‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 69 sur 159 · ÉQUILLE · texte numérisé non relu

ÉQUILLE

Petit poisson excellent en friture. Il se cache souvent dans le sable, où on le prend à la marée basse avec des fourches, des bêches, des charrues. Hais une fois déterré, il n'est pas pris pour cela, il saute, s'échappe et rentre dans le sable, même assez dur, avec une grande rapidité.

Les pécheurs prétendent l'avoir quand il s'ensable; c'est une erreur* J'ai va leurs prévisions preâqixe low-

M6 DIGTIOMNiJRE DU PÉCHEUA.

jours trompées. C'est pour éviter un ennemi ou pour atteindre une pcoie, sans doute, qu*il agit ainsi. C'est une pèche très-amusante et qui se fidt i pieds secs.

(Yoir Lauron).

ESPADON ou poisson A SQE.

Serra,

L'espadou est rangé au nombre des ennemis de la baleine, quoiqu'il en sdt une espèce particulière. Sa tète est armée d'une défense osseuse, longue, plate et pyramidale. On lui a donné souvent les noms de poisson à scie, épée de mer, héron de mer, poisson empereur; il est plus connu sous le nom d'espadon. Il porte au-devant de la tète une espèce d'épée ou de scie dentelée des deux côtés ; cette scie est longue d'une aune, recouverte d'une peau dure, et armée de piquants en forme de dents, plais et tranchants.

Quoique l'espadon n'ait que neuf ou dix pieds de longueur, il se rend formidable à la baleine ; il la poursuit sans relâche. La baleine, qui n'a que sa queue pour défense, tâche d'en frapper son ennemi. Si elle l'attrape elle l'écrase d'un seul coup ; mais l'espadon, plus agile, évite ordinairement le coup mortel. A l'instant il bondit eu Fair, retombe sur la baleine et tâche non de la per-

cer, mais de la scier avec les dents dont sa scie est armée. La mer est bientôt teinte du sang qui sort des blessures de la baleine.

Je parle sommairement des poissons que vous n*avez que peu ou point de chances de rencontrer.

Sturio. — EitourgeoUf dans plusieurs départemenU méridionaux de France. — Sturium, dans d'autres. — Créac, dans d'autres. — PûrceikiOf en Italie. — The iturgeon, en Angleterre. — Stent, en Flandre.

La couleur de l'esturgeon est bleufttre, avec de petites tadies brunes sur le dos et iioires sur la partie inférieure du corps. 11 devient très-grand, et, lorsqu'il a atteint tout son dè¥eioppement, il a plus de dix-huit pieds, ou de six mètres de longueur.

Cet énorme cartilagineux habite non-seulement dans rOcéan» mais encore dans la Méditerranée, dans la mer Rouge, dans le Pont-Euxin, dans la mer Caspienne. Mais, au lieu de passer toute sa vie.au milieu des eaux salées, comme les raies, les squales, les lophies, les balistes et les diimères, il recherdie les eaux douces, comme le pétromyzourJamproie , lorsque le printemps arrive. Quand le bes(»n de pondre m de féconder ses œ\xl% \^

m DIGTIOMMAIRE DU PÊCHEUR.

presse, il s'engage alors dans presqpié tous les grands fleuves. Il remonte particulièrement dans le Volga, le Tanaîs, le Danube, le Pô, la Garonne, la Loire, lé Rhin, TElbe, roder. On ne le voit même le plus souvent que dans les fleuves larges et profonds.

Il grandit et engraisse dans ces rivières fortes et rapides, suivant qu'il y rencontre la tranquillité, la température et les aliments qui lui conviennent le mieux ; et il est de ces fleuves dans lesquels il est parvenu à un poids énorme et jusqu'à celui de mille livres, ainsi que le rapporte Pline de quelques-uns de ceux que Ton voyait de son temps dans le Pô.

Lorsqu'il est encore dans la mer ou près de l'embouchure des grandes rivières, il se nourrit de harengs ou de maquereaux et de gades ; et lorsqu'il est engagé dans les fleuves, il attaque les saumons, qui les remontent à peu près dans le même temps que lui et qui ne peuvent lui opposer qu'une faible résistance. Comme il arrive parfois avant ces poissons dans les parties élevées des rivières considérables, ou qu'il se mêle à leurs bandes, dont il cherche à faire sa proie, et qu'il parait semblable à un géant au milieu de ces légions nombreuses, on Ta comparé à un chef et on Ta nommé le conducteur des saumons.

Il dépose dans les fleuves une immense quantité d'œufs et sa chair y présente un degré de délicatesse très-rare, surtout dans les poissons cartilagineux ; elle ressemble à celle d'un ieune Neau«

L'esturgeon peut être gardé liors de Teau pendant iisieurs jours sans périr.

On en présenta un à François P% qui était long de i-huit pieds.

On donne le nom de caviar ou kaviac aux œufs de ssturgeon, que Ton prépare aussitôt après la pêche, a les lavant bien dans du vin blanc et en ôtant certains gaments dans lesquels ils sont entremêlés et la pellicule m les enveloppe ;^on les fait un peu sécher au soleil, m les met ensuite avec du sel dans un vaisseau percé le petits trous; on les y écrase avec la main; lorsque toute rhumiditc superflue est bien dissipée, ce' caviar doit ^e d'un brun rougeâtre. On le met en galettes épaisses d'un doigt et larges comme la paume de la mmn, puis on l'arrange dans des barriques et on l'moie en divers lieux éloignés de la mer, où on trouve cette denrée excellente. Le caviar forme une branche considérable du commerce des Hollandais. On en porte surtoat beaucoup aux Moscovites, qui en font un trèsgnoid usage dans leurs trois carêmes, qu'ils observent Hs-scmpuleusement. Les Russes nomment cet alim^t bworûciart; Ils y mêlent souvent du poivre et de Toi* gnon avec de l'huile et du citron. Les Italiens regardent k caviar comme un manger fort délicat ; on prétend cependant qu^il est malsain et fiévreux.

