TITRE PREMIER
« Art. 1^'. Le droit de pèche sera exercé au profit de Ittat:
> i' Dans tous les fleuves, rivières, canaux, contrefosses navigables ou flottables avec bateaux, trains ou raideaux et dont l'entretien est à la charge de TËtat ou de ses ayants cause;
» 2° Dans Jes hras, noues, boires et fossfe» qvx\ VVc^^V
leurs eaux des fleuves et rivières navigables pu flottable^ dans lesquelles on peut en tout temps passer ou pénèlref librement en bateau de pêcheur et dont l'entretien est également à la charge de l'État.
» Sont toutefois exceptés les canaux et fossés exie tants, ou qui seraient creusés dans les propriétés particulières et entretenus aux frais des propriétaires.
» Art. 5. Tout individu qui s^e livrera, à la pêche sui les fleuves, et rivières navigables ou flottables, canaux, ruisseaux ou cours d*eau quelconques, sans la permis^ sion de celui à qui le droit de pèche appartient, sera condanmé à une amende de 20 francs au moins et des 100 francs au plus, indépendamment tm& dommages* intérêts.
» 11 y aura lieu, en outre, à la restitution du prix du poisson qui aura été péché en délit, et la confiscation des filets et engins de pêche pourra être prononcée.
» Néanmoins, il est permis à tout individu de pêcher à la ligne flottante tenue à la main dans les fleuves, rivières et canaux désignés dans les deux paragraphes de l'article 1*' de la présente loi, le temps du frai excepté.!
Ce dernier paragraphe établit d'une manière formelle une faveur gratuite pour tout le monde. Ainsi, excepté pendant le temps du frai, qui varie dans chaque département du 1^' avril au 15 juin, et pour les truites de octobre à janvier S chacun peut pêcher avec une ligne
* Lorsqu'il y a deux temps de frai, ce qui a lieu dans, toutes les rivières à truites où Fon trouve aussi d'autres poissons, si le fermier
INSTRUCTION SUR LA LIGNE FLOTTANTE. lOi
flottante. La loi ne dit pas ce que c*est qu'une ligne flottante, mais les tribunaux ont tranché toutes les difficultes inventées par les gardes trop zélés des fermiers
de pêche.
Article 3 du règlement du préfet de la Seine.
« Ne pourront être péchés et seront rejelés en rivière: !• les truites, carpes, barbeaux, ombres, brèmes, brochets, meuniers ou che vannes ayant moins de 160 millimètres entre Foeil et la naissance de la nageoire de la queue; 2* les tanches, perches, gardons, lottes et autres ayant moins de.i55 millimétrés, également entre l'œil et la naissance de la queue ; 3® et les anguilles ayant moins de 75 millimètres de tour au milieu du corps.
Sixièrne défense de Vart, 7 du règlement du préfet de la
Seine.
« Il est défendu d'enivrer et faire mourir le poisson en jetant dans l'eau des drogues et substances nuisibles, telles que chaux, noix vomique, momie, tithymale, sucs infects de lins et de chanvres rouis et autres. »
Comme on le voit, les amorces de fond, telles que les
■opposée ce que Ton pêche la truite à la ligne pendant les mois d avril, de mai et de juin, temps du frai des autres poissons, j'en- ^%^ les amateurs à faire une réclamation à la préfecture de leur dé- P^flemenl, et il y sera sans doute fait droit. Pareille demande a été A^iresiée i la préfecture du département de la Manche, et un ivovi- 'citt règlement au i5 Juin 1849 leur a donné satisfadion.
asticots, des vers méiés de terre, du sang, des cerises, du blé, toutes choses que le poisson recherche et dont il Eût sa nourriture, ne sont pas défendues. On peut mettre à sa ligne plusieurs hameçons et les amorcer avec toutes sortes de vers, insectes, pâtes et aliments quelconques qui ne contiennent rien de nuisible au poisson. On peut même, pour prendre le brochet, la perche, la truite et quelques autres espèces, amorcer avec une ablette, un goujon ou un vairon morts ou vivants. Dans tous les départements où la pêche au vif n'est pas défendue par le règlement de préfecture, on peut pécher au vif sans payer. C'est Une ligne flottante comme une autre si on la tient à la main.
Définition de la ligne flottante.
On entend par ligne flottante une ligne tenue à la main qui suit le cours de Teau et qui impose au pécheur Tobligation de guetter l'instant où le poisson mord.
