CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Le but de l'instruction publique est de permettre à chacun
libre et entier développement de ses facultés et de ses res-
urces personnelles, sans lequel l'égalité n'est qu'un mot. L?
lestion des métiers spéciaux et celle des malheureux dis-
1 . Géomètre, philosophe, homme do lettres, membre de l'Acadéle des Sciences et de l'Académie française, député de Paris, fut oscrit sous la Convention et s'empoisonna avant d'être conduit au banal révoluiionnaire. Son ouvra^ce U* plus célèbre est VEsquisse un tableau historique de$ progrès de Vesprit humain qui le classe ; premier rang des penseurs.
graciés de la nature, aveuarles et sourds-muets, est réservée. Voilà pour l'éducation individuelle.
Mais à côté de cela, il y a une culture destinée à diriger l'activité de l'individu vers le bonheur et le perfectionnehient de l'espèce humaine : voilà pour l'éducation sociale :
Mais en considérant sous ce double point de vue la tâche immense qui nous a été imposée, nous avons senti, dès nos premiers pas, qu'il existait une portion du système général de l'instruction, qu'il était possible d'en détacher, sans nuire à l'ensemble, et qu'il était nécessaire d'en séparer, pour accélérer la réalisation du nouveau système ; c'est la distribution et l'organisation générale des établissements d'enseignement public.
Il s*agit, en d'autres termes, de concevoir et d'appliquer un plan administratif d'enseignement national :
Nous avons pensé que dans ce plan d'organisation générale, notre premier soin devant être de rendre, d'un côté, l'éducation aussi égale, aussi universelle; de l'autre, aussi complète que les circonstances pouvaient le permettre ; qu'il fallait donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous; mais ne refuser à aucune portion des citoyens l'instruction plus élevée qu'il est impossible de faire partager à la masse entière des individus; établir l'une, parce qu'elle est utile à ceux qui la reçoivent; et l'autre, parce qu'elle l'est à ceux mêmes qui ne la reçoivent pas.
Le principe de la liberté de l'enseignement est posé, sous la sage réserve du contrôle de l'autorité supérieure :
La première condition de toute instruction étant de n'enseigner que des vérités, les établissements que
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Ja puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu'il est possible de toute autorité politique, et comme, néanmoins, cette indépendance ne peut être absolue, il résulte du môme principe qu'il* faut ne les rendre dépendants que de l'assemblée des Représentants du peuple. -,
L'étendue de l'instruction, qui n'a d'autres limites que celles de la vie humaine, n'est pas moins explicitement reconnue par Condorcet que par ses prédécesseurs :
Nous avons observé, enfin, que l'instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où ils sortent des écoles ; qu'elle devait embrasser tous les âges; qu'il n'y en avait aucun où il ne fût utile et possible d'apprendre, et que cette seconde instruction est d'autant plus nécessaire, que celle de l'enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites.
L'instruction doit être universelle :
Nous n'avons pas voulu qu'un seul homme, dans l'empire, pût dire désormais: la loi m'assurait une entière égalité de droits ; mais on me refuse les moyens de les connaître.
Ainsi, l'instructioii doit être universelle, c'est-àdire s'étendre à tous les citoyens. Elle doit être répartie avec toute l'égalité que permettent les limites nécessaires de la dépense, la distribution des hommes sur le territoire, et le temps plus ou moins long que les enfants peuvent y consacrer. Elle doit, dans ses divers degrés, embrasser le système entier des connaissances humaines, et assurer aux hommes, dans tous les âges de la vie, la facilité de conserver leurs connaissances, ou d'en acquérir de nouvelles.
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Une pleine liberté de discussion est réservée à la nation :
Enfln, aucun pouvoir public ne doit avoir ni l'autorité, ni même le crédit, d'empêcher le développement des vérités nouvelles, l'enseignement des théories contraires à sa politique particulière ou à ses intérêts momentanés. -
Tels ont été les principes qui nous ont guidés dans notre travail.