ÉPINOCHE
Gastei'OBieas teracukatus. — Skitùfpigg, éh Suède. — SteéMèbùck, en Angleterre. — Épinard, dans quelques départements méridionaux de la France. — SteinUcker^ dans plusieurs contrées de l'Allemagne. — Ersskréfper^ dans quelques pays du Nord.
C'est dans les eaux douces de l'Europe que vît l'épinoche.
Ce gastèr^wlè est un des plus pcftfts poissons que l'on oonaaisse, à pdne parvient*»il à h Icm^oeur d'un décimètre. Il se nourrit de vers, de chrysalides, d'insectes que les boi'cls «les eaux peuvent lui présenter, d*cgu& de poissoii ; et hialgré sa faiblesse, il ^Maque quelquefois des poissons, à là vérité extrémsliisntjeuneS; et venant, pour éinsi dire, d'ëdore. lies aiguil-
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ions, dont son dos est armé, et le bouclier ainsi que les lames dont son corps est revêtu, le défendent, mieux que Ton ne le croirait au premier coup tfœil, de l'attaque de plusieurs des animaux qui vivent dans les mêmes eaux que lui.
Il est plusieurs contrées où Ton répand les épinoches par milliers dans les cl^amps, sur lesquels ils forment, en se corrompant, un excellent fumier; ou bien on les emploie à engraisser, dans les basses-cours voisines des lacs qui leur ont servi d'habitation, des canards, des cochons et d'autres animaux. On peut aussi exprimer de milliers d'êpinochesune assez grande quantité d*huile bonne à brûler.
Les yeux de Tépinoche sont saillants, et ses mâchoires presque aussi avancées l'une que Tautre; chaque ligne latérale est marquée ou recouverte par des plaques osseuses placées transversalement,' plus petites vers la tète ainsi que vers la queue, et qui, au nombre de vingt-cinq, de vingt-six ou de vingt-sept, forment une sorte de cuirasse asseï solide. Deux os allongés, durs et affermis antérieurement par un troisième, couvrent le ventre comme un boucher; et de là yneni le nom générique de gastérosté que porte Fépinoche.
Au reste, l'iris, l'opercule branchial et les côtés de Tépinoche brillent de Téclat de l'argent, ses hageoîres de celui de l'or, et sa gorge. ainsi que sa poitrine montrent che? le mâle celui du rubis.
ÈQUILLE. i25
L'épinoche est un poisson leste et agile, et très-fréquent dans les petites rivières. Son naturel est si peu farouche, qu'il vient jusque sur les pieds de ceux qui se baignent; communément il établit son domicile sous les algues et autres plantes aquatiques, et mange des vers de terre, qui servent même d'amorce pour le prendre. Il parait que le soleil lui fait plaisir. Hais un procédé singulier et qui mérite d*ètre étudié, c'est que ce petit poisson va chercher au loin des brins d'herbe ou débris de végétaux, les apporte dans sa bouche, les dépose sur la vase, les y fixe à coups de tête, veille avec la plus grande attention à ses travaux. Est-ce un nid? Si d'autres épinoches approchent de cet endroit, bientôt il leur donne la chasse, et les poursuit au loin avec une vivacité étonnante.
ÉQUlLLE.
Petit poisson excellent en friture. Il se cache souvent dans le sable, où on le prend à la marée basse avec des fourches, des bêches, des charrues. Mais une fois déterré, il n'est pas pris pour cela, il saute, s'échappe et rentre dans le sable, même assez dur, avec une grande rapidité.
Les pêcheurs prétendent ^'avoir quand il s'ensable; c'est une erreur r J'ai vu leurs prévisions presque tou-
jours Irwnpées. C'est pour éviter iln ennemi ou pour atteindre une proie, sans doute, qu'il agit ainsi. C'est une pèebe très-amusante et ^i se fait à pieds secs. (Voir £155^). kj^O^
ESPADOW ou POISSON A SCIE.
Serra,
L'eftpadon est rangé au nombre des ennemis de la balmne, quoiqu'il tn soit une espèce pârticuliôire. Sa tète est armée d'une défense osseuse, longue, plate et pyramidale. On lui a donné souvent les noms de poisson à scie, épée de mer, héron de mer, poisson empereur; il est plus connu sous le nom d'espadon. Il porte au-devant de la tète une espèce d'épée ou de scie dentelée des deux côtés ; cette scie est longue d'une aune^ recouverte d'une peau dure, et armée de piquants en forme de dents, plais et tranchants.
Quoique l'espadon n'ait que neuf ou dix pieds de longueur, il se rend formidable à la baleine ; il la poursuit sans relâche. La baleine, qui n'a que sa queue pour défense, tâche d'en frapper son ennemi. Si elle rattrape elle récrase d'un seul coup; mais l'espadon, plus agile, évite ordinairement le* coup mortel. A l'instant il bondit en l'air, retoihbe sur la baleine et tâche non de la per-
cer, mais de la scier avec les dents dont sa scie est armée. La mer est bientôt teinte du sang qui sort des blessures de la baleine.