J'en distingue trois espèces :
La première, dite ligne au coup , est garnie d'une flotte ^ qui soutient la bannière ou corps de ligne sur Teau et lui permet de suivre le courant sans s'accrocher au fond. La flotte est adaptée au corps de ligne par un ou deux anneaux en plume qui la laissent monter ou
* Il y a des Hottes de beaucoup de sortes : en plume, en liège, en porc'épic, en bambou, etc.
ils ne seront pas exempts de jeter encore quelques pebtes pendant leur pèche et surtout à leur arrivée ; mais ils en jetteront moins alors pour ne pas rassasier le poisson.
11 faut jeter les amorces par morceaux plus ou moins gros, selon que le courant est plus ou moins rapide; obsenrez aussi de les jeter un peu au-dessus pour qu elles 8e rendent au fond en face de vous. Les poissons étant ennemis du froid et du vent, remplacement le plus agréable au pêcheur est souvent aussi le plus favorable à la pêche. Presque tous les poissons recherchent le soleil, surtout au printemps ; placez-vous à Tabri d'un grand chapeau de paille : il est à observer toutefois que, pendant la saison d*été, le milieu du jour n'est pas le moment propice pour prendre beaucoup de poisson. Tant que vous n'en prendrez que des petits ou des moyens, vous les tirerez facilement de l'eau ; mais, si TOUS avez le bonheur d'en piquer un gros» c'est alors que vous devez déployer toute votre adresse.
Aussitôt que vous av^ez donné le coup pour ferrer, élevez votre scion, tendez votre ligne, que votre canne décrive une courbe en suivant le mouvement du poisson, ne cherchez pas à Tamener à fleur d'eau, laissez-le se fatiguer au fond, ne vous pressez pas de chercher à le voir ; que votre ligne ne soit jamais lâche, car il s'élancerait et vous démonterait, observez bien surtout de oe jamais incliner la canne, vous n'auriez plus alors 'élasticité du scion pour soulager la ligne, et si le pois-
et le plus souvent en un ou deux crins au plus dans le corps de ligne. On la garnit de quatre ou cinq hame* çons très-fins placés à 33 centimètres (1 pied) les uns des autres. Au-dessus de l'hameçon du haut, et tout près du nœud qui l'attache à la ligne, on met un petit i plomb de chasse n^ 6, et à 50 centimètres (18 pouces) ' au-dessus du plomb, une petite plume, comme nue plume de pigeon ou de corbeau. Dans ce genre de pèche, ce n'est pas la plume qui indique que le poisson mord, c'est au mouvement continuel que Ton imprime à sa ligne, en la ramenant sans cesse contre la courant, que Ton s'aperçoit que Ton tient un poissoD» quand même ce serait le plus petit vairon.
La pêche à fouetter demande une grande quantité^ d'amorces ; il faut, si Ton veut faire bonne pèche, & tous moments jeter par petites pincées, pour faire re-^ monter le poisson, des asticots mêlés de crottin, de marc^ de raisin, de son ou de pain de chènevis en poudre.
La troisième sorte de ligne flottante est la ligne âila volée ; elle peut se subdiviser elle-même en deur. catégories : la première pour les mouches artificielles, la seconde pour les insectes naturels. On y prend principalement la truite et le chevanne dit meunier.
Pour la mouche artificielle, on se sert d'une canne à moulinet et d'une très-longue Hgne, laquelle n'a ni plomb ni flotte. La canne, longue de 4 à 5 mètres (12 à 15 pieds), est garnie de petits anneaux. La ligne doit avoir de 20 à 30 mètres (60 à 90 pieds) ; elle est faîte
INSTRUCTION SUR LÀ LIGNE FLOTTANTE. i05
n queue de rat, enroulée sur le moulinet fixé au bas le la canne et passée dans tous les anneaux.
