunidés couvrent ma maison, a été aussi détiaptiséé pai' ce faux bonhomme de Éon Jardinier : il Rappelle tvîsieria. Pourquoi i
te corchoràs, cËargëde ses petites roses jaunes,
LBS PLEUftB. 249
appdé ^rètê il y a qudi|ve6 années, a pria le Dom de kerria. Pourquoi?
Le iasmîB de ¥ir^nie (bi^ma tgdiccmii^ m iT/est paseoDlenté de ces deia odaië ^ ttA i^^Ë/^âatetr éomOé PiMirquoi?
Le coréopsis s'appelk eoIUiipfta ; '-^ te giroflée rouge, matiiiola; — Je num4emUâa ^^ppelle âAite$. -^ Le eaiyeaiUbus frésùce^ dont iks Aeufi doib* cemeni parfomées aeiit la tûtmtêiiim 4ea jardûië a^ a4>îs de janyier» fmiiM Im^ ,^\^ i^^ seules épanouies, avait /ii4 app^ mfi^^- J'y i^ais coor awiU; wis waelyflaé 9? ;pi^ imtfttif . JPdui:quoi cl/i^]^ plitji^t ^e jC/^i/yc ?
hîmmMlê, Wi^ï^ /^ A»!Q^> a pi^ pair |e^ Bfwxia de 0n(if^Aa2mm ^ d'A^Si^i^^
La yigHê vierge, qui »'était déjà appelée émpehp- 918 1 06 nomme aujeurd'iuii ÔMUi.
Les «hrysattthèmesyla «anriwiie de FauUwnei ne sont plu» connus du Bou Jardmfftt Youa ]m àftr mandez ce que e^e^t que les cbryaaiititteiei, U vma répond i « yojifez Pyr^hnm. »
Quel est le but de £e eamavai des fleifri? Jis t'ignore. Quel en est le résultat? Le voicj t
ft'est de décourager iei amateu)Pat m leurr^joiant
■«W LES FLEUnS ^^^
la première et la plus naîve des sciences de phis en plus âpre, difficile et rebuliinte.
Ces noms nouveaux ont l'air de gros mots et d'injures adressées aux fleurs. On dirait qu'ils veulent les cacher, cumme cette belle princesse cacbaii ses attraits sous une peau d'âne.
Outre ce reproche que j'adresse au Bon Jardinier, je vais noter ici une ou deux légères erreurs qui m'ont frappé en ouvrant le livre au hasard.
La veronica speciosa, indiquée comme ayant des fleurs bleues, les a violettes ou roses.
L'aponogétondyslachion, pour lequel on recommaiide la serre chaude ou tempérée, végète mal en serre chaude et y reste malingre et dans des proportions plus petites des deux tiers que dans les bassins d'un jardin ou je le conserve depuis dix ans sans abri, et où il est plus beau qu'en serre tempérée.
Il n'est pas exact de dire que les balisiers (connn) ont besoin de la serre chaude pour mûrir leurs graines ; j'en récotte tous les ans en plein air.
Vazalea Mijlora, indiquée comme de serre tempérée, se porte aussi bien il l'air libre qu'un orme ou qu'un chêne.
Le ciste ladanifère n'a pas le centre de sa fleur
brimAtre, mais bien (run beau rouge foncé, qui s'éciaircit en se fondant dans du jaune.
C'est à tort qu'on recommande de semer de préférence la commelyne tubéreuse tous les' ans ; les tubercules se conservent très-bien dans de la teiTe sèche ; on les replante au printemps, et, au lieu d'avoir des plantes grêles d'un pied de haut, on a de magnifiques buissons vigoureux, et à proportions plus opulentes en tous sens, qui s'élèvent jusqu'à trois pieds.
Le cratœgus corallina (épine corail) n'a pas les plus grandes fleurs du genre; il faut au contraire les mettre au rang des plus petites ; elles sont très-tardives, et le fruit rouge porte un point Qoir qui lui donne l'apparence des graines d'Amérique, dont il a jU grosseur.
La fleur du budleia globosa n'est pas d'un jaune doré, mais d'un orange vif.
La leycesterià formosa n'a pas ses fleurs et ses fruits en épi, mais en grappes.
Le daphné lauréole, au contraire, ne forme pas des grappes, mais des épis; sa fleur n'est pas verdûtre, mais elle est d'un vert pâle appelé vulgairement vert-pomme.
Le cyclamen de Cos n'a pas la fleur rouge, mais
bien d'un rose vif ; il vit en plein air connue les cyciamens d'Europe.
Paps l'article ^es rouceiS, on a omis ifue variiLé de ronce dpublo rp$^ ; à celle qvi a les péules jatérieun Ijnéaires, c^uipie les apéivoiiË^ doubles, il faut ajiuj- [er celle qui est entièrement semblalile à la ronce i fleurs doubles blaoclies, sauf h cpuIëiji', c'est-^-dire dont la forme e$t celle d'une tcise. Chez M. An))aQd Gontier, à Fontenaj-aux-Roses, il j «i q w pieil ijni couvre tout un pignon. Etc., etc., etc.
Oi) pe doit pas ménager les avis ^ u» ]kvii a.assl utile, mm répandu, aussi estimable à beiiii,cti^p d'^ g.irds qi:e le Bon Jardinier. U est à d(jsirec que de plus habiles que njpi ipiitent mpn ftl^^niple, et, par leurs critiques cops(:i«i]Piegfies , aiçjept l'éditeur k pei .ectionner chaque année un ouvrage vtiellement classique, et qui ee trotive dans toutes le$ mains.
Deux mots encore.
Les camellias dont je vous ai parlé o(it subi huit degrés de froid et sont en Peurs m M woiueiii. 35 avril, dans mon janUn.
Les hébotropes, enterrés de U facan que je voib ai expliquée, d'^pris pne nets de I9 flore i» M. Van Houtte, ont presque tous résisté li l'hiver en pUiae ten:«, et montrent déi^ 4^6 pousses iu)uv#ll«8.
Une expérience de cette année seulement ne peut permettre de jugement définitif; je veux cependant dire que des primevères de la Chine ont passé l'hiver sans abri dans le jardin d'un de mes voisins, et ne paraissent pas en avoir souffert.
P. S. — Je savais bien que le cognassier du Japon se cachait sous un faux nom dans quelque coin du Bon Jardinier. Le hasard me le fait rencontrer ; il se fait appeler chœnomeles, Âtil quelque mauvais dessein, qu'il conserve ainsi l'incognito ? Se veut-il faire passer pour un arbuste nouvellement découvert? Veut il se faire acheter sous ce nouveau nom par ceux qui le possèdent déjà sous ceux de pyrus, de cognassierf . de cydonia? Ce déguisement m'est suspect; je le lui dis franchement, quoiqu'il soit en ce moment bien beau et bien fleuri.