RUBENS
La descente de croi.r.
LA CATHKDRALF. 2G:5
tembre 1611, par la corporation dos arquebusiers, ce triptyque, terminé en 1012, moyennant 2,400 llorins et une paire de gants pour la fennne du peintre, fut placé, le 22 juillet 1614, à l'autel des arquebusiers qui se trouvait dans le Iransejjt de la cathédrale. — Transporté à Paris de 1794 à 1815. Restauré en n2K par les soins de Jacques Vercamenen; en HOO, par ceux de Beschey, et en 1847, par E. Le Roy. — Le musée d'Anvers possède une réduction de ce panneau, de la main d'un élève, qui provient de l'église des Récollets. Une esquisse, de la main de Rubens peut-être, fut vendue 510 florins, en 1765, à la vente Rubempré. — La Madeleine se retrouve dans la Vcrltt récompensée, du musée de Dresde. — « Bien des fois, avant Rubens, on avait peint la Descente de croix; lui-même s'inspira évidemment des o'uvres de certains de ses prédécesseurs, de Daniele da Volterra, entre autres; mais jamais artiste n'avait obtenu ce groupement heureux des personnages encadrant naturellement le Christ, cette hardiesse de mouvements et cette unité dans l'action, celtt> profondeur dans l'expression d'un amour tendre et respectueux, cette prédominance du glorieux corj)s mort sur les beaux corps vivants. Dans l'cruvre de Rubens, celte page immortelle est restée la composition la plus sagement pondérée, la plus irréprocliable de lignes, la i)lus exquise de sentiments. » (M. RoosES, II, 107.) — « Vous n'avez pas oublié l'effet de ce grand corps un peu déhanché dont la petite tête maigre et fine est tombée de côté, si livide et si parfaitiMuent limpide en sa pAleur, ni crispée, ni grimaçante, d'où toute douleur a disparu et qui descend avec tant de béatitude, pour s'y reposer un moment, dans les étranges beautés de la mort des justes. Rappelez-vous comme il pèse et comme il est précieux à soutenir, dans quelle attitude exténuée il glisse le long du suaire, avec quelle affectueuse angoisse il est reru par des bras tendus et des mains de femmes. Un de ses pieds, un pied bleuâtre et stigmatisé, rencontre au bas de la croix l'épaule nue de Madeleine. Il ne s'y appuie pas, il l'effleure. Le contact est insaisissable; on le devine plus qu'on ne le voit. Il eût été profane d'y insister; il eût été cruel de ne pas y faire croire. Toute la sensibilité furtive de Rubens est dans ce contact imperceptible qui dit tant de clioses, les respecte toutes et attendrit. » (Fromi:ntin, 81.)
* Volet do i^aucho. — La Visitation. — Sur un perron, s'avance, vers la droite, la Vierge, vue de profd, en roix* bleue, manteau rouge à doublure brune, coifïée d'un chapeau de paille aux larges bords relevés, la main gauche posée sur sa poitrine, s'appuyant de la droite sur une rampe en fer. Sainte Elisabeth, en rol)e foncée, vient à la rencontre de sa cousine et tend vers elle sa main gauche; au second plan, saint Joseph et saint Joachim se donnent la main. Entre les deux femmes, jappe un chien; à gauche, une servante, un panier d'osier sur la tête, tourne le visage vers le spectateur. Au fond, le portique d'une maison. Sous la voûte du perron, un paon, un coq, deux poules; au loin, un paysan descend une colline.
H., 4,20; L., 1,50. B. — Fig. plus gr. nat. — Gravé par Valentin Green, Petrus de Jode le jeune, Ragot, Jeaurat. — On connaît deux répétitions de ce volet : l'une, traitée en esquisse, chez le prince Giovanelli, à Venise; l'autre, terminée, à Rome dans la galerie Borghèse, n° 144. « C'est la première idée du volet d'Anvers, peint en Italie, vers 1610. La composition est plus simple. Ici manque la servante qui, dans le tableau d'Anvers, se tient droite sur les degrés. Le groupe des quatre auteurs principaux est d'ailleurs le même. » (Vbnturi, Mu^eo e Gallena Borghèse, 1893, p. 144.) — « Rien de plus sévère et de plus charmant, de plus sobre et de plus riche, de plus pittoresque et de plus noblement familier. Jamais la Filandre ne mit autant de bonhomie à se revêtir du style italien. Titien a fourni la gamme, un peu dicté les tons; mais c'est Rubens qui a trouvé la Vierge avec son gros ventre, sa taille cambrée, son costume ingénieusement
combiné, son vaste cliapoau flamand ; c'est lui qui a dessiné, peint, coloré, caressé de l'œil et do la brosse cette jolie main lumineuse et tendre, qui s'appuie comme une fleur rosAtre sur la balustrade en fer noir. » (Fromentin, 85.)
