‹ La pêche en eau douce et en eau salée: histoire, mœurs, habitudes desChapitre 115 sur 148 · PERCHE · texte numérisé non relu

PERCHE

poissons très-jeunes ou très-faibles, mais encore sur des campagnols aquatiques, des salamandres, des grenouilles, des couleuvres encore peu développées. Il se nourrit aussi quelquefois d*insectes; et, lorsqu'il fait très-chaud, on le* voit s'élever à la surface des lacs ou des rivières, et s'élancer avec agilité pour saisie les cousins qui se pressent par milliers au-dessus de ces rivières ou de ces lacs.

La perche est môme si vorace, qu'elle se précipite fréquemment et sans précaution sur des ennemis dangereux pour -elle par leurs armes, s'ils ne le sont par leur force. Elle veut souvent dévorer des épinoches ; mais ces derniers poissons , s'agitant avec vitesse , font pénétrer leurs piquants dans le palais de la perche, qui dès lors, ne pouvant ni les avaler, ni les rejeter, ni fermer sa bouche, est contrainte de mourir de faim.

Lorsqu'elle peut se procurer facilement la nourriture qui lui est nécessaire, ^t qu'elle vit dans les eaux qui lui sont le plus favorables, elle est d'un goût exquis. Sa chair est d'ailleurs blanche, ferme et très-salubre. Les Romains la recherchaient dans le temps où le luxe de leur table était porté au plus haut degré; et le c.onsul Âusone, dans son poème sur la Moselle, la compare au mulle rouget, et la nomme déUces des festins. Les perches du Rhin sont particulièrement très-estimées. Un ancien proverbe, très-répandu en Suisse, prouve la haute idée qu'on a toujours eue des qualités agréables et salutaires de ce poisson, et on a fait pen-

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dant longtemps, à Genève, un mets très-délicat de trèspetites perches du lac Léman, que l'on appelait' mil/dcantons lorsqu'on les avait ainsi préparées.

PICOTEUX. .

Petits bateaux de la côte de basse Normandie qui n'ont que treize pieds de longueur, et dans lesquels il ne peut tenir que deux ou trois hommes : ils sont pointus par les deux bouts, et n ont ni avant ni arrière, ce qui est commode pour les échouages; on n'a pas besoin de retourner le canot pour le remettre à l'eau. — C'est aussi un petit filet en tramail qu'on tend, et autour duquel on bat l'eau pour engager le poisson à donner dedans.

PITZKER.

Misffumus fbisilis. — Jjoche d' étang ^ en France. — FisQurUy en Allemagne. — Pritzher ovLpitzker, ou peisskeft ibid.-^ MUtgum, en Angleterre. — CobUis fossilUf Linné.

Ce poisson habite dans les étangs : on ne le voit du moins dans les lacs et dans les rivières que lorsque le

; PME. Uj

fond en est vaseux. Il perd difficilement la vie. On le rencontre souvent dang les cavités de la terre humide qui faisait le fond d'un marais, ou d'un étang dont on vient de faire écouler Teau. C'est ce qui a fait croire à quelques auteurs qu'il s'engendrait dans la terre, et qu'il n'allait dans les rivières ou les lacs que lorsque les inondations l'atteignaient dans son asile et l'entraînaient ensuite. C'est aussi ce qui lui a fait donner le nom de fossile. Il parvient à la longueur de trois ou quatre décimètres, et quelquefois il a montré celle de onze ou douze. Sa chair est molle, imprégnée d'un goût de marécage, et enduite d'un suc visqueux. Son dos est noirâtre; il est orné de raies longitudinales jaunes et brunes, sur lesquelles on aperçoit quelques taches. Son ventre brille d'une teinte orangée que relèvent des points noirs. Les joues et les membranes branchiales sont jaunes et parsemées de taches brunes. La dorsale, les pectorales et la caudale montrent des taclies noires sur un fond jaune. Les ventrales et l'anale sont jaunes ou jaunâtres. .

C'est un des poissons que M. Valenciennes a eu l'idée d'acclimater en France. Cette fois l'idée lui appartient ; Lacépède ne l'avait ni eue ni indiquée : il n'y a pas besoin de dire pourquoi.

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