‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 18 sur 159 · ALOSE · texte numérisé non relu

ALOSE

lion, mais qui ne causent pas la même joie à ceux du Volga. Les Russes, persuadés que la chair de ces ani* maux peut être extrêmement funeste, les rejettent de leurs filets ou les vendent à vil prix à des Tartares, moins prudents ou moins difficiles. Le nombre de ces dupées cependant varie beaucoup d'une année à Tautre. Dans Ta Seine-Inférieure, par exemple, on prenait treize à quatorze mille aloses dans certaines années, et dans d'autres endroits, on n'en prenait que quinze cents ou deux mille.

Elles sont le plus souvent maigres et de mauvais goût en sortant de la mer, mais le séjour dans l'eau douce les engraisse. Elles parviennent à la longueur d'un métré ; néanmoins, comme elles sont trés-comprimées, et par conséquent très-minces, leur poids ne répond pas à Tétendue de cette dimension. Les femelles sont plus grosses et moins délicates que les mâles. Dans plusieurs contrées de l'Europe, où on en pêche une très-grande quantité, on en fume un grand nombre, que Ton envoie au loin ; et les Arabes les font sécher à Tair pour les manger avec des dattes.

Les aloses vivent devers, d'insectes et de petits poissons. — On doit regarder d'un œil de préférence les aloses dont la tête parait petite et le dos épais, parce que ce sont des signes qu'elles sont charnues et grasses ; les écailles claires et brillantes indiquent qu'elles ont séjourné du temps dans l'eau douce où elles se sont engraissées. Quand les ouïes sont vermeilles et les yeux c\a\î^, oxv peut dompter qu'elles sont frafches; si, otilre céa, â\e^

ont été péchées en bonne eau, en bonne saison ^ et qu'elles soient d'une bonne grosseur, ce sera partout uu poisson excellent. La pèche des aloses se fait jusqu'à Rouen et surtout à Quillebeuf, petite ville à sept lieues du Havre, du côlé de lembouchure de la Seine» depuis le commencement de mars jusqu'à la fin d'avril ; on se sert quelquefois de guideaux, qu'on tend au bord des bancs ou bien de morte-eau ; et lorsque la mer est belle, on fait la pêche avec des sennes. On prend aussi des aloses avec des tramails, qu'on nomme alosiers ou vergueux. Oh établit des filets presqu'à la surface de l'eau.

Les aloses de l'embouchure de la Seine sont ordinairement'grasses et de bon goût, parce qu'elles y trouvent quantité de petits poissons, particulièrement des éperlans, qui leur fournissent une bonne et abondante nourriture ; mais on estime plus celles qu'on prend en remontant la Seine que celles qu'on prend vers la mer. Cette pêche commence en février ou mars et finit en mai. Les plus fortes aloses ont deux pieds de longueur et pèsent huit à dix livres.

Outre les aloses qu'on trouve dans les parcs qu'on construit au bord de Teau, on en prend avec des sennes qui ont soixante à quatre-vingts brasses de longueur; les pécheurs nomtnQvXalosières celles qui servent à prendre des aloses. On ne connaît point de rivière en France où l'on prenne autant d'aloses que dans la Loire. Les bateaux qu'on emploie pour la pêche des aloses, et que l'on nomme barges à l'efnbouchuTedeV^il/ÂKîetCoues

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vers Tours et Orléans, se terminent en pointe par les deux bouts, comme une navette; ils sont ordinairement armés de deux hommes ; leur port est d*un ou deux tonneaux ; ils ont un petit mât et une voile dont ils se servent rarement et qu'ils amènent toujours quand ils sont en pèche. Les pêcheurs mettent leurs filets à Teau le soir ; ils dérivent toute la nuit au gré de la marée, et ils les relèvent le jour pour s'en revenir, si le temps le leur permet, sinon ils amarrent leur barge à terre et étendent leurs filets sur des arbres pour les faire sécher, jusqu'à ce que la marée leur permette de gagner la ville pour y vendre leur poisson.

La saison la plus favorable pour la pèche de Tàlose dans la Loire est depuis la fin de mars jusqu'à la mijuin ; et on regarde à Nantes comme un poste avantageux depuis quatre lieues au-dessus de la ville jusqu'à quatre lieues au-dessous.

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