EXEMPLE
Un jour, je relevais mes lignes avec mon matelot Buquet et avec Couveley, le directeur du musée du Havre. — Couveley tenait les avirons, — Buquet lirait les cordes, — moi, je ne faisais rien. — Tout à coup Buquet, sentant des secousses, s'écria : « Oh! un gros! »
Je ne sais pourquoi Buquet appelait Couveley M. MoucheUet cela si obstinément qu'il avait iini par appeler les peintres des moucheh. « Meilleur bâbord! — monsieur Jlfauchel, criMt Buc^uel çsw>À-
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rant la ligne, rendant ou retirant la corde d'après les mouvements du poisson. — Avant! — Mainte* nant sciez — sciez tribord I avant bâbord — sciez, sciez — c'est une raie. »
En effet, la mer était si transparente qu'on apercevait à plusieurs brasses sous Teau le large poisson se débattant et décrivant des zigzags^
Je voulus prendre la ligne à Buquet, qui était Irès-ému. — Buquet est un vieux pêcheur, qui a conservé Témotion du poisson, comme, moi, j'ai gardé l'émotion du gibier, — ce qui me faisait dire un jour dans une luzerne à des perdreaux qui s'envolaient avec ce bruit crépitant qui impressionne longtemps le chasseur : « Ne vous sauvez pas, j'ai bien plus peur que vous ! »
Buquet me refusa la ligne et continua ses ma • nœuvres. « Sciez tribord! avant les deux! avant donc! nous allons perdre le poisson! Ah! monsieur Mouchel, vous n'avez pas de nerfs! Avant! scies des deux ! ... »
Et Buquet tomba as$is sur un banc ; par la faute de Couveley ou par sa propre adresse, le poisson venait de sa décrocher. Buquet était désespéré.
« Ah! quelle raie! disait-il, — un turbot de Qjçtt^ grosseur-là serait un ^r turbot! Après ç;a, c'était (ia)it*âtri9 un turbot ; w ae voyuit pas bien.»