SAUMON
courant est remarquable par sa vitesse, sont obligés de déployer, pendant prés de la moitié de chaque jour, une force de natation teUe, qu'elle leur ferait parcourir, dans un lac tranquille, quatre ou cinq mynamétres par heure ; et Ton a éprouvé, de plus, que, lorsqu'ils ne sont pas contraints à exécuter des mouvements aussi , prolongés, ils franchissent par seconde une étendue de huit métrés environ.
Les saumons ont dans leur queue une rame trèspuissante^ Les muscles de cette partie de leur corps jouissent même d'une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont pas pour ces poissons un obstacle insurmontable. Ils s'appuient contre de grosses pierres, rapprochent de leur bouche l'extrémité de leur queue, et font par là une sorte de ressort fortement tendu, lui donnent avec promptitude sa première position, débandent avec vivacité l'arc qu'elles forment, frappent avec violence contre l'eau, s'élancent à une hauteur de plus de quatre ou cinq mètres, et franchissent la cataracte. Ils retombent quelquefois sans avoir pu s'élancer au delà des roches, ou l'emporter sur la chute de Teau; mais ils recommencent bientôt leurs manœuvres, ne cessent de redoubler d'efforts qu'après des tentatives très-multipliées ; et c'est surtout lorsque le plus gros de leur troupe, celui que Ton a nommé leur conducteur, a sauté avec succès, qu'ils s'élancent avec une nouvelle ardeur.
ludépendamment de leur queue, longue, agile et vi-
goureuse, ila ont, pour attaquer ou pour se défendre, des dents nombreuses et très-pointues qui garnissent les deux mâchoires et le palais, sur chacun des côtés duquel elles forment une ou deux rangées.
Le temps de leur frai commence à une époque plus ou moins avancée de chaque printemps ou de chaque été, suivant qu'ils habitent dans des eaux plus ou moins éloignées de la zone glaciale. Les femelles cherchent alors un endroit commode pour leur ponte. Quelquefois elles aiment mieux déposer leurs œufs dans de petits ruisseaux que dans les grandes rivières auxquelles ils se réunissent, et elles paraissent chercher le plus souvent à déposer leurs œufs dans un courant peu rapide et sur du sable ou du gravier. Âpres le frai, les saumons, devenus mous, maigres et faibles, se laissent entraîner par les eaux, où vont d'eux-mêmes reprendre dans l'eau salée une force nouvelle.
Le jeune saumon grandit ensuite assez rapidement, et parvient bientôt à la taille de dix ou douze c^timètres. Lorsqu'il a acquis une longueur de deux ou trois décimètres, il jouit d'assez de force pour quitter le haut des rivières et pour en suivre le courant, qui le conduit vers la mer; mais souvent, avant cette époque, une inondation l'entraîne vers l'embouchure du fleuve.
Les jeunes saumons qui ont atteint une longueur de quatre ou cinq décimètres quittent la mer pour remonter dans les rivières; mais ils partent le plus