‹ La pêche en eau douce et en eau salée: histoire, mœurs, habitudes desChapitre 123 sur 148 · SAUMON. • Î · texte numérisé non relu

SAUMON. • Î

tique, particulièrement dans le golfe de Riga, au Spitzberg, au Groenland, dans le nord de l'Amérique, dans l'Amérique méridionale, dans la Nouvelle-Hollande, au fond de la manche de Tartarie, au Kamtscbatka» etc. Il préfère partout le voisinage des grands fleuves et des grandes rivières, dont les eaux douces et rapides lui servent d'habitation pendant une très-grande partie de Tannée; il n'est point étranger aux lacs immenses ou aux mers intérieures qui ne paraissaient avoir aucune communication avec l'Océan. On le compte parmi les poissons de la mer Caspienne, et cependant on assure qu'on ne l'a jamais vu dans la Méditerranée. Aristote ne Ta pas connu* Pline ne parle que des individus de cette espèce que l'on avait pris dans les Gaules ; et le savant professeur Pictet conjecture qu'on ne l'a point observé dans le lac de Genève, parce qu'il n'entre pas dans la Méditerranée, ou du moins parce qu'il y est très-rare.

n tient le milieu entre les poissons marins et ceux des rivières. S'il croît dans la mer, il naît dans l'eau douce; si, pendant l'hiver, il se réfugie dansTOcéan, il passe la belle saison dans les fleuves. Il en recherche les eaux les plus pures ; il ne supporte qu'avec peine ce qui peut en troubler la limpidité ; et c'est presque toujours dans ces eaux claires qui coulent sur un fond de gravier que l'on rencontre les troupes les plus nombreuses des saumons les plus beaux.

Il parcourt avec facilité toute la longueur des plus grands fleuves. 11 parvient jusqu'en Bohème par l'Elbe,

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en Suisse par le Rhin, et auprès des hautes Cordillères de TÂmérique méridionale par l'immense Haragnon, dont le cours est de quatre cents myriamètres.

Dans les contrées tempérées, les saumons quittent la mer vers le commencement du printemps ; et dans les régions moins -éloignées du cercle polaire, ils entrent dans les fleuves lorsque les glaces commencent à foudre sur les côtes de FOcéàn.

Ils redescendent dans la mer vers la fin de l'automne, pour remonter de nouveau dans les fleuves à rapproche du printemps. Plusieurs de ces poissons restent néan* moins, pendant l'hiver, dans les rivières qu'ils ont parcourues. Plusieurs circonstances peuvent les y déterminer ; et ils y sont forcés quelquefois par les glaces qui se forment à l'embouchure, avant qu'ils soient arrivés pour la franchir.

Lorsqu'ils nagent, ils se tiennent au milieu du fleuve et près de la surface de l'eau; et, comme ils sont souvent très-nombreux, qu'ils agitent l'eau violemment et qu'ils font beaucoup de bruit, on les entend de loin, comme le murmure sourd d'un orage lointain. S'ils veulent se dérober à quelque sensation incommode, éviter un danger, échapper à un piège, ils s'élancent avec tant de rapidité, que l'œil a de la peine à les suivre. On peut, d'ailleurs, démontrer que ceux de ces poissons qui n'emploientquetroismoisàremonter jusque vers les sources d'un fleuve, tel que le Maragnon, dont le cours est, conMnejeraidit,de quatre cents myriamètres, et dont le

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