‹ La pédagogie révolutionnaireChapitre 31 sur 62 · PROGRAMME · texte numérisé non relu

PROGRAMME

Des Sciences mathématiques et physiques et des Arts

mécaniques.

Vu sous d'autres rapports, l'homme sait calculer les nombres et mesurer l'étendue. Quatre grands moyens lui ont dévoilé la connaissance des corps ; l'observation qui suffit à leur histoire, l'expérience qui en a découvert le mécanisme, l'analyse et la synthèse qu'il invoque pour en approfondir la composition intime. A l'aide de ces moyens, il considère dans la matière ses propriétés générales, ses états divers, le mouvement et le repos ; dans l'atmosphère son poids, sa température, ses balancements et ses météores ; dans les sons leur intensité, leur vitesse,

leur mélange et leur harmonie ; dans la chaleur, sa communication et ses degrés ; dans l'électricité, ses courants, son équilibre, ses chocs et ses orages ; dans la lumière, sa propagation et ses couleurs ; dans l'aimant, son attraction et ses pôles ; dans le ciel, les astres dont les phénomènes lui sont connus ; sur la terre, les minéraux qu'il recueille, les métaux qu'il prépare ; les végétaux qu'il classe, dont il examine les organes et les produits : les animaux dont il étudie les formes, les mœurs, la structure, les éléments, la vie et la mort, la santé et les maladies ; les champs qu'il cultive ; les chem*ins qu'il ouvre ; les canaux qu'il creuse ; les villes qu'il fortifie ; les vaisseaux dont il se sert pour communiquer avec les deux mondes ; les forces combinées qu'il oppose à ses ennemis, et les arts nombreux qu'il inventa pour plier la nature à ses besoins.

Aussi, notre travail est composé de deux parties ; l'histoireide l'homme moral y contraste avec celle de l'homme physique ; les sciences purement philosophiques marchent à côté des sciences d'observation ; les beaux-arts terminent la première série, comme les arts mécaniques se trouvent à la fin de la seconde. Partout les masses principales se correspondent dans cesi deux.grandes divisions : dans la première, tout est rationnel, philosophique, littéraire ; dans la seconde tout est soumis à la précision de l'expérience. Dans l'une comme dans l'autre, la raison a besoin d'être forte. La mémoire, aidée d^une bonne méthode, classera des objets nombreux, et l'imagination trouvera, dans les inspirations de l'éloquence, soit dans la haute théorie du calcul, soit dans les découvertes de la physique, soit dans les inventions des arts, cet

aliment qui la nourrit et la dispose aux grandes conceptions^.

Nous ne suivrons pas Talleyrand dans tous les détails d'une institution qui ne devait jamais exister que sur son plan. Dans sa pensée, Texistence de l'institut ne devait pas empêcher celle des associations libres. Les dilférentes sections devaient communiquer entre elles et se ramifier dans les départements, ainsi que dans les grands établissements d'enseignement de l'État, Muséum, Jardin des Plantes, etc., etc. L'institut devait être « une sorte d'Encyclopédie toujours étudiante et toujours enseignante ; » car c'est une justice à rendre aux hommes de la Révolution que, dans leurs desseins, les institutions scientifiques les plus élevées et les plus dotées n'ont jamais dû être fermées et n'auraient élaboré la science que pour la publier. Talleyrand établit d'une façon assez originale les chaires d'agriculture dans les villes. Il veut que la classe de médecine s'occupe de la santé du peuple et lui demande quelque chose comme cette création de nos jours qu'on appelle la. démographie , 11 lui adjuge généreusement avec cela l'art vétérinaire.

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