‹ La peintureChapitre 19 sur 44 · ER · texte numérisé non relu

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Mage 12, vers 19.

Traducteur élégant, même à la vérité

Tu dois unir encor la grâce et la beauté.

C'est ce qui faisait dire sans doute au Poussin que la peinture étais moins l’image de la chose que la chose ellemême dans sa plus grand beauté. Il n'appartient qu’au naturaliste de même qu’à l'historien de peindre les objets qu'ils ont sous leurs yeux avec leurs défauts et leurs imperfections. Le peintre ainsi que le poëte ont le pouvoir d'imiter et d'embellir la nature :

Soit donc que vous teniez la plume ou le pinceau,

La lyre harmonieuse ou l'habile ciseau ,

Soit que du cœur humain vous traciez la peinture ,

Soit que dans vos travaux vous peigniez la nature,

C'est le choix du vrai beau qu'il faut étudier.

N'allez pas imiter cet artiste grossier

Qui va choisir sans goût ce qu'il peint sans adresse. EC, -

DELILLE ( Poëme de l'Imagination).

Joge 13, vers 11.

De figures sans nombre évite le concours.

De même, dit Dufresnoy, qu'une comédie est rarement bonne quand il y a un très-grand nombre d'acteurs , de même il est bien rare qu’un tableau soit parfait quand il s’y trouve une grande quantité de figures. On peut en général poser pour principe que la multiplicité des figures dans un tableau y apporte moins de richesse qu’elle n’en trouble la composition, et y cause plus de distraction que de plaisir. Notre attention est bornée, elle peut se fixer sur une figure, sur un groupe, elle se relâche si lon veut la promener sur un peuple entier , l’art a des moyens de supposer une foule en ne montrant qu'un trèspetit nombre de figures. Si l’on en représente un grand nombre , il faut du moins qu’un seul groupe attire et retienne le spectateur et le rappelle encore lorsqu'il veut le quitter pour des objets subordonnés.

S'il est des sujets qui ne se prêtent pas à ce principe et qui exigent un grand nombre de figures sans permettre de

les grouper , ces sujets sont vicieux et ne doivent jamais

ètre du choix de l'artiste : ce n’est qu'aux grands coloristes qu’il peut être permis de multiplier les objets dans les compositions , ils ont toujours des ressources pour empècher d’être confus. Paul Véronèse et Rubens en ont donné des preuves ; mais les artistes plus attachés à la beauté del’ expression qu’au prestige des couleurs et à cette fougue de composition qui ne peut s’accorder avec la sagesse , doivent se contenter de commander à notre admiration par un petit nombre de figures.

Encyclopédie méthodique. art. Conrvs.

age 31 , vers 1

Une table plus loin, propre et non magnifique.

Genre de Teniers.

ne Lee - E

Nage 13, vers 11.

Loin destoiceifracas PM EE 20

La multiplicité des objets touche de bien près au désordre, mais c’est surtout quand le sujet est pathétique qu'il faut bien craindre de mettre de la confusion dans le tableau et de blesser la dignité de la composition. L’ariste, dit Alberti, qui prend en considération les convenances que l’histoire exige, doit éviter tout fracas, et surtout apprendre ce que c’est que le repos et le silence. Car comme peu de paroles dites avec dignité et prononcées avec clarté donnent de la majesté à un prince et font exécuter ses ordres, de mème le nombre suffisant de figures distribuées savamment donne de la majesté à la peinture et rend le sujet intelligible.

Mage 14, vers 9,

Du Jugement dernier l'immortel créateur.

Michel-Ange n’est pas le seul qui ait manqué à ces con venances que la peinture doit respecter. Le savant Rubens a été justement critiqué , lorsqu'il nous présente Marie de Médicis parlant des affaires d'état entre deux cardinaux et le dieu Mercure. On voit encore avec peine des Néreïdes et des Tritons qui nagent devant les galères au débarquemont de la reine. Ces licences ne révoltent pas moins que le Protée du poëte Sannazar qui prophétise l’incarnation de Jésus-Christ, et ces rois des Indes qui s’entretiennent du voyage d'Ulysse avec les Portugais dans le poëme dela Zusiade.

Plusieurs sculpteurs ont fait des fautes aussi ridicules que celles des peintres ; on cite l'ignorance d’un sculpteur qui, réparant le bas-relief d’une chasse de l'empereur Galien , s’est avisé , faute de connaître les anciens usages, de ferrer le pied qui manquait à un cheval. Mais ce qu'il y a de plus plaisant, c’est que le savant Fabretti, très-versé dans les antiquités grecques et romaines, et dont nous

> 115 &«avons plusieurs livres remplis d’une érudition immense, n'étant point instruit de la restitution faite à l’ancien basrelief , l’a regardé comme prouvant d’une manière incontestable que du temps de l'empereur Galien, les chevaux étaient ferrés comme ceux de nos jours.

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