Je parle sommairement deâ pfoiésons que vous n'avez que peu ou point de chances de Rencontrer,
Sturio. — Estourgeott, dans plusieurs dépaf lemenlfl méruUoiMNix de France. — Sturium, dans d'autres. — Créac, dans d'autres. — PoUrceUetOt en Italie. — The éturgeon, eu Angieterre. — Stent^ en Flandre.
La co^uleur de Testurgeon est bleuâtre, avec de petites tathes brunes sur lé dos et noires sur la psa'tfeîftfferietire du corps. Il devient trts-grand, et, lorsqu'il a atteint tout son dèvêloppemait, il a plus de dix-huit pieds, ou de six mètres de longueur.
Cet énorme cartilagineux habite non-âi^lement dans rOcéan, mai» encore dans la Héditelf anée, dans la m«r Rouge, dans le Pont-Etixin, dafAs la môï*Gàspien¥ie. Hais, au lieu de passer toute sa vie au milieu des eaut ^léés, comme les raies, les squales, les lophîes, les balistes et les «âiimères, il recherche les eaux douces, comme le pétromyzon-lamproie ^ lorsque le printemps tiirive. Quand le besoin de pondre Ou de féconder ses dêUfs le
m DICTIONNAIRE DU PÉCHEUR.
presse, il s'engage alors dans presque tous les grands fleuves. Il remonte particulièrement dans le Volga, le Tanaïs, le Danube, le Pâ, la Garonne, la Loire, le Rhin, l'Elbe, rOder. On ne le voit même le plus souvent que dans les fleuves larges et profonds.
11 grandit et engraisse dans ces rivières fortes et rapides, suivant qu'il y rencontre la tranquillité, la température et les aliments qui lui conviennent le mieux ; et il est de ces fleuves dans lesquels il est parvenu à un poids énorme et jusqu'à celui de mille livres, ainsi que le rapporte Pline de quelques-uns de ceux que Ton voyait de son temps dans le Pô.
Lorsqu'il est encore dans la mer ou près de l'embouchure des grandes rivières, il se nourrit de harengs ou de maquereaux et de gades; et lorsqu'il est engagé dans les fleuves, il attaque les saumons, qui les remoutent à peu près dans le même temps que lui et qui ne peuvent lui opposer qu'une faible résistance. Comme il arrive . parfois avant ces poissons dans les parties élevées des rivières considérables, ou qu'il se mêle à leurs bandes, dont il cherche à faire sa proie, et qu'il parait semblable à un géant au milieu de ces légions nombreuses, on l'a comparé à un chef et on Ta nonmië le conducteur des saumons.
Il dépose dans les fleuves une inunense quantité d'œufs et sa chair y présente un degré de délicatesse très-rare, surtout dans les poissons cartilagineux; elle ressemble à celle d'un jeune veau.
L'esturgeon peut être gardé hors de Teau pendant plusieurs jours sans périr.
On en présenta un à François I^% qui était long de dix-,huit pieds.
On donne le nom de caviar ou kaviac aux œufs de Testurgeon, que Ton prépare aussitôt après la pèche, en les lavant bien dans du \in blanc et en ôtant certains ligaments dans lesquels ils sont entremêlés et la pellicule qui les enveloppe; on les fait un peu sécher au soleil, on les met ensuite avec du sel dans un vaisseau percé de petits trous; on les y écrase avec la main; lorsque toute l'humidité superflue est bien dissipée, ce caviar doit être d'un brun rougeàtre. On le met en galettes épaisses d'un doigt et larges comme la paume de la msdn, puis on l'arrange dans des barriques et on l'envoie en divers lieux éloignés de la mer, où on trouve cette denrée excellente. Le caviar forme une branche considérable du commerce des Hollandais. On en porte surtout beaucoup aux Moscovites, qui en font un trèsgrand usage dans leurs trois carêmes, qu'ils observent très-scrupuleusement. Les Russes nomment cet aliment kaviamckan. Ils y mêlent souvent du poivre et de Toignon avec de l'huile et du citron. Les* Italiens regardent le caviar comme un manger fort déUcat ; on prétend cependant qu'il est malsain et fiévreux.
f ÉTBiLLE.
E^ee de ccabe, un peu vêtu, avec des pattes d'un beau bleu. On le prend dans des nasses de différentes formes et aussi dans des fitets adaplès à des cercles en fer largef eoaime un guéridon, que Ton descend au fond de la mer, aptes avoir attaché du poisson très-firais dans Tun ou dans l'autre. A la marée basse, on en trouve sous les pierres; mais ils s'échappent rapidement et pincent plus eruellement que les écrevisses. Je me vante d'être le pSUfi habile pécheur d'étrillés à la main du Havre à Étpetal', sept lie«fê» de côtes.