La peinture en Europe
En Belgique, comme en Italie, et pour les mêmes raisons de décentralisation politique et artistique, les œuvres picturales se trouvent disséminées, non seulement dans quelques grands ^centres, mais aussi dans de petites xille^^^ aujourd'hui tranquilles et silencieuses, qui furent autrefois riches et peuplées. A Bruges, à Malines, à Louvain, à Ypres, aussi bien qu'à Bruxelles, Anvers et Gand, le voyageur rencontre ces vestiges d'une splendeur passée, et sur les autels des églises ou sur les murs des hospices, il peut contempler d'incomparables productions de maîtres primitifs témoignant de la prodigieuse activité qui régna dans ces contrées au xv*" siècle.
La grande époque des Bubens et des Van D^ck n'est donc pas la seule dont les Flandres aient le droit de s'enorgueillir; deux siècles auparavant, elles avaient vu fleurir les Van Eyck, les Bouts, les Memling; elles avaient vu s'épanouir sur leur sol cette peinture qui « fait oublier tout ce qui n'est pas elle et donnerait à penser que l'art de peindre a dit son dernier mot et cela dès la première heure ». C'est ce cycle admirable qui, commençant, en 1432, par l'Agneau mystique des frères Van Eyck, se termine, trois cents ans plus tatd, par V Adoration des Mages de Verhaeghen, « le Goya ou le Tiepolo de l'art flamand » que nous nous proposons de dérouler devant les yeux de nos
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Icclcurs, en leur présentant les œuvres les plus importantes conservées soit dans les musées, soit dans les édifices religieux U civils, soit môme dans les collections particulières.
L'ouvrage se divise en trois pirties principales :
1« Bruxelles et ses environs, Saventhem, Louvain, Malines;
T Anvers;
3' La Belgique occidentale (Gand, Bruges, Termonde, etc.).
Nous avons dû, sous peine de grossir démesurément le volume, laisser de côté des villes telles que Liège, Namur, Mons, Lierre, etc., quoiqu'elles méritent à un certain degré l'attention de l'amateur. Dans les villes même que nous visitions, nous avons nécessairement été conduits à faire un choix parmi les œuvres qu'elles renferment, et nous nous sommes trouvés dans Tobligation, à notre grand regret, de négliger l'école moderne, qui a compté et compte encore cependant en Belgique tant de brillants représentants.
Il nous a semblé préférable, en restreignant notre programme, de nous appliquer à présenter, sur les points saillants, les renseignements les plus utiles et les documents les plus authentiques et d'appeler l'attention sur des maîtres moins connus que le rayonnement de leurs contemporains ou de leurs successeurs avait trop longtemps laissés dans l'ombre. C'est dans cet esprit que nous avons choisi les reproductions photographiques. Parmi les excellents clichés que MM. Lévy de Paris, Hermans d'Anvers, Hanfstaengl de Munich ont gracieusement mis à notre disposition pour les musées de Bruxelles et d'Anvers, nous nous sommes arrêtés, autant que possible, à ceux qui représentaient des œuvres typiques. Pour les autres villes, nous nous sommes assuré la collaboration de M. Chabrier, et c'est dans l'importante collection de photographies qu'il a rapportée de Belgique quil nous a été permis de prendre quelques mor-
INTRODUCTION. vu
ceaux inédits des plus intéressants, tels que les volets du triptyque de Memling à l'hôpital Saint-Jean, ceux du triptyque de Gérard David au musée de Bruges, le Martyre de saint Liévin de Rubens, celui de saint Érasme par Thierry Bouts, le Memling nouvellement acquis par le musée d'Anvers, etc., et les tableaux que S. A. S. le duc d'Arenberg, M. Scollaert et M. Kums ont eu la grande amabilité de nous autorisera reproduire parmi ceux qui ornent leurs galeries.
Le choix que nous avons dû faire dans un trésor si riche laisse encore bien des lacunes et pourra être discuté. Nous devons toutefois faire remarquer que la faute ne saurait toujours nous en être imputée. Si nous n'avons pas donné telle œuvre intéressante, comme par exemple le Van derMeire de Gand, c'est que les autorisations nécessaires nous ont été refusées ; si d'autres planches, comme celle du Cambyse de Bruges, sont un peu défectueuses, c'est qu'il n'a pas été permis de déplacer la peinture; enfin, pour des raisons matérielles, bien des tableaux ne peuvent être reproduits en lypogravure, malgré l'habileté des artistes.
En Belgique, comme à Florence, nous avons trouvé partout l'accueil le plus sympathique et nous devons notamment exprimer toute notre gratitude, pour le précieux concours qu'ils nous ont prêté, aux savants conservateurs des musées, MM. Fétis et Hymans à Bruxelles, de Vriendt et Pierre Koch à Anvers, Van Even à Louvain, aux administrateurs de l'hôpital Saint-Jean et de l'église du Saint-Sang à Bruges, etc., etc. Les autorisations qu'ont bien voulu nous accorder Sa Majesté le roi des Belges, Son Altesse Sérénissime le duc d'Arenberg, M. Scollaert et M. Kums, et qui nous ont permis de donner une description sommaire de leurs collections, nous ont été particulièrement prédeuses.
Nous devons ajouter que nous avons trouvé en M. Jean
VMi IN rUODLCTION.
(luilïrey, altailié à la conservation du Louvre, un obligeant collaborateur qui nous a aidés dans nos recherches bibliographiques et notre travail sur place avec une intelligence et un soin dont nous lui sommes reconnaissants.
Si nous n'avons pas suivi, pour la description des tableaux dans les musées, Tordre topographique observé dans nos précédents volumes, le Louvre et Florence, c'est sur le désir exprimé par MM. les conservateurs eux-mêmes, en prévision des modifications qui sont à la veille de se produire dans ces galeries. Nous avons donc adopté simplement l'ordre alphabétique, mais en ayant soin, pour la commodité des visiteurs, d'indiquer la salle dans laquelle chaque tableau se trouve placé.
C'est aussi pour répondre à un désir exprimé par nos lecteurs que nous donnons la reproduction en fac-similé d'un grand nombre de signatures choisies parmi les plus intéressantes et les plus rares.
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