‹ La pêche en eau douce et en eau salée: histoire, mœurs, habitudes desChapitre 142 sur 148 · VIVE · texte numérisé non relu

VIVE

Trachinus vividus.

On a donné à ce poisson, comme à beaucoup d^autres, bien des noms différents : à Gênes, à Marseille, en Languedoc, on rappelle araignée, probablement parce que, regardant l'araignée comme venimeuse, on a jugé de même des piqûres de la vive, qui occasionnent de grandes douleurs. Comme ce poisson a le regard vif et farouche, on l'a aussi appelé draco marinn^; et la dénomination vive, que nous adoptons, vient probablement de ce que ce poisson vit assez longteitops hors de l'eau et qu'il donne encore des signes de vie après avoir été vidé, ou même lorsqu'on lui a retranché la tète. Dans les mois de juin et de juillet, il s'approche du rivage ; on en prend dans les manets qu'on tend pour la pèche des maquereaux. Quand il fait chaud, quelques-uns mordent aux haims; mais, l'hiver, ils se retirent dans les grands fonds, où ils s'assemblent, et il faut les y aller chercher avec des filets ou la dreige. Les plus grandes vives n'ont guère que seize ou dix-huit pouces de longueur totale ; les communes, onze ou douze. Ce poisson a la chair ferme, sans être coriace ; son goût est très-agréable. Sa peau est dure et sèche. Il a l'avantage de pouvoir être transporté assez loin et se conserve longtemps sans se

VIVE. t67

Lé8 pêcheurs hollandais portent au mardiè une grande quantité de*«e poisson; le peuple du pays en fait en partie sa nourritlire et lui donne le nom de pieterman, qui signifie homme de pierre. Ils donnent aussi ce nom à tous les poissons armés d'aiguillons. Les mômes pécheurs disent qu'une certaine humeur qui sort des arêtes tranchantes de la prenftière nageoire du dos de là vive est un poison. On prétend que les anciens n'ont nommé ce poisson dragon qu'à cause de ses grands et beaux yeux et de la piqûre de ses aiguill<ms, qui est très-dan«. gereuse, surtout de ce^x qui sont au haut du dos ; c'est pourquoi les pécheurs et les poissonniers ne manient le dragon de mer qu'avec précaution, ainsi que les cuisiniers. On le sert souvent sur les talfles, la tête coupée. Ces aiguillons sont la seule défense de la vive contre les pécheurs; s'ils en sont piqués, la partie s'enfle, et la tumeur est accompagnée ordinairement d'inflammation, de douleur et de fièvre. Ces aiguillons n'ont pas même perdu tout leur venin quand l'animal est mcHt, et, quand par hasard les cuisiniers en sont piqués, il leur arrive presque les mêmes accidents que si l'animal eût été vivant. C'est encore d'après eette singulière propriété qu'il est ordonné, par les règlements de police, aux pêcheurs et aux marchands de poissons de les couper. Le venin de cet animal n'existe que dans le mécanisme ou manière dont les piquants agissent.

Selon Lemery, le remède à ce mal consiste à se servir de matières acres et volatiles, etc., comme d'esprit-de-

Tin, d'un mélange d'oignon et de sel, on bien de la chair même de la vive. Selon H. Andry, il Mnit appliquer sur la blessure le foie écrasé de l'animal même.

VIEILLE ou VIELLE.

ÎMbrug vetula.

On pèche sur les côtes de Normandie et de Bretagne un poisson qu'on y nonmie vieille ou vielle^ vrac, carpe de mer. Les auteurs donnent ces différents noms au poisson dont il s'agit. Sa longueur ordinaire est de dix pouces u plus d'un pied,et sa largeur verticale de neuf à dix pouces. Sa couleur varie beaucoup; mais son dos est. en général, d'un jaune plus foncé que le reste du corps, qui est chargé d'écaiÛes,Ies unes blanches, les autres vertes. Le dessous du ventre est blanc, tacheté de jaune. Les écailles sont colorées de vert plus ou moins foncé avec des taches, les unes rouges, les autres jaunes tirant à la couleur d'or. Ces couleurs sont plus vives aux mâles qu'aux femelles, et on trouve que les mâles approchent plus de la couleur des carpes d'eau douce que les femelles.

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