* Volet de droite. — La Présentation au temple. — Au milieu d'une chapelle circulaire, le grand prêtre, en riche costume, coiffé d'une calotte rouge, de trois quarts tourné vers la droite, tient l'enfant et regarde la Vierge, en robe rouge et manteau bleu, qui tend les bras Au premier plan, saint Joseph, un genou en terre, en tunique violette, présente deux colombes; au second plan, au milieu, sainte Anne, vue de face, le visage souriant, tend les mains, et, derrière la Vierge, deux jeunes filles dont on ne voit que la tête ; derrière le grand prêtre, deux assistants, dont l'un, nu-tête, est Nicolas Rockox, qui fit obtenir la commande du triptyque à son ami.
Gravé par Valentin Green, Pontius, Ragot. — Une esquisse se trouve à Venise dans la galerie du prince Giovanelli. — Un dessin provenant de !a collection Crozat fut adjugé à Yver pour la somme de 40 florins, en 1760.
Au revers des deux volets. — Saint Christophe et V Ermite. — A gauche, saint Christophe, ceint d'une draperie rouge, vu de face, porte sur son épaule gauche l'Enfant Jésus. Il tient un tronc d'arbre dans la main droite; la gauche est posée sur la hanche; au fond, le fleuve; à droite, vu de profil, un ermite, une lanterne à la main, éclaire la marche du saint. Fond de paysage.
Gravé par Van Tienen et Remoldus Eynboudts. — Une esquisse à la Pinacothèque de Municli.
Vœnius (Otto). — La Cène.
Autrefois sur l'autel de la chapelle du saint sacrement.
* Vos (Martin de). — Les Noces de Cana.
autrefois sur l'autel des mai rait de Jeanne Le Boucq, fei
Transept de gauche
Autrefois sur l'autel des marchands de vin. La mariée, suivant la tradition, est le portrait de Jeanne Le Boucq, femme du peintre.
* Rubans. — Triptyque de VÉrection de la croix.
Panneau central. — VÉrection de la croix. — Huit bourreaux sont en train de dresser, de gauche à droite, la croix sur laquelle est cloué le Christ, qui se présente, de face, les yeux au ciel, ceint d'une draperie blanche. Au milieu, au second plan, debout, vu de dos, le torse et les jambes nues, l'un d'eux, s'appuyant du pied droit sur un degré du roc, soulève avec effort, des deux bras, le fût de cette croix, sous le corps du supplicié. A droite, en bas, se groupent cinq autres bourreaux, dont le premier, agenouillé, le torse nu, vu de dos, tire sur le pied, en même
temps que ses deux voisins, tandis qu'un quatrième s'arc-boute sous le bois pour le soulever, et qu'un cinquième tire sur une corde attaciiée à la traverse. A gauche, le sixième, portant cuirasse, et le septième, presque nu, montés sur une saillie du rocher, vus de profil, tendent les bras pour pousser en avant, tandis que, plus haut encore, un dernier, par derrière, tire l'extrémité de la traverse de gauche. Kn bas, à gauche, au premier plan, un grand chien de berger, assis et aboyant.
H., 4,62; L., 3,41. B. — Fig. plus gr. nat. — Gravé par Erii» Corr, J.-B. Michiels, Masquelier, Hébert. — Ce triptyque fut commencé, au mois de juin 1610, pour le maîtreautel de Sainte-Walburge, église démolie en 1798 ; il fut payé au peintre *2,G0D florins. Transporté à Paris de 1794 à 1815. — Le musée du Louvre possède une esquisse au crayon de cette composition avec quelques variantes ; les bourreaux ne sont qu'au nombre de six, et la direction de la croix est en sens inverse. M. Henri Lacroix, de Paris, possède un dessin du torse du Christ vu jusqu'à la ceinture. « La couleur ne joue qu'un rùle secondaire dans ce tableau. La tache rouge écarlate du vêtement d'un des bourreaux, les draperies bleues et jaunes des deux autres, les reflets sur les cuirasses forment trois points gais et colorés, mais d'importance minime. Le principal effet se trouve dans le jeu de la clarté et de l'ombre. La lumière tombe en plein sur les hommes qui travaillent au pied de la croix ; de là elle s'affaiblit lentement en montant ; les pieds et les jambes du Christ sont encore fortement éclairés, mais les ombres gagnent en importance sur la poitrine et envahissent à moitié le visage... Ce jeu de demi-teintes et d'ombres transparentes est merveilleux et rappelle les clartés moitié naturelles, moitié artificielles, dont plus tard Jordaens usa fréquemment. » (M. Rooses, II, 70.) — Le même sujet avait déjà été traité par l'artiste dans un de ses premiers tableaux connus, l'une des quatre peintures faites à Rome, en 1601, pour l'église Santa-Croce in Gerusalemme et qui sont conservées aujourd'hui à l'hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes). — Les volets sur lesquels sont représentés les spectateurs du drame divin complètent la composition centrale.
* Volet de gauche. — Les Disciples du Christ et les saintes femmes. — A gauche, accroupie, une mère, en robe rouge et manteau jaune, allaitant son enfant. Au second plan, une jeune femme, en robe bleue, de profil tournée vers la droite, et une vieille, coiffée d'une draperie blanche, ayant près d'elle un enfant. Contre un rocher, la Vierge, debout, en robe bleue, penche la tête vers la droite. Saint Jean, en tunique grise, lui tient la main droite, tandis qu'il lève la gauche vers Jésus.
H., 4,62; L., 1,50. B. — Fig. gr. nat.
* Au revers. — Saint Éloi et sainte Walhurge. — Debout sur un socle, tournés tous deux vers la droite, le Saint, vu de trois quarts, chevelure, longue barbe et moustaches blanches, vêtu d'une riche dalmatique. Il tient sa crosse appuyée sur son épaule gauche et lit dans un livre qu'il porte des deux mains. Au second plan, la Sainte, vue de profil, en robe blanche et manteau noir, une croix abbatiale dans la main droite; au ciel, volent deux ang(^s, portant l'un une couronne de roses, l'autre une mitre.
* Volet de droite. — Les Deux larrons et l'escorte. — A gauche, au second plan, un des larrons, couché à terre, est cloué sur la croix, et le second larron est amené par un bourreau et un soldat. A droite, deux
officiers : ruii, moulé sur un clnival j^ris qui se caljro, la tôle riuo, jKjrlc (le la main droite un bâton de commandement; l'autre, dont on ne voit (jue la lete coiffée d'un casque, brandit un étendard.
* Au revers. — Sainte Catherine cl saint Amand. — D(îbout sur un socle, la Sainte, au premier plan, de trois quarts tournée vers la gauche, en robe blanche et manteau à ramages, un diadème sur sa chevelure blonde, lève les yeux au ciel; de sa main gauche elle porte une palme et s'appuie de l'autre sur une épce; au second plan, le Saint, vu de face, en manteau rouge, une croix épiscopale dans la main droite; au ciel, deux anges, portant, l'un une couronne de roses, l'autre une mitre.
Ces deux revers ont été inspirés à Rubens par les peintures de la Chiesa Nuova, à Rome. Saint Éloi rappelle saint Grégoire, et dans la sainte Catherine on retrouve sainte Domitelle. D'ailleurs, l'ensemble de cette composition montre l'influence des maîtres italiens sur le peintre flamand. « Les proportions gigantesques des corps, l'action liéro'ique et impétueuse sont autant de souvenirs vifs encore des peintures murales de Jules Romain, cà Mantoue; l'importance du clair-obscur dominant sur le coloris polychrome nous rapporte à Michel-Ange de Caravage, l'artiste en renom, à ce moment, au delcà des Alpes. » (M. Rooses, II, 73.) Une superbe esquisse de ce triptyque (dont le fond est rempli par le temple de Jérusalem), ayant appartenu successivement à Rigaud- Drouin, intendant du prince de Conti, Martin de Brauwer, Edouard "W'alckiers, Jérémie Hamman, se trouvait récemment encore dans la collection de M. Holford, à Dorchester- House. L'esquisse du revers du panneau, payée 102 florins, en 1747, à la vente Jacques de Roore, est maintenant au Dulwich Collège. Ils ne sont pas identiques à l'œuvre définitive. Primitivement, sur le maître-autel de l'église Sainte-Walburge, où était exposé ce triptyque, il y avait, au-dessus du panneau central, dans un encadrement en forme de niche, tine figure de Dieu le Père, vers laquelle était tourné le visage du Christ, et au-dessous, une prédella en trois parties représentant le Clirisl en croix, la Translation du corps de sainte Catherine par les anges et le Miracle de sainte Walburge. Ces peintures furent vendues par la fabrique en 1737. Le chanoine Engelgrave acheta Dieu le Père, qui passa dans la collection du baron de Winck, dont un des descendants le vendit, on 1881, pour 2,050 francs. La prédella fut acquise pour 993 florins, par Jacques de Roore, qui la revendit 670 florins, en 1747, à Jacques de Witt. La Translation du corps de sainte Catherine fut aclietée 1,850 francs, en 1861, à la vente van den Schrieck, de Louvain, et le Miracle de sainte Walburge, 203 florins, en 1840, à la vente Schamp d'Aveschoot, de Gand.
Francken (François) le Vieux. — Triptijque,
Panneau central. — Jésus au milieu des docteurs.
Volet de gauche. — Saint Amhroise baptisant saint Augustin,
Volet de droite. — Le Prophète Élie opérant le miracle à Sarepta.
Autrefois, sur l'autel des maîtres d'école, exécuté en 1587 pour le chanoine Reynier Bcrvoets de Brakel, qui est agenouillé sur le volet de droite.
Janssens (Abraham). — Les Quatre Pères de VÉglise.
Au maître-autel :
* Rubens. — V Assomption de