‹ La peintureChapitre 17 sur 44 · AO · texte numérisé non relu

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On les vit sur des chars, près des empereurs même, Eclipser un moment l'éclat du diadème:

Que dis-je ? en d’autres temps encor plus honorés

Tels que des Dieux sur terre , ils étaient adorés.

Mais si de la peinture, en ces siècles de gloire, Les effels sont si grands qu’à peine on peut y croire , En mille faits brillants de nos jours reproduits, Contemple son éclat, son triomphe, et son prix. Louis qui ne rêvait que la grandeur suprême, Veut ennoblir un art qui l'enncblit lui-même.

Le Czar repousse Yvan ! il emprunte sa voix

Pour adoucir son peuple et lui donner des lois. De son superbe joug enfin débarrassée ,

Christine en ses attraits rafraichit sa pensée.

Que sont, sans les talents, l’or et les dignités ? Wandick est près des rois et marche à leurs côtés.

| Léon, de Michel-Ange , admirateur avare,

À devant son génie incliné sa tiare.

Tel qu’un jeune héros de gloire environné,

Vois Jule en leur palais en triomphe amené ; Charles chez Titien suivi de la victoire,

Toucher avec orgueil l'instrument de sa gloire ; Rubens, ami des rois, à leurs conseils admis, Causant, riant, soupant avec les Médicis :

Vois François qui des arts noùs ouvrit la carrière , Au lit de Léonard à son heure dernière,

Souffrant de ses douleurs et fier de recueillir,

Et son dernier penser et son dernier soupir; Raphael rejetant une alliance illustre,

Ne veut qu’à son génie emprunter tout son lustre ; Le Poussin , au-dessus et des rois et du sort, Sublime sans dessein, vertueux sans effort ,

De son style en ses mœurs nous offrant la sagesse, Représente son art dans toute sa noblesse ;

Et toi, peintre phénix, cygne aux plus doux accords, Toi sur qui la peinture épuisa ses trésors , Assemblage étonnant de gloire et de miscre,

Je vois briller en toi sa beauté tout entière.

> 81 & OÔ vous, guides sacrés , délices des humains,

La gloire embellissait vos illustres destins ;

Vos esprits embrasés d’une flamme si belle, N’agissaient, n’enfantaient , ne vivaient que pour elle ; Ah! par ce digne prix noblement excité,

Vole enfin sur leurs pas à l’immortalité ;

Et si de nos soleils, comme le dit Homère,

L'homme à l’homme transmet la flamme passagère , De même qu'autrefois au sein des jeux'sacrés,

De main en main couraient les brandons révérés ,

Pour hâter l’âge d’or de la philosophie,

Prends et passe à ton tour le flambeau du génie.

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