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ÉLECTIONS DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE

Les membres de la société nationale se choisiront eux-mêmes. La première formation une fois faite, si elle renferme à peu près les hommes les plus éclairés, on peut être sûr que la société en présentera constamment la réunion ^

Condorcet propose un mode de nomination très original des membres de l'enseignement. Ce sont ceux du degré supérieur qui élisent ou désignent ceux du degré inférieur.

Chaque classe de la société nationale élit sous les mômes formes les professeurs des lycées, dont renseignement correspond aux sciences qui sont l'objet de cette classe.

Les professeurs du lycée nomment ceux des instituts ; mais la municipalité aura le droit de réduire la liste des éligibles.

Quant aux instituteurs des écoles secondaires et primaires, la liste d*éligibles sera faite par les professeurs des instituts de l'arrondissement, et le choix appartiendra, pour les premiers, au corps municipal du lieu où l'école est située, pour les derniers, à l'assemblée. des pères de famille de l'arrondissement de l'école.

1. Tel est en effet le mode actuel d'élection dans toutes les académies.

Ceci peut être complété par l'extrait suivant de la note neu' vième» ^

Une disposition très propre à maintenir Témulation et à faire honorer les instituteurs des écoles inférieures, serait celle qui ordonnerait de ne choisir, après un certain temps, les professeurs des instituts que parmi ceux qui auraient exercé les fonctions d'instituteurs d'écoles primaires ou secondaires, et les professeurs du lycée que parmi ceux qui auraient enseigné dans les instituts, avec une exception en faveur des savants étrangers, exception que le corps législatif seul pourrait prononcer.

L'indépendance du corps enseignant est jalousement sauvegardée; il s'administre lui-même.

Des directoires formés dans la société nationale, les lycées, les instituts, seront chargés de l'inspection habituelle des établissements inférieur-s.

Dans les circonstances importantes, la décision appartiendrai une des classes de la société nationale, ou à l'assemblée des professeurs, soit du lycée, soit des instituts.

La société nationale constitue comme une sorte de conseil supérieur de rinstruction publique ; elle y a droit par ses mérites et par son caractère.

La société chargée de surveiller l'instruction nationale, de s'occuper des progrès des sciences, de la philosophie et des arts, au nom de la puissance publique, doit être uniquement composée de savants ; c'està-dire d'hommes qui ont embrassé une science dans toute son étendue, en ont pénétré toute la profondeur, ou qui l'ont enrichie par des découvertes.

!4G LA I^ÉDAGOGIE RÉVOLUTIONNAIRE

Il ne faut pas confondre la société nationale, telle que nous l'avons conçue, avec les sociétés, savantes qu'elle remplace. L'égalité réelle qui en est la base, son indépendance absolue du pouvoir exécutif, la liberté entière d'opinions qu'elle partage avec tous les citoyens, les fonctions qui lui sont attribuées relativement à l'instruction publique, une distribution de travail qui la force à ne s'occuper que d'objets utiles, un nombre égal de ses membres répandu dans les départements: toutes ces différ^ences assurent qu'elle ne méritera pas les reproches souvent exagérés, mais quelquefois justes, dont les académies ont étéTobjet.

Enfin n'oublions pas que les droits de TÉtat sont toujours réservés.

Cette indépendance de toute puissance étrangère, où nous avons placé l'enseignement public, ne peut effrayer personne, puisque l'abus serait à l'instant corrigé par le pouvoir législatif, dgnt l'autorité s'exerce immédiatement sur tout le système de l'instruction.

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