CHABOT
Coltus gobio, — Bull-Jiead, en Angleterre. — Mesâore, dans plusieurs contrées de l'Italie.
On trouve ce poisson dans presque tous les fleuves et les ruisseaux de TEurope et de l'Asie septentrionale dont le fond est pierreux ou sablonneux. Il y parvient jusqu'à la longueur de deux décimètres. 11 s'y tient souvent caché parmi les pierres ou dans une espèce de petit terrier; et lorsqu'il sort de cet asile ou de cette embuscade, c'est avec une très-grande rapidité qu'il nage, soit pour atteindre la petite proie qu'il préfère, soit pour échapper à ses nombreux ennemis. U aime à se nourrir de trèsjeunes poissons, ainsi que de vers et d'insectes aquatiques ; et lorsque cet aliment lui manque, il se jette sur les œufs des diverses espèces d'ammaux qui habitent dans les eaux qu'il fréquente. Il est très-vorace ; mais la vivacité de ses appétits est trop éloignée de pouvoir compenser la petitesse de sa taille, de ses mauvaises armes et de son peu de force, et il succombe fréquemment sous la dent des perches, des saumons et surtout des brochets. La bonté et la salubrité de sa chair, qui devient rouge par la cuisson comme celle du saumon et de plusieurs autres poissons délicats, luidonnent nussi l'homine pour emîcmi. Dès le temps d*Aristoie^ on savait que, çout
le prendre avec plus de facilité, il fallait frapper sur les pierres qui lui servaient d'abri, qu*à l'instant il sortait de sa retraite et que souvent il venait, tout étourdi par le coup, se livrer lui-même à la main ou au filet du pêcheur. Le plus souvent ce dernier emploie la nasse pour être plus sûr d* empêcher le chabot de s'échapper. II faut saisir ce colle avec précaution lorsqu'on veut le retenir avec la main ; sa peau sans écailles et très-visqueuse lui donne en effet la faculté de glisser rapidement entre les doigts. Cependant, malgré tous les pièges qu'on lui tend et le grand nombre d'ennemis qui le poursuivent, on le trouve fréquemment dans plusieurs rivières. Cette espèce est très-féconde. La femelle , plus grosse que le mâle, ainsi que celle de tant d'autres espèces de poissons, paraît comme gonflée dans le temps où ses œufs sont près d'être pondus.
CHEVENNE.
Cyprinus jeses. — Meunier, — Chevanne, — Chevesne, — Cfwvenne, — Barhotteau. — Garbottin. — Garbotteau. — Chabmseau.
Le chevenne a le front large et noirâtre ; le dos et les opercules sont bleus ; les côtés sont jaunes au-dissus de la hgiie latérale et d'un bleu aigentin au-dessous ; mie
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série de points d'un jaune brun marque cette même ligne ; le bas des écailles est bordé de bleu ainsi que la caudale; les pectorales, les ve^itrales et Tanale sont d'un violet clair.
Le cyprin j esse ou chevenne nage avec force; il aime à lutter contre les courants rapides, et cependantilse plaît dans les eaux dont le mouvement est retardé par le voisinage des moulins. Le frai de ce poisson dure ordinairement pendant huit jours, à moins que le retour du froid ne le force à hâter la fin de cette opération. Il pèse de quatre à cinq kilogrammes, mais il croit lentement. 11 multiplie beaucoup. Le défaut d*eau ne lui ôte pas trèspromptement la vie. Sa chair est grasse, molle, remplie d'arêtes, et devient d'une couleur jaune lorsqu'elle est cuite. On le trouve dans les fleuves et dans les rivières de presque toute l'Europe tempérée et septentrionale. Ses œufs sont jaunes et de la grossei^r d'une graine de pavot. L'épine dorsale est composée de quarante vertèbres. On compte dix-huit côtes de chaque côté.
Gatayes en a souvent pris de la façon que voici. — 11 remontait en canot au-dessus de Neuilly, puis il se laissait dériver en suivant sa ligne amorcée le plus souvent avec une sangsue ; — quand le poisson mordait, il le piquait, jetait l'ancre, tirait son poisson, levait l'ancre et se remettait en route. L'ancre était un pavé ; c'est plus commode pour celte opération.
IM OICTIO.XNAIKE DU PÉCHEUR.