La canne doit être très-flexible pour lancer plus loin
1^ mouches. Au bout de la ligne, ou ajoute un avan-
çon ou bas de ligne (en boyaux de vers à soie et long
d*environ 2 mètres (6 pieds) ; ce bas de ligne, ainsi que
la ligne et les mouches, est bouclé à chaque extrémité
(K)ur s^adapter sans nœud au bout Tun de Fautre.
le pécheur doit avoir une collection de mouches artificielles dans un portefeuille, pour choisir le modèle (pi ressemble4e plus à celles qui volent sur Teau et dont il doit attraper ime au bord. Cette pèche se fait de mars à octobre. En marchant et en descendant le cours des rivières, le pécheur avec son panier sur le dos, sans aucun embarras, parcourt en s'amusant plusieurs lieues de rivière et revient rarement sans une heureuse capture. On ne saurait trop recommander à c^ux qui la pratiquent d'éviter tout bruit et de ne s'avancer que le moins possible sur le bord. La mouche artificielle, pour simuler la mouche naturelle, doit tomber mollement sur Feau ; le pêcheur doit Tagiter un peu en faisant trembler légèrement la canne, et dès qu'il voit nu)rdrele poisson ou qu'il sent la secousse qu'il imprime i son bras en saisissant la mouche, il ne peut jamais être ^ leste à piquer. Par un temps variable, orageux, ac- ^pagné d*un peu de vent, vous pouvez pêcher toute 1b journée; par un temps clair et chaud, péchez de préface le matiq et le soir.
im DTGTIONHAIRE DU PÉGUEUR.
La seconde ligne à la volée se fait comme la ligne au coup, elle doit être très-longue; on la garnit d'an bouchon et de plusieurs petites plumes placées à an mètre (3 pieds) les unes des autres. Avec de la mie de pain et avec les insectes qui se soutiennent sm* Teau, on pèche à la surface ; mais avec des cerises ou. du raisin, on doit donner 50 à 60 centim. (18 à 22 pouees) de fond. La canne doit être très-longue. Une fois la ligne lancée au large, on suit le cours de Teau en laissant filer sa ligne bien loin devant soi.
Une autre ligne sans plomb ni flotte* est encore employèe avec beaucoup de succès, c'est la ligne à la surprise. Dans les rivières ombragées d'arbres, passez don- ] cernent votre ligne entre les branches et laissez tomber légèrement une mouche ou une sauterelle ; au même moment elle sera saisie, si le poisson ne vous a pas im. Quand vous voyez les poissons, vous pouvez mèm^ choisir les plus gros. Si votre amorce est naturelle et vivante, laissez-la tomber devant lui ; si c'est une amorcjc artificielle, faites-la plutôt tomber derrière lui, et il ^^ retournera précipitamment, de peur qu'elle ne I*^* échappe. En s'approchant à plat ventre des bords où ^^ n'y a pas d*arbres, on y peut pêcher aussi de la mto^^ manière.
Ces lignes, telles que je viens de les décrire, sont d^^ puis un demi-siècle employées en France et afflranchie^ de tous droits. Les gardes de l'administration ou de^ particuliers n'étant autorisés à saisir que les instrumenta
)ndiibés, toutes les personnes qui se conformeront aux ois et règlements sur la pêche, et aux instructions n^tionnées dans ce traité, n'auront jamais à craindre mcuns frais ni la saisie de leurs ustensiles. Tout garde- )êche est porteur d'une plaque qui le fait reconnaître 3t qu'il doit exhiber en abordant le pêcheur à qui il l'adresse. Nous avons dit plus haut que les tribunaux avaient prononcé sur beaucoup de questions relatives à l'interprétation de la ligne flottante et suscitées par l'imagination inventive des gardes-pêche.
Voici celles résolues jusqu'à ce jour : 1® La ligne flottante peut avoir plusieurs hameçons, le nombre n'en est pas limité. (Décision du tribunal correctionnel de Versaillesy 24 décembre 1844; Cour {appel de Paris^ 21 mai 1851.)
2' On peut pêcher aussi bien en bateau que sur les bords de Teau avec une ligne flottante, pourvu toujoors qu'on la tienne à la main. (Cour d'appel^ 28 décembre 1835.)
3* On peut pêcher avec un ver ou un insecte vivant, ib ne sont pas considérée comme amorce vive ; ce nom peut s'appliquer seulement aux petits poissons servant ^'amorces. (Tribunal d' Arcis-mr-Aube^ 15 septembre 1M4.)
Enfin le compte rendu ci-dessous prouve qu'on peut Pocher aussi bien au fond qu'au milieu et à la surface ^Teau, que l'on ^eut mettre du plomb en telle quantité cpe Ton veut, pourvu qu'il soit supportfe ^^t \^
168 DICTlOMMàlRE DU PÊCHEUR.
bouchoa et qu'il n'empêche pas la ligne de suin« le cours de Teau.
Voici le compte rendu du Constitutionnel du 21 mai 1851 :