Walter Crâne, The english revival of décorative Art
tableaux que tout le monde peut voir, à de grandes manifestations populaires. Nous avons vu que c'est ridée de Watts. C'est aussi celle de Ruskin et il estime que les grandes œuvres du moyen âge doivent à cette idée leur naissance et leur éclat. « La première condition de vie pour l'art, c'est qu'il exprime des choses vraies ou qu'il embellisse une chose utile. A l'époque bénie du xiii« siècle, l'art exprima une religion que les âmes étaient alors capables de comprendre et orna les édifices de citoyens qui mettaient leur plus grand bonheur dans l'honorabilité privée et la magnificence publique. Nous disons publique, car les mœurs étaient simples et c'est pour les monuments du peuple tout entier que travaillaient ces peintres, ces sculpteurs, ces joailliers, ces forgerons, ces brodeurs, ces charpentiers qui formaient, avec les marchands , un important tiers état. C'est l'époque où l'on construit le canal de Naviglio Grande qui amène à Milan les eaux du Tessin à trente milles de là, les murs de Milan, les deux entrepôts de Gênes et les murs de leurs quais et de leurs aqueducs. Ces immenses travaux faisaient surgir des légions d'ouvriers et d'artistes qui, en ce temps-là, se confondaient, chaque artisan étant un peu artiste. On les paye raisonnablement ; ils ne sortent pas de leur caste, et travaillentnoblement et simplement pour la cité le mieux qu'ils peuvent*. » — Ainsi com-