John Ruskin, Val d'Arno, passim
pris, Tart moralisera vraiment le peuple, parce qu'il ne sera plus ime chose étrangère à sa vie, qui se passe au-dessus delui comme la diplomatie, sans qu'il y donne sa peine, sans qu'il y prenne son plaisir. 11 moralisera, parce qu'il sera l'ennoblissement de l'ouvrage vulgaire et journalier « qui apportera à l'ouvrier du plaisir et de l'espoir au lieu de la crainte et delà peine, et deviendra enfin VArt pour le peuple et par le peuple, — une joie pour celui qui l'a produit comme pour celui qui s'en sert*. »
Certes voilà de nobles buts : il en est un cependant qui sans doute, dans l'esprit des Anglais, les dépasse, dont ils parlent moins peut-être, mais auquel ils pensent davantage. Il ne suffit pas que l'art soit suggestif, soit didactique, soit moral, soit populaire : il faut encore qu'il soit national. Il faut qu'il soit anglais. A part de rares exceptions, l'ensemble des grands artistes britanniques est nettement opposé à toute influence étrangère, c'est-à-dire française. De Watts, de Hunt, de Burne-Jones et de toute l'école de Burne- Jones, les Strudwick, les Holiday, les Stillman, les Booke, les Walter-Crane, les Spencer-Stanhope, les Spence, c'est trop évident. De la part d'Alma- Tadema, c'est moins visible ; mais cependant nous ne devons pas oublier Toriginalité de sa composition et sa formation en partie à l'école du baron