à un géant au miliou '^ comparé à un cliot e^ saumons.

Il dépo<o dans « d'œufs et sa cliai; ■ trés-raro, surtout <* iY?5seinble à ceV

!2-: DICTIONNAIHE DU riy.TT —

presse, il sVngaje alors dans pi!-- Ilenves. 11 remonte parliruliii-:.

Tanais, le Danube, le Pô. la Cifwnr^ l'Elbe, rOiit^r. On n.^. le vuil ]• .. dans les tleuves larges et profonds

Il iTandit el engraisse dans rp« î • ~ pidesj suivant qu'il y rencontre In •"* ^ nture el les aliments qui lui convu»: « tst de ces fleuves dans lesquels u r-- ■ - tr-. énorme et jusqu'à celui de mille. .*•.•^- ii on porte Pline de quelques-uns a^î •'. • ' :iion' son temps dans le Pu. ^no

Lorsqu'il est encore danî> li: ?• • -■ ^in

chnre des grandes rivières. • de maquereaux et d.» l les fleuves, il att.Kpi ■ peu près dans le nu'i/ lui opposer qu'nii' parfois avant ces \ rivières considérable^. "•" dont il cherche à faire «--^

.VI» net

•fc . .j"

- : Midre, à la mer dans lés ^ndre les tm*l)ols, les raies, etc.

FILKT.

r mrjyen de conserver un filet est de le iiîlr"; non-seulement il dure alors davantage, pouvante moins le poisson.

trois sortes de teintures qu'on peut employer lorer les filets. La première et la plus commune de la feuille morte ; on la fait avec du tan, dont !urs accommodent leurs cuirs, ou bien avec de de chêne ou de noyer. Voici la composition de *niére teinture : on prend de Fécorce de noyer êne, on la coupe par morceaux de la grandeur doigts; sur deux boisseaux de cette écorce, on i seaux d*eau, et on fait bouillir le tout ensemace d'une heure ; on place ensuite les filets au vaisseau, en rapportant par-dessus tous les morl'écorce, et on }e$ laisse tremper vin^-qa^Vte

heures dans cette teinture ; on les retire, ensuite on les tord, et on finit par les étendre, afin de les sécher. Depuis quelques années, les gécheurs à la mouche se servent de cachou ; cette préparation demande beaucoup moins de temps et de soins. On trouve le cachou chez tous les droguistes. La seconde teinture est d'un jaune sale ; elle se fait avec Fherbé qu'on nomme chélidoine : on la prend à poignée, on en frotte le filet partout, comme si on le savonnait, et, quand il est sec, il est de la couleur de Torange pâle. La dernière couleur en usage est le vert ; elle se fait avec du blé vert, haché et pilé en bouillie, dont on frotte le filet partout ; ensuite on laisse Tun et l'autre pêle-mêle tremper l'espace de vingt-quatre heures. La teinture ne suffit pas pour conserver des filets, il faut encore d'autres précautions : quand ils sont mouillés, il faut se hâter de les étendre à l'air pour les faire sécher ; il faut éviter aussi de les bis* ser, dans les chaleurs de Tété, au fond de l'eau une nuit entière ; l'air les attendrit alors et les dispose à se rompre facilement. 11 n'en est pas de même des saisons fraîches, où on peut les laisser dans l'eau deux nuits impunément. Une faut jamais manquer de laver les filets

qu'on destine pour la pêche, quand on les retire de l'eau, surtout quand ils y ont passé la nuit ; ils y ramassent une espèce de crasse qui les ronge peu à peu. Les filets doivent être suspendus en l'air, au milieu d'un bois et non proche d'un mur, pour éviter les coups de dents de la souris, Il faut aussi se hâter de les rhabiller dès qu'il

manque la moindre maUle; uâ peu d'attention prolonge ftûigtiliërement leur durée.

FLETAN.

Hippoglossus,

Poisson de la forme d'une limande qu'on trouve sur les côtes de TOcéan. Sa taille et sa conformation lui donnent un air monstrueux ; sa bouche tortue est armée d'un double raiig de dents courbées et pointues, sa langue est hérissée au fond du palais de petits aiguillons, sesonles ont aussi des piquants et par-dessus trois enceintes d'oreilles. Ce poisson, destitué d'une vessie propre i contenir l'air, ne peut s'élever qu'avec peine sur l'eia et nage difficilement. En revanche, il a devant les yeux une espèce de voile qui le garantit contre les aspé* n^ du sable, lorsque la crainte d'être agité par les flots l'oblige à s y enterrer pendant la tempête. Ce poisson, dsnslamer d'Allemagne, pèse environ cent vingt livres; ^ui qu'on prend aux environs de l'Islande pèse jusqu'à Vuttre quintaux. Le flétan est commun en Hollande. Sa dudr est de bon goût, mais indigeste. On prépare, dans ^ basse Saxe, avec les nageoires de ce poisson un ali- BKnt propre pour les estomacs robustes, qu'on nomme ^fo» rekel. Cesaai les Norvégiens qui font le meiWeut

iSi DICTIONNAIRE DU PÊCHEUR.

raf. Us pèchent le fléiau pendant la nuit et iaaàUàât' ment après la pèche du cabillaud. Ce travail dure jnsfu'i la iSn de juin. Les Français qui font des expéditions pou la pèche de la morue préparent aussi du raf avec lei nageoires de flétans de Terre-Neuve, où l'on en prem beaucoup.

Page 1