‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 2 sur 159 · KT SES DÉTRACTEURS · texte numérisé non relu

KT SES DÉTRACTEURS

Comparez maintenant à cette scène un salon dans lequel règne une odeur conftise et nauséabonde pro« venant de Thuile des lampes, de Thaleine des hom* mes, du punch et du chocolat que Ton promène sur des plateaux, des diverses pommades dont on a enduit les cheveux avant de les passer qu fer, et qui fait des chevelures frites; des figures fatiguées, des cartes qu'on remue, des grimaces de mauvaise humeur, etc. Il y aussi la pèche à la mer : c'est là encore que le décor pourrait bien sauver la pièce, si elle avait besoin d'être sauvée.

La mer n'a qu'un défaut, c'est que, quand on la connaît, on ne peut plus s* en passer. C'est, de l'aveu de tous, le spectacle le plus grand, le plus majestueux et le plus varié qu'il soit donné à l'homme de contempler.

Et si on savait comme on devient sage au bord de la mer I

Il venait d'y avoir en France une grande commotion politique; j'allai voir mes amis les pécheurs d'Êtretat pour en jaser un peu avec eux. « Eh bien I demandai-je à Yalin, le garde-pèche qui est mort si malheureusement depuis en tombant du haut d'une falaise, — que pensez-vous de ce qui se passe ici ? » Valin me conduisit en face de la mer, qui, ce

jour-là^ était hleueBt immense comme w <«el 4'en bas, et ma la mxmtrant des deiix mains, il me dit : « Que qu' ça nous fait? »

J'aurais dédire cette foi$ aussi : aQm qu' ça«ie fait, l^inerley? »

J'ai voulu au contraire m'en mêler; mais je dis aijjpxird'bui ce que j'aurais dû <}â?e aWs : « Ebierley! qwé qu'ç^ me fait? » et j'ai ajouté, pour réstin^r ce que j'ai via : fc Plu3 ça (^nge, plus ^'est Ui mé^me chose. »

C'est à Étretat que j'ai fait mes premières armes comme pécheur maritime; c'est là que j'ai {ait une pèche assez rude, la pêche du hareng; c'est là que j'ai vu les frères Vatinel prendre pour douze cents francs de mulets (muges) d'un seul coup de seine.

Il faut dire que ce sont des gaillards adroits et résolus; c'est du haut des falaises -^ trois cent-dix pieds d'élévation, la hauteur de cinq maisons de Paris — qu'ils guettent les mulets ou les maquereaux qui viennent frétiller sur le bord : alors, un coup de sifflet avertit les compagnons; on pousse à la mer un canot sur lequel est placée, à l'avant, la seine toute parée.

Le bateau s'éloigne rapidement à coups d'aviron lents et silencieux, bien maniés; la seine, dont un bout est resté à terre, se déroule et se dévide en

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