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ÉCOLES PRIMAIRES

L'enseignement primaire n'est pas obligatoire :

A peu près vers Tâge de sept ans, un enfant pourra être admis aux écoles primaires. Nous disons admis pour écarter toute idée da contrainte. La nation offre à tous le bienfait de l'instruction ; mais elle ne l'impose à personne.

Elle se contentera d'inviter les parents, au nom de l'intérêt public, à envoyer leurs enfants à l'instruction commune, comme à la source des plus pures leçons et au véritable apprentissage de la vie sociale.

Voici le programme de Técole :

1** Les principes de la langue nationale, soit parlée, soit écrite ; car le premier besoin social est la communication des idées et des sentiments. Les règles élémentaires du calcul seront placées presque au même rang, puisque le calcul est aussi une langue abrégée dont les rapports inévitables de la société rendent à tous l'usage nécessaire. Il faut y joindre celles du toisé, qui est l'application du calcul à la mesure des héritages et des bâtiments, objets de l'intérêt journalier des citoyens, et par rapport auxquels des lumières générales peuvent prévenir ou terminer la plupart des contestations qui les divisent.

2** Les éléments de la religion, car si c'est un malheur de l'ignorer, c'en est un plus grand peut-être de la mal connaître.

3*^ Les principes de la morale : car elle est à la fois, et pour tous, le bonheur de l'âme, le supplément nécessaire des lois, et la caution véritable des hommes

réunis par le besoin, et trop souvent divisés par l'intérêt.

4° Les principes de la Constitution : car on 'ne peut trop tôt faire connaître, et trop tôt faire apprécier cette constitution sous laquelle on doit vivre, et que bientôt on doit jurer de défendre au pér^l de sa vie.

5° Ce que demandent à cet âge les facultés physiques, intellectuelles et morales. — Physiques^ c'est-àdire des leçons ou plutôt des exercices propres à conserver, à fortifier, à développer le corps et à le disposer pour l'avenir à quelque travail mécanique. D faut, de bonne heure, leur apprendre quelques principes du dessin, de Tarpentage ; leur donner le coup d'œil juste, la main sûre, les habitudes promptes. — Intellectuelles, Nous avons vu plus haut qu'on les avait divisées en trois ; la raison, la mémoire, Vimagination. Ce n'est pas encore le moment d'exercer cette dernière faculté ; car elle est presque nulle dans l'enfance ; elle tient à une sensibilité qui n'e^t pas de cet âge, et elle a besoin, pour exister, d'une réunion d'idées, de sensations, de souvenirs qui supposent quelque expérience dans la vie , mais il est nécessaire d'offrir à leur raison, non les hautes sciences qui la fatigueraient sans l'éclairer, mais la clé de toutes les sciences, c'est-à-dire une logique pour leur âge : car il en est une. Leur raison n'est pas forte ; mais elle est pure; mais elle est libre : ils ne voient pas loin ; mais ils voient communément juste ; ils voient du moins ce qui est, en attendant qu'on leur montre ce qui doit être, et l'on est souvent étonné de tout le raisonnement qu'ils mettent dans ce qui les intéresse.

La logique est bien plus à leur portée que la métaphysique des langues que néanmoins on se tour-

mente à leur faire entendre i. Il faut offrir à leur mémoire la partie des connaissances élémentaires, soit géographiques, soit historiques, soit botaniques, qui leur feront aimer davantage la patrie et chérir le lieu qui les a vu naître.

Enfin les facultés morales. On ne peut ici rien déterminer ; mais on sent que c'est avec un soin particulier,, avec une attention délicate et continue, qu'on doit éveiller et entretenir, particulièrement dans l'enfance et dans tous les instants, ce sens précieux.

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