‹ La peinture en EuropeChapitre 3 sur 501 · X. École flamande des xvii^ et xviii^ siècles · texte numérisé non relu

X. École flamande des xvii^ et xviii^ siècles

> Ecoles primitives des xiv^, xv*^ et xvi*^ siècles.

MUSÉE DE BRUXELLES

C'est en 1795 que l'administration municipale de Bruxelles, ayant fait un choix parmi les tableaux provenant des couvents et des é^^liscs supprimés par le gouvernement français, chargea le peintre Boscliaert de dresser un inventaire des œuvres dignes d'être conservées. Toutefois, c'est en 1800 seulement, par suite de l'arrêté du 14 fructidor an VIII, — qui décida la formation de quinze musées départementaux, — que fut coistitué réellement le musée de Bruxf^lles. A ce moment, Boschaert fut délégué à Paris à l'effet d'obtenir qu'on lui laissât faire un choix « parmi les tableaux restés sans destination dans les dépôts, pour une ville qui, placée au centre des communications entre l'Allemagne, l'Angleterre, la France et la Hollande, pût fournir à la curiosité des voyageurs des objets intéressants ».

Dans un premier lot, attribué par arrêté ministériel, en l'an XI, la ville de Bruxelles reçut plusieurs œuvres remarquables, enlevées autrefois par les commissaires de la Republique, parmi lesquelles trois Rubens et deux van Dyck, auxquels furent ajoutés (détail qu'il n'est pas inutile de rappeler) plusieurs tableaux importants, tels que le Martyre de saint Liévin de Bubens, des Philippe de Champagne, un van Loo, un Palma, etc., provenant du fonds des anciennes collections royales ou appartenant au musée du Louvre.

Le musée de Bruxelles fut ouvert au public en 1807. Le catalogue, dressé par Boschaert, contenait alors deux cent cinquante numéros. En 1811, un nouvel envoi de Paris vint accroître cette collection; trente et un tableaux furent distraits des galeries du Louvre, dont plusieurs de premier ordre; ce sont : le Saint Bavon de Rubens, le Saint Martin de Jordaens, Junon versant ses trésors sur Venise de Paul Véronèse, le Sénateur vénitien du Tintoret, etc. Entre temps, d'heureuses acquisitions, faites à des prix dérisoires, avaient enrichi le musée de la Noce flamande de van Thulden, payée 250 francs, de la Dame hollandaise attribuée à Weenix, payée 190 francs, d'un Ruysdael acheté 890 francs, etc.

Enfin, à la suite des événements de 1815, la Belgique étant rentrée en possession de la presque totalité des œuvres transportées à Paris depuis 1794, le musée fut définitivement organise. Toutefois, pendant l.)ngtemps, il demeura assez incomplet et ne jouit môme pas de la réputation qu'il méritait. M. A. de Montaiglon, en 1850, fut un des premiers à signaler son importance au point

1. Voir le Catalogue descriptif et historique du musée royal de Belgique (Bruxelles), — précédé d'une notice historique sur sa formation et sur ses accroissements, 1889, — par Edouard Fétis, président de la commission directrice du musée.

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de vue de l'élude historique des maîties flamands; mai.-, il y a vingt ans à peine, Fromentin pouvait porter un jugement qui montre à la fois la juste valeur de la collection et le peu d'importance qu'on lui attribuait encore :

« La Belgique, disait-il, est un livre d'art dont, heureusement pour la gloire provinciale, des chapitres font un peu partout, mais dont la préface (i^X à Bruxelles et n'est qu'à Bruxelles. A toute personne qui serait tentée de sauter cette préface pour courir au livre, je dirais qu'elle a tort, qu'elle ouvre le livre trop tôt, et qu'elle le lira mal. »

Cette définition, quelque élogicuse qu'elle fût, constatait donc de nombreux vides dans le musée; on ne saurait aujourd'hui la maintenir. Le musée de Bruxelles n'est plus en effet une préface; il est un des chapitres les plus brillants de ce beau livre de l'art flamand, ou, plus exactement, il en est la table des matières où tous les maîtres qui ont illustré le pays sont représentés par des œuvres importantes et où une place de jour en jour plus considérable a même été réservée aux écoles étrangères.

Grâce aux conservateurs qui se sont succédé, grâce surtout à la science consommée et au goût éclairé du vénérable M. Fétis, qui préside avec une si grande autorité la commission artistique, le musée de Bruxelles, installé dans un vaste édifice, rivalise aujourd'hui avec les plus célèbres collections d'Europe.

Aertsen (Pieter), dit Lange Pier (Pierre le long). Hollandais, 1508-1575.

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