V. Anecdotes sur les Beaux-Arts, L n
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En sa docte couleur S'unit l'expression de l'esprit et du cœur.
Ici l'on va se récrier et dire : Mais le Poussin n'avait pas de couleur. Il n'avait pas , il est vrai, la couleur des peintres vénitiens et flamands qui amuse les yeux aux dépens de l'esprit, et souvent le détourne de la pensée que le peintre veut exprimer. Mais il avait cette couleur qui convenait à son objet et qui se proposait d’attacher et non de briller. Plusieurs connaisseurs ne doutent pas que ce coloris de Poussin tant de fois critiqué, n’entre pour beaucoup dans l'impression profonde et durable que font ses tableaux. En effet , s’il est vrai, comme chacun peut ai-
sement l'observer, en faisant un retour sur lui-mème, qu’un grand éclat soit un obstacle au recueillement intérieur , il faut reconnaitre que jamais artiste n’a mieux connu que lui le devoir du peintre qui ne se propose l’avantage de plaire que comme un moyen qui conduit à instruire; il eut donc la satisfaction de rendre la vérité en même temps qu'il rejettait une sorte de coquetterie con-
{raire à ses vues.