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SOLDATS JOUANT AUX DÉS, PAR SALVATOR ROSA

fruits, par exemple, une orange aurait moins de valeur qu’un citron, parce que l’orangé est moins lumineux que le jaune. Ainsi tous les objets visibles de la nature

Il faut donc distinguer le ton de la teinte , c’est-àdire de la couleur, bien que ces deux termes, ton et teinte, soient souvent employés l’un pour l’autre à cause de leur étroite parenté. Rigoureusement parlant, le ton est indépendant de la teinte et peut en être séjiaré. Le graveur, lorsqu’il traduit sur le cuivre les couleurs d’un tableau, ne fait autre chose que séparer le ton de la teinte. Au surplus, la nature ellemême nous montre à chaque instant des substances qui n’ont pas le même ton, bien qu’elles aient la même couleur. Le Lias, par exemple, qui ressemble à la violette par la couleur, en diffère cependant par le ton, puisque le lilas est un violet clair et la violette un lilas foncé. Réciproquement, deux objets présentent parfois des tons égaux et des teintes différentes. Ainsi, lorsque le ciel s’assombrit à l’horizon et devient d’un gris bleuâtre, il arrive souvent que le feuillage de tel arbre qui reste éclairé par le soleil, et qui tout à l’heure se détachait en vigueur sur l’horizon, devient à peu près du même ton que le ciel, de sorte que le peintre a de la peine à discerner si le ciel a plus de valeur que l’arbre, ou si c’est le vert clair de l’arbre qui en a plus que le gris-bleu du ciel.

Cette distinction entre le ton et la teinte, entre la valeur et la couleur, nous amène à distinguer entre le clair-obscur et le coloris; le premier, qui particularise les objets par le relief, le second, qui les particularise par la couleur. Tant que le tableau demeure

monochrome, la peinture est bien loin d’avoir dit son dernier mot. Il lui reste encore à traduire les valeurs en couleurs, à revêtir de nuances sans fin telles for-

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