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La peinture a l'exposition universelle

Les comptes rendus des expositions ordinaires de peinture m'ont toujours paru n'offrir qu'un intérêt très-éphémère. Ils se répètent forcément d'une année à Tautre. Ce sont comme les bulletins de la santé de gens qui nous sont chers sans doute, mais que tfous voyons tous les jours.

Il n'en est pas de même des expositions universelles.

Celles-ci présentent un caractère tout différent. Les écoles y prennent la place des individus; la compétition n'a plus lieu entre les hommes seulement, mais entre toutes les nations du monde.

C'est une occasion unique de contempler les œuvres enfantées par nos rivaux, de contrôler la légitimité de réputations acquises au loin, de mesurer la taille de nos artistes à celle de leurs émules, de constater la marche de l'art, ses progrès, ses

défaillances, et les influences multiples qu'il subit selon les temps et les pays.

Nulle part nous ne saurions trouver plus à apprendre, ni plus d'éléments positifs pour dresser le bilan de l'art contemporain.

Par cela même elles constituent un sujet d'étude infiniment attrayant.

Il m'a séduit, je l'avoue.

Aussi l'ai-je abordé avec amour.

Aujourd'hui, je livre à la publicité les notes que j'ai recueillies sur place, pendant un long séjour à Londres. Les réflexions dont je les accompagne, les conclusions que j'en tire, auront, à défaut d'autre mérite, celui d'une parfaite indépendance.

Mon plus vif désir est que le présent volume offre quelque intérêt à ceux qui n'ont pu visiter par eux-mêmes l'exposition de Londres.

Quant aux personnes qui l'ont vue, je soumets humblement mes appréciations aux leurs, heureux si les unes viennent sanctionner les autres.

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