VI PRÉFACE
foi scrupuleuse qui sont comme la conscience même du savant, îl savait que ces vertus ont pour condition nécessaire la liberté de penser et la liberté d'exprimer sa pensée. Il m'aurait plus approuvé de rendre témoignage à ma conviction que d'avoir des complaisances pour ce qui me paraît être l'erreur. Aujourd'hui même, je n'oserais pas faire hommage à son nom d'une œuvre où j'aurais dénaturé le moins du monde mon intime manière de sentir . Par l'absence de ce défaut ou de ce vice, ce livre n'est pas indigne de se réclamer de lui. Je le mets avec confiance sous ses auspices; l'œuvre partagera ainsi en quelque sorte le destin de l'auteur qui, au milieu des regrets que lui a laissés M. Gocheris, s'honore de l'avoir eu pour protecteur et pour ami et se félicite d'avoir goûté, trop peu de temps, hélas ! sa vive sensibilité, son esprit jeune et primesautier, sa raillerie piquante et bienveillante, son amour du travail, sa fidélité dans les afiections.
Mis en demeure de faire connaître à nos lecteurs la pédagogie révolutionnaire, j'ai dû tracer des limites à mon sujet. J'ai laissé de côté les philosophes dont les ouvrages ont préparé à la fois la Révolution et la pédagogie de la Révolution. Il y aurait là toute la matière d'un volume spécial, soit qu'on y comprenne, ou non, Locke et Rousseau. Voltaire, Diderot y