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NOTICES SUR LES PAYSAGISTES ACTUELS

(Ordre alphabétique.)

Myles BIRKBT POSTER, R. W. S. (né à North Fields, le 4 février 1825), débuta tout jeune par graver des cachets, puis passa chez un graveur sur bois qui le mit bientôt à illustrer des volumes et, dès 1841, Poster donna des dessins au Punch, édité par i\I. Lemon (citron), d'où peut-être le nom bizarre de ce journal satirique, puis à Vlllustrated London News, fondé peu après. Le jeune dessinateur illustra dès lors une foule de livres de voyages, des poésies, c'est-àdire un genre d'ouvrages qui ne comportaient pas autre chose que des paysages animés. Citons, entre autres, le Child Harold de Byron, le VieiLX Marin de Coleridge, des Poèmes de Longfellow. En 1859, Poster abandonna le noir et blanc pour la couleur, surtout pour Taquarelle. Son premier envoi à TAcadémie : Une ferme f avec le parc d'Arundel au fond, eut un grand succès et peu après la Reine demanda à acheter des dessins du jeune artiste. Dès 1862, celui-ci était élu membre de la Water Colours Society, C'est à cette époque qu'il s'établit à Witley, dans le Surrey, où

Tâtlira M. Hook qui y habitait alors. Il y hébergea Frederick Walker. En 1868, Poster alla à Venise, avec Orchardson et Walker, et en rapporta de nombreuses marines ; mais ce sont surtout ses scènes de la vie rurale anglaise (un paysage tranquille avec* deux ou trois figures d*enfants ou d'animaux) qui firent sa réputation. Son paysage a toujours du style, mais sans affectation et est plutôt bien pris que composé ; ses personnages ont du naturel et de la grâce. Son procédé d'aquarelle est lourd et minutieux, assez chargé de gouache. Son détail est extrême. Parmi les tableaux les plus connus de Poster, il faut citer les Primevères^ le Royal Cottage près des Trossachs, le Ruisseau, la Chute du Tujnmelf et la Laitière à South Kensington.

John BRETT, A. R. A., est considéré comme un dos chefs de l'école préraphaélite dans le paysage, mais n'est en réalité qu'un naturaliste, comme il s'en trouve beaucoup en France, ne composant pas ses sujets et cherchant des effets éclatants. Son Val d'Aoste, acheté par Ruskin, a été une de ses premières œuvres remarquées. En 1873, il a exposé Parmi les galets, qui a paru à certains critiques le chef-d'œuvre du Salon. Les rochers et les eaux des côtes de Cornouailles et des îles d'Islande, les rayonnements du soleil dans des crêtes d'un bleu intense, tels sont los thèmes de la plupart des paysages de M. Brett. Son Britannia's Realm et sa Mount's Bay jouissent d'une grande réputation. On peut voir le premier de ces deux tableaux à South Kensington.

VICAT COLE,R. A. (né en 1833, mort en 1893), a exposé, dès l'âge de seize ans, à la British Institution

et, à vingt ans, à l'Academy. S'est consacré au paysage et, dans le paysage, au Surrey et aux bords de la Tamise et de TArun. Élu associé de l'Academy en 1870, et membre en 1880. Ses principales toiles sont : le Déclin du jour ^ Pluie d'été, Or d'automne, la Tamise à G?^eenwich. Assez réaliste pour ne pas appartenir à Técole des arrangeurs de paysages, assez soucieux de la beauté des lignes pour ne pas être confondu avec les purs réalistes, Vicat Gole représentait une sorte de juste-milieu.

James CLARKE HOOK, R. A. (né le 21 novembre 1819 à Londres), fils d'un négociant et juge arbitre résidant à Sierra-Leone, et petit-lils du D' Clarke, le commentateur de la Bible, montra de très bonne heure des dispositions pour le dessin, et les fréquents petits voyages par mer qu'il faisait pour aller dans une partie de sa famille dans le Northumberland lui donnèrent vite le goût de l'océan. Recommandé tout jeune à Constable, il se mita la peinture, étudia beaucoup les Elgin marbles au British Muséum, puis, en 1836, entra comme élève à la Royal Academy, sous la direction de Hilton. Hook se destina d'abord au portrait, non par goût, mais pour gagner plus facilement

sa vie. En 1843, il prit part au fameux concours des cartons de Westminster en exposant un Satan du Pa-

"fadts .

Il s^attarda encore quelques années à des scènes de genre et dhistoire qui lui valurent des médailles épousa, en 1846, la fille d'un solicitor, elle-même ar' tiste, et ils vinrent tous deux à Paris copier les maîtres du Louvre. Un long voyage en Italie donna au neintre envie de traiter une foule de sujets florentins et véni-

tiens, et Toccasionde manifester ses idées révolutionnaires, en 1848, à Venise, en jetant bas Taigle autrichienne du sommet de Saint-Marc. Mais, à Venise, il avait découvert autre chose que la République : il avait trouvé la couleur et, à son retour en Angleterre, en 1854, il découvrit la mer à Clovelly. Dès lors, Hook se met aux marines rutilantes, qui font sa gloire. Le Bonsoir du Pêcheur ouvre cotte ère nouvelle. Le caractère du peintre est définitivement fixé. Citons ses tableaux de barques de pêcheurs : les Pêcheurs de crabes ^ Yoy heave ho! King Baby, les Sables blancs d'Iona y le Miroir de la mouette. Ëlu académicien en 1860, M. Hook jouit d'une immense réputation comme paysagiste. Sa facture un peu pénible et sa couleur parfois criarde le distinguent des Français, mais rien dans ses sujets ni dans «a composition n'est britannique. On Ta parfois cité parmi les préraphaélites; la Vérité est qu'il fait du paysage réaliste comme donnée et arrangement.

Quelques-unes de ses scènes de marine rappellent notre Feyen-Perrin. On voit un paysage de lui, The Stream salle Ghantrey, à South Kensington, et un tableau Du fond de la Mer à la City Art Gallery, à Manchester.

Cecil Cordon LAWSON (né près de Wellington, dans le Shropshire, le 3 décembre 1851, mort à Londres le 10 juin 1882), fils d'un peintre de portraits, étudia dans l'atelier de son père et se consacra au paysage. Son premier tableau, exposé à la Royal Academy en 1870, fut une vue de Chelsea. En 1876, son Hop fqrdens of England eut un grand succès. Toutefois, trouvant qu'on le plaçait assez mal à la Royal Aca-

demy, il alla exposer à la Grosvenor Gallery, dont le directeur, Sir Coutts Lindsay, lui ouvrit les portes toutes grandes. Le Jardin du minisire y parut et assura la réputation de Lawson. Ce tableau fut suivi par Brume matinale^ le Matin après la tempête^ la Lune d'août, qui est à la National Gallery et dont le sujet a été pris à Blackdown, dans les environs d'Haslemere, Surrey, la Vallée de Désolation, Lawson épousa, en 1879, la fille de M. Philip, le sculpteur. Peu de temps après, sa santé déclinant, il alla passer Thiver en France, sur la Riviera, et mourut en 1882. On s'accorde à considérer Lawson comme un des grands paysagistes anglais de la seconde moitié du siècle.

Benjamin Williams LEADER, A. R. A. (né à Worcester en 1831), dont on se rappelle peut-être le curieux paysage exposé en 1889 à Paris : Sur le soir, il y aura de la lumière, magistralement décrit par M. de Vogué dans ses Remarques sur V Exposition du Centenaire. M. Leader est entré à^ la Royal Academy en 185i, et il a exposé la même année son premier tableau. En 1856, il a peint un Intérieur de cottage^ suivi de nombreux paysages reproduisant des effets très variés d'atmosphère. Il a été élu associé deTAcademy en 1883. Ses plus récentes œuvres sont la Baie de Conway et les Sablonnières du Surrey (Royal Academy, 189:2) et Charrois de poutres (Royal Academy, 1893).

Miss Clara HONTALBA, R. W. S. expose non seulement à la Société royale des Aquarellistes, mais aussi à la New Gallery et h la Royal Academy. Est peut-être actuellement l'artiste anglais qui manie le mieux Taquarelle franche et l'interprète le plus habile des

paysages vénitiens. A peint le Canal de Venise, Bon Matin, le Dernier Voyage, la Piazza inondée, ArHvée du Roi Cafmaval à Venise, Une Gabare sur la Tamise, exposée en 1889. Miss Montalba n'a rien d'anglais, ni dans la composition, ni dans le dessin, ni dans la couleur, et' son art se confond absolument avec l'art français.

Henry MOORE, A. R. A. — R. W. S. (né en 1831) est aussi un peintre de la mer. Ne pas le confondre avec son frère Albert 3Ioore, qui faisait du genre académique, dans le goût de Cabanel ou de M. Bouguereau, avec une couleur plus violente. Henry Mooreest un paysagiste qu'attirent surtout les effets de soleil ou de pluie ou de vapeur sur la mer. On voit un tableau de lui à la salle Chanlroy, au South Kensington Muséum. Associé de la Royal Acadeiny depuis 1885.

J. W. NORTH,A. R. A. — R. W.S., aune certaine originalité de vision et une certaine largeur de facture, sans qu'il proscrive pour cela le détail. Il aime et reproduit la variété, le mystère et la subtilité de la nature et s'attache à rendre exactement les divers tons de la verdure anglaise à ses différentes saisons, qu'il étudie surtout dans son pays, le Somersetshire, situé dans la partie la plus humide de l'Angleterre. Il a exposé à la Société des Aquarellistes, à l'Académie royale, k la New Gallery, à la Manchester City Art Gallery et à l'Art Gallery de Liverpool. On voit de lui, à South Kensington, le Soleil d'hiver, qui a été payé 315 livres.

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