DÉCEMBRE
11 n'y a pas grand'chose à faire pour le pécheur de rivière pendant ce mois : les eaux sont glacées ou trop épaisses; les poissons pour la plupart se cachent dans des terres ou des bas-fonds ; ils sont à moitié engourdis et mangent peu.
On prend par*ci par-là à la Ugne un cheveune, unbrochet ou un gardon par hasard.
A la mer, on pèche des merlans.
Un ermite a imaginé ce raffinement, que le diable j tous les mille ans, souffle sur le feu de l'enfer et l'éteint pendant vingt-quatre heures, pour que les damnés ne finis* sent pas par s'y accoutumer ; il est au moins aussi bon de ne pas s'accoutumer au plaisir. Pendant le mois de décembre, rappelez-vous les piches de l'année précédente et rêvez les pèches de Tannée prochaine.
ÉGREVISSE.
Attacus.
L'écrevisse nait dans les rivières ou dans les ruisseaux d'eau courante. L'écrevisse d'eau douce ie;T[ie>\^
a, comme les écrevUses de mer de inéme sexe, des excroissances de chair où sont logés ses oeufs.
La croûte rougit extériem*ement par la cuisson. De Teau forte ou seulement de Teau-de-vie répandue sur cette même écaille la rend presque aussi rouge que si elle était cuite.
Les écrevisses sont très-voraces ; elles se nourrissent de charognes aquatiques et d'ordures. Une écre^sse de six à sept ans n'est encore, selon les pécheurs, qu'une écrevisse de grandeur médiocre. Quand elles vieiHisseut, il se forme dans la région de leur estomac deux espèces de petites pierres, qu'on appelle improprement yeux (Técrevissê.
On reconnaît une écrevisse femelle aux lames transversales de sa queue, qui sont toujours beaucoup plus larges que chez les écrevisses mâles. De plus, les femelles ont, vers l'extrémité des barbes, sous la queue, de petits filets auxquels les œufs sont attachés en jan« vier, février et mars.
La mue ne se fait jamais avant le mois de mai ni après celui de septembre. Les écrevisses cessent de prendre de la nourriture solide quelques jours avant leur dépouillement : alors, si on appuie le doigt sur Técaille, elle plie; ce qui prouve qu'elle n'est plus soutenue par les chairs. Après de longs efforts entrecoupés de moments de repos, l'écrevisse se retire de dessous la grande écaille, et aussitôt elle se donne brusquement wi mouvement en avant, étend la queue, et la dépouille
ÉGREYISSE. 110
de toute la carapace. Cette opération est violente ; c'est un moment critique qui fait périr beaucoup d'èerevisses ; celles qui y résistent restent très-faibles pfuidant quelques jo.urs. Après ce grand travail , leurs jambes sont molles, et l'animal n'est recouvert que d'uoe membrane, qui en vingt*quatre heures devient une nouvelle écaille solide et presque aussi dure que Tancienne; au moins elle est capable de mettre l'animal à l'abri de fiout ieboc.
On trouv/e les écrevisses principalement dans les eaux courantes et pierreuses des montagnes; on les trouve aussi dans les lacs et étangs; mais leur chair n'est pas aussi bonne que celle des écrevisses péchées dans les ruisseaux.
11 est très- difficile de peupler d'écrevisses un ruisseau, et encore plus un réservoir; elles sont très-délicates sur la nature de l'eau. On en a vu qui, à la suite d'un changement, sortment de l'eau, ce qu'elles ne font pas ordinairement, et venaient mourir sur la terre en cherchant une eau qui leur convint mieux. C'est surtout quand on veut les faire passer d'une eau vive à une eau stagnante que l'on éprouve des difficultés, et ce n'est qu'à force d'en sacrifier qu'on réussit à en accli* mater quelques-unes; elles multiplient assez, mais néanmoins leur nombre se borne suivant la nourriture qu'elles peuvent se procurer. Il parait également qu'elles ne sont bonnes à manger qu'après leur huitième année.
Voici une sottise qui se trouve consignée dans un grand nombre de livres :
Pour faire naître des écrevisses partout où Ton veut, il faut prendre un quarteron d'écrevisses, les mettre dans un pot neuf bien luté, ensuite les mettre au four pendant trois ou quatre cuissons de pain, afin qu'elles soient bien pulvérisées; prenez de cette poudre, et faites-en de la pâte avec de la mie de pain; et, lorsque vous voudrez avoir des écrevisses dans un ruisseau ou rivière, étang ou autre lieu, jetez de cette pâte dedans, et il y en naîtra au bout de trois semaines.
EMPILES ou PILES.
Ce sont des lignes déliées , ordinairement doubles, auxquelles on attache un haim, et qui s'ajustent aux * lignes ou cannes. On les appelle dans la Méditerranée bresseaux.