‹ La pêche en eau douce et en eau salée: histoire, mœurs, habitudes desChapitre 116 sur 148 · PLIE · texte numérisé non relu

PLIE

Pleurotiêctes platessa, — HotatU, à Bordeaux. — Pleisây en Anglelerre. — Platteis, en AUemaçne, — Seholle, en Hollande.

-C'est un poisson de mer plat, à nageoires molles.

La plie est bonne à manger, mais moins agréable au goût, moins tendre et moins délicate que la sole et la^ limande ; elle est moins recherchée. Elle habite dans la Baltique, dans l'Océan boréal, et dans plusieurs autres mers.

On a cru pendant longtemps, sur quelques côtes de France et d'Angleterre, que la plie était engendrée par un petit crustacé nommé chevrette ou crevette, de même qu'on croit encore que les macreuses sont poissons avant d'êlre oiseaux. On distingue deux espèces de ce poisson, savoir, la grande et la petite, qui est parsemée de taches jaunes ou rougeâtres. Celle-ci est le carrelet. La grande plie y ou plane, ou platuse, est plus large que la sole. Ce poisson a les yeux sur la partie de dessus, qui est brune; ses nageoires font le tour de son corps; sa queue est large; de la tète à la queue, il y a un trait un peu tortu par le milieu du corps ; sa bouche est petite et sans dents. La plie entre dans les étangs de mer, et quelquefois dans les rivières

fangeuses. On en pêche en quantité dans Tétang de Montpellier, dans la Loire et dans l'Océan.

Quand la plie aperçoit les pêcheurs, elle trouble Teau et se cache dans la vase. Sa chair est blanche, molle et d'un assez bon suc. On prend la pUe à la senne, m tramail et au chalut. La phe mord rarement à l'hameçon, de même que la sole. Cependant j'en ai vu prendra ainsi. La limande, au contraire, mord très-bien à l'hameçon. On amorce dans ce cas avec la pelouse, insecte de mer à pattes multiples, que l'on trouve sous les pierres à la marée basse.

Hffja. — Clavelade, dans plusieurs départements mériodionaux. Raja clavata.

Poisson plat, large, cartilagineux. On en distingué ^différentes espèces. En général, les raies sont des poissons sans nageoires au corps, et qui nagent à plat sur leur largeur; ils ont à la queue, des piquants semblables à ceux de ronces.

La raie bouclée ou la raie clouée a le bec plus court et moins pointu; on la nomme bouclée ou clouée, parce que ses aiguillons ont la figure de clous ; elle a un rang de piquants courbés sur le dos, ^ trois autres

248 DICTIONNAIRE DU PÊClIEUn.

à la queue ; son foie est gras et délicat. La peau du dos est noire.

La raie-aigle est très-grande ; elle a la tête beaucoup plus distincte du corps que presque toutes les autres parties du même genre; elle a des yeux assez gros et très-saillants. Sa queue ne présente qu'une petite nageoire dorsale placée au-dessus de cette partie, et beaucoup plus près de son origine que de lextrénuté opposée. Entre cette nageoire et le petit bout de sa queue, on voit un gros et long piquant, ou plutôt un dard très-fort, et dont la pointe est tournée vers Textrémité la plus déliée de la queue. Ce dard est un peu aplati et barbelé de deux côtés, comme le fer de quelques espèces de lances ; les pointes dont il est hérissé sont d'autant plus grandes qu'elles sont plus près de la racine de ce fort aiguillon ; et comme elles sont tournées vers cette même racine, elles le rendent une arme d'autant plus dangereuse qu'elle peut pénétrer facilement dans les chairs, et qu'elle ne peut en sortir qu'en tirant ces pointes à contre-sens, et en déchirant profondément les bords de la blessure. Lorsque cette arme particulière est introduite très-avant dans la main, dans le bras, ou dans quelque autre endroit du corps de ceux qui cherchent à saisir la raie-aigle, lorsque surtout elle y est agitée eu différents sens, et qu'elle en est h la fin violemment retirée par des efforts multipliés de ranimai, elle peut blesser le périoste, les tendons ou d'autres parties plus ou moins dëUcates, de manière

i produire des inflammations, des convulsions et d'autres symptômes alarmants. Ces terribles effets ont été regardés comme les signes de la présence, d'un venin des plus actifs; et, comme ce n'était pas assez que d'attribuer à ce dangereux aiguillon, dont la queue de la raie-aigle est armée, les qualités redoutables, mais réelles, des poisons, on a bientôt adopté sur sa puissance délétère les faits les plus n:)erveilleux , les contes les plus absurdes. On peut voir ce qu'ont écrit de ce venin mortel Oppien, Élien, Pline, car, relativement aux effets funestes que nous indiquons, ces trois auteurs ont entendu par leur pastinaqve ou leur raie trigone, non-seulemeut la pastinaque proprement dite, mais la raie-aigle, qui a les plus grands rapports de conformation avec cette dernière. Non-seulement ce dard dentelé a paru aux anciens plus prompt à donner la mort que les flèches empoisonnées des peuples à demi sauvages, non-seulement ils ont cru qu'il conservait sa vertu malfaisante longtemps après avoir été détaché du corps de la raie, mais que son simple contact tuait l'animal le plus dangereux, desséchait la plante la plus vivace. C'était l'arme terrible que la fameuse Circé remettait à ceux qu'elle voulait rendre supérieurs à tous leurs ennemis. Et quels effets plus redoutables, selon Pline, que ceux que produit cet aiguillon, qui pénètre dans tous les corps avec la force du fer et l'activité d'un poison funeste? — Cependant ce dard, devenu l'objet d'une si grande crainte, n'agit que mc'ciniquement sur

rhomme ou sur les animaux qu'il blesse. — La raie- ^ig!e est appelée coucou dans la Hanche. Aussitôt qu'elle est prise, les pécheurs se hâtent de couper cette arme justement redoutée.

RAMANDER.

Ramander un filet, c'est le radouber, le rétablii Rhabillei'^ raccommoder sont synonymes, et signifier le rajuster.

Page 1