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CONCLUSION

Le moindre défaut du rapport de Talleyrand, dans lequel nous n'avons cessé de pratiquer de larges coupures, c'est d'être trop long. Il fallut trois séances pour le lire ; il finit par « laisser froid. Il s'annonce comme très clair; il cesse enfin de l'être. C'est en vain que l'auteur essaye de ressaisir dans un résumé l'ensemble du plan qu'il vient de tracer. Il ne parvient pas

i . Le 14 juillet, date de la prise de la Bastille et de la Fédération sur le Champ de Mars, où Talleyrand môme dit la messe. — Le 4 août, date de rétablissement de Tégalité.

106 LA PÉDAGOGIE RÉVOIUTIONNAIRE

à porter le jour dans l'esprit de son lecteur. La complication intinie des divisions étourdit ; on sent qu'il y a là-dedans trop d'arbitraire. Les différentes séries de considérations qui existent dans l'esprit même de l'auteur s*y livrent une sorte de bataille: il a beau déployer les ressources du plus beau génie d'analyse pour en faire une bataille rangée ; c'est une mêlée.

D'autre part, il a voulu trop embrasser pour bien étreindre. Il y a de tout dans ce projet, du vrai et du faux, les plus belles et les plus originales conceptions à côté des vues les plus hasardeuses et les moins pratiques. Ceux qui l'ont écouté ont dû avoir comme un sentiment que tout cela n'était point fait pour devenir appliqué et réel. Le morceau tient quelque chose de l'ancienne éloquence académique ; il part d'un homme imbu de belles-lettres plus que de science et qui, malgré les apparences qu'il se donne, est peut-être un peu indécis sur la nature de l'éducation convenable à l'avenir. C'est un projet magnifique, mais qui n'est ni solide ni viable. C'est, sur le papier, le dessein d'un édifice qui serait superbe, mais qui ne pourrait être construit. La Constituante n'y mit pas même son estampille et passa la main à l'Assemblée législative.

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