RETS
Synonyme de filet ; on en tend sur des piquets, ou pierres ou flottés. Les rets à roc ou entre roches sont ceux qu'on tend entre les roches ; les rets à banc, cem qu'on tend entre les bancs. On nomme ansiers ceux qu'on tend dans les anses; rets sédentaires, ceuxcpri sont fixés en un lieu ; dénvanU ou floHants, mtand ils suivent le cours de Teati; J^ enceinte^ quand on en entoure un lieu où il y a du poisson ; on app Ile rets de gros fonds y ceux du genre des folles. Les pêcheurs disent abusivement tendre leurs, rets, quand ils mettent leur jteSfiure à la mer. — On ippelle appelets tcrat Tatlirail de poche, c*est-|i-dire filets, lignes, etc.
\ ROSERET.
iCtherina hepsetus, — Bosel. — Komahrenfischf en AUemagtie - Koorna airvichf en Hollande.
A Caen, on donne ce nom à un petit poisson qui a deux ailerons sur le dos. Le roferet est tout blanc, et sa chair est si transparente^ qu'on aperçoit la grande arête dé toute sa longueur; il est vrai qu'elle est brune
et assez ^osse, proportionnellement à la taille dti poisson. Les écailWsont petites, néanmoins épaisses, ce qui les rend sensibles; lés yeux sont grands et parfaitement ronds; les mâchoires sont garnies de denW extrêmement fines, que Ton sent pourtant aTec le doigt; la mâchoire d'en bas est un peu plus longue que la supérieure ; enfin la langue est pointue. Le goût de ce petit poisson est agréable; mais les pêcheurs Teinploient surtout pour amorcer Teuçs lignes à prendre du merlan dans la Manche. On l!appelle rosette.
Hubellio, .
On a souvent donné le nom de rouget ou rouge à des poissons d'espèces fort différentes, parce qu'on rangeait dans cette famille les poissons où le rouge était la couleur dominante; il en est résulté beaucoup de confusion.
On nomme, en beaucoup d'endroits, rouget, barbet, ou simplement rouget, le surmulet, qui ne ressemble point du tout aux rougets-grondins.
Quelques-uns comptent dix ou douze sortes de ces rougets-grondins; mais il faut remarquer que, si l'on a scrupuleusement égard à de petites variétés dans la cou-
leur, lesquelles dépendent souvent de Fâge des poissons, de la nature des eaux où ils ont vécu, et de la nourriture dont ils ont fait usage, on pourrait en augmenter beaucoup le nombre.
Le rouget-grondin est à peu près rond, à petites écailles et à arêtes; sa longueur ordinaire est celle des harengs; il y en a de plus petits et de plus gros.
Quoique ces poissons ne soient pas de passage, la saison où ils sont les meilleurs est le printemps et l'été, dans les mois de juin et de juillet, alors leur chair est blanche, ferme sans être coriace, et se lève par écailles. Ce poisson a encore l'avantage de n'avoir presque pas d'arêtes. C'est donc un fort bon poisson. Il faut remarquer que, quand il est cuit, ses couleurs se distinguent encore, quoiqu'elles soient plus ternes; au reste, il faut prévenir que ce que nous venons de dire des couleurs est sujet à. beaucoup de variations. — Sur les côtes du Havre, on en prend à la dreige; on en trouve dans les parcs et les filets tournants, et aussi aux cordes, pêle-mêle avec d'autres poissons, tels que les maquereaux, les merlans, etc. Ils sont fort communs en Provence et en Bretagne, tiuprès de Brest, où l'on en prend beaucoup avec des tramails; on s'établit pour cette pêche principalement depuis la pointe de Penmarck jusqu'à celle de Toulinguet, au dehors de Camaret.
Le rouget-grondin est de toute beauté dans l'eau ; lors même qu'il est tiré de l'eau, et que le soleil donne
dessus, on aperçoit des reflets de couleurs variées qui font le plus bel effet; il conserve ces couleurs assez longtemps, surtout lorsqu'il a été péché à la ligne ou au large. Comme tous les rougets n'ont pas ces belles couleurs, on en a voulu faire différentes espèces ; mais on a remarqué que les mêmes poissons péchés avec le filet de la dreige ou celui du chalut, ayant été froissés, fatigués et même meurtris, ont presque perdu leurs belles couleurs. Ce n'est pas tout : ceux qu'on prend au bord de la mer, dans les bas parcs, quoique meilleurs que ceux qui ont été fatigués dans les filets traînants, n'ont pas, à beaucoup près, des couleurs aussi vives et aussi séduisantes que ceux pris au large, surtout avec des haims : ceux-ci sont, sans contredit, les plus recherchés; ils ont, de plus, l'avantage de pouvoir être transportés assez loin. — Tous les auteurs et les pêcheurs parlent d'une espèce de ronflement ou de mugissement que font les poissons qu'on a nommés, pour cette raison, grondins. Les uns prétendent qu'ils font entendre ce bruit lorsqu'ils sont dans l'eau, rassemblés par bandes, et même quelques instants après qu'ils sont sortis de Teau; d'autres soutiennent que ce mugissement n'est sensible que quand on les tire de l'eau : c'est, disent-ils, un cri plaintif qu'on peut comparer à celui que font certains animaux terrestres, qui mugissent, comme l'on dit, entre leurs dents.