MODELE DE NICHE EN TREILLAGE SIMULE
Pour rhôtel de M. Cail.
et en recourant à des dessous bleus et verts dont il avait déjà tiré, lors de l'exécution du plafond de M. de Rothschild de Londres, un excellent parti. Il constate que cette manière de procéder « donne de l'imprévu, de la fraîcheur et de la force » ;
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mais cela rentre encore dans la catégorie des « petits moyens ». Que faul-il donc pour faire une cliose complète? Il va nous le dire : « Connaître la nature par cœur et aller de passion. »
Dix fois il revient sur ce sujet et cherche à bien établir par le raisonnement, à se prouver par de nouveaux exemples, à se persuader, en un mot, que, dans la branche toute spéciale de la peinture oii il s'est volontairement cantonné, c'est bien Ih, qu'est pour lui le salut et la réussite.
« J'ai un défaut, écrit-il le 4 juillet 1867, un énorme défaut. Il consiste dans les continuels changements que j'apporte à ma première idée. J'ai grand tort de ne pas terminer mes croquis sur le papier même où j'ai cherché ma composition. Reporter un dessin sur un papier nouveau au moyen d'un calque, c'est vouloir prolonger inutilement le travail, sans compter que le dessin ainsi reporté perd une grande partie de son charme. De même pour la peinture, il faut laisser à la verve sa part d'action et ne pas s'appliquer à trop arrêter les choses en dehors de la toile même. Certes, .il ne faut pas y jeter les masses légèrement et sans études préalables; mais, à trop vouloir se préparer, on perd son entrain ; et les résultats qu'aurait pu donner la confiance en soi ne sauraient s'obtenir par des incertitudes prolongées. Mes voussures du grand salon Cail sont parfaitement venues et vite, parce que je n'ai pas tâtonné. J'ai tout de suite cherché mes mouvements. J'ai dessiné mes quatre motifs en grandeur d'exécution, j'ai calqué, piqué et porté sur toile, j'ai passé le trait à l'eau, j'ai lavé à l'aquarelle les masses des draperies, et du premier coup j'ai peint mes chairs. Huit jours après, c'était bon à, mettre en place. »
Ce sont, présentés sous une forme non moins saisissante, presque les mêmes arguments que ceux notés à la suite de sa conversation avec Dieterle consignée dans un précédent chapitre. Elles reparaissent encore, et dans d'autres termes, à propos d'un plafond exécuté pour M. Herter (2 mars 1869).
« Je termine en ce moment, écrit-il, le plafond Herter, et je vois combien j'ai eu tort de ne pas faire à l'avance une esquisse peinte. J'aurai, h cause de cette négligence, fait trois fois le travail sur ma grande toile. Il en a été de même pour mes plafonds Cail et Rothschild. A l'avenir, je ne devrai plus m'écarter de la façon de procéder que je vais indiquer ici : tout d'abord j'exécuterai une première esquisse de petite dimension qui ne doit contenir que des taches. Une fois les taches trouvées, je chercherai, dans une grisaille d'un ton quelconque, les mouvements et un peu les formes. C'est en m'inspirant de ces mouvements que je travaillerai d'après nature en exécutant particulièrement des dessins, et c'est après avoir réuni tout ce qu'il me sera possible de dessins que j'attaquerai le travail sur la toile... »
Il ne faudrait pas croire toutefois que, même en suivant ce programme si fermement arrêté, il arrive à se satisfaire. Jamais artiste ne fut plus clairvoyant à l'endroit de ses défauts et plus sévère pour ses propres erreurs. Dans une de ses notes, il constate, avec une modestie et une bonne foi devenues bien rares, que les (I motifs d'enfants », exécutés pour la plupart de ses dessus de porte, manquent de
LŒUVllE DE P.-V, GALLAND.
« plantation perspective ». Nous venons de le voir, à propos du plafond Garfunkel, se féliciter de l'emploi do certains tours de main, dont il avait fait précédemment usage dans l'exécution du plafond de Rothschild, de Londres. Au bout de quelques mois il retourne en Angleterre, pour revoir cette peinture qui fait l'admiration de