CARPE
6ent jusqu'à yingt liilogrammes. Palias ôk que le Volga en nourrit de parvenues à une longueur de plus d'un mètre et demi. En i 711 , on en pécha une àBischofshause, près de Francfort-sur-l'Oder, qui avait plus de trois mètres de long, plus d'un mètre de haut, des écailles trèslarges, et pesait trente-cinq kilogrammes. On assure^ qu'on en a pris du poids de quarante-cinq kilogrammes dans le lac de Zug en Suisse, et enfin il en habite dans le Dniester de si grosses, que leurs arêtes peuvent souvent servir à faire des manches de couteau.
Les cyprins dont nous nous occupons peuvent d'autant plus montrer des développements très-remarquables qu'ils sont favorisés par une des pribtipales causes de tout grand accreissem^ent, le. temps. On sait qu'ils deviennent très-vieux ; et nous n'avons pas besoin de rappeler que Buffon a parlé de carpes de cent cinquante ans, vivant dans les fossés de Pontchartrain, et que dans les étangs de la Lusace, on a nourri des individus de la même espèce âgés de plus de deux cents ans.
Dès le temps de Bellon, on faisait avec les œufs de carpes du caviar, qui était très-recherché à Constantinoplo et dans les environs de la mer Noire, ainsi que de l'Archipel, et qui était acheté d'autant plus parles juifs de ces contrées asiatiques et européennes que leurs lois religieuses leur défendent de se nourrir de caviar fait avec des œufs d'esturgeon.
Nous ne parlerons pas de toutes les vertus extraordinaires etridicule5 que Von a accordées^ pour la guèmou
de plusieurs maladies, à uae éminence osseuse du fond du palais des carpes, que l'on a nooimée pien*ede carpe et que Ton a souvent portée avec une confiance aveugle comme un préservatif infaillible contre des maux redoutables.
M. Darci, contrôleur de la maison du prince de Condé, a dit avoir vu, en 1733, sur la table du prince de Conti, à Offenbourg, une carpe du Rhin qui avait trois pieds et demi de long entre œil et bat ; elle pesait quarante-cinq livres.
La carpe se* nourrit d'hei'bes et d'insectes qu'elle trouve dans les eaux. -
Il semble que l'étang soit destiné pour la carpe, tant elle y réussit bien.
La nature pourvoit d'autant plus à la reproduction qu'il y a plus de causes de destruction. La carpe femelle contient une quantité prodigieuse d'œufs, qui, quoique paraissant innombrable, a été cependant soumise au calcul. M. Petit, en ayant pesé une certaine quantité dans une balance très-exacte et les ayant nombres, a jugé ensuite, par voie de comparaison, qu'une carpe de grandeur moyenne donne trois cent quarante-deux mille œufs environ. Mais de ce nombre combien peu viennent à bien ! Là plupart de ces germes ou de ces embryons naissants dèviemiçnt la proie et la nourriture des autres poissons.
Les carpes frayent dans les mois de mai et d'août; elles ne sont pas alors si bonnes à manger, parce qu'elles sont
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maigres et insipides comme il arrive à presque tous les autres poissons.
La carpe est dans sa grande bonté dans les mois de février, mars et avril.
Les carpes de la Saône, de la Seine, de la Loire et du Rhin sonttrès-estiméçs, surtout ces dernières, parce que Teau de ce fleuve est plus pure et plus rapide. La carpe est un bon aliment; elle se digère facilement et convient à tous les tempéraments, excepté aux personnes sujettes à la goutte ; on a des observations que son usage en réveille les accès 1 La laitance de ce poisson est, comme l'on sait, un mets délicat et qui fournit une nourriture si substantielle, qu'on a vu, dit-on, des étiques guéris par Tusage de ces laitances.
Tout le monde connaît aussi la bonté exquise des langues de carpe et la délicatesse du palais de ce poisson.
Quoique Teau paraisse le seul élément de ce cyprin, la carpe peut cependant vivre longtemps dans Tair; cela est prouvé par la manière dont on engraisse les carpes en Hollande et en Angleterre. On les suspend à la cave, ou dans quelque autre lieu frais, dans un petit filet slir de la mousse humide, en sorte que la tête de la carpe sorte hors du filet; de cette manière, on les garde assez longtemps en vie pour les engraisser, en les nourrissant avec de la mie de pain et du lait.
La carpe se pêche de plusieurs manières, àThâineçon ,ou au filet, mais très-aisément daiis la plupart des èUvi«^,
parce qu'on les meta sec. Dans les étangs qui ne peuvent être mis à sec, elles sont assez difficiles à pêcher, car c'est un des poissons les plus fins et les plus méfiants Lorsqu'il sent l'approche du filet, il plonge la tête dans la bourbe et laisse glisser le filet sur sa queue, qui ploie à volonté ; il reste ainsi tranquille jusqu'à ce qu'il n'en* tende plus de mouvement.
On fait aisément perdre le goût de vase à la chair des carpes, en les tenant seulement une semaine dans l'eau vive. — Yoici les appâts préconisés pour la pêche ées carpes. On prend du marc de chènevis environ une livré, deux onces de moniie, autant de saindoux, d'huile de héron et de miel, une livre et demie de pain blanc rassis et quatre grains de musc ; on mêle le tout ensemble, on en fait une espèce de pâte qu'on coupe par morceaux, et ces pilules servent pour garnir l'hameçon. — Voici une autre recette : prenez de la chair de héron mâle ou femelle, mettez-la dans une bouteille, enterrcz-la dans du fumier chaud et laissez-l'y reposer quinze jours ou trois semaines, jusqu'à ce qu'elle se change en huile : tirez alors cette bouteille et tenez-la bouchée, de crainte que sa liqueur ne s'évapore. Quand vous voudrez pêcher, prenez de la mie de pain et du chènevis, pilez le tout ensemble, imbibez-le de votre huile et faites-en un corps que vous partagerez ensuite en petites pastilles. — Tout cela est aussi compliqué qu'inutile ; — jo vous prie de croire que je ne me suis jamais livré à do pareils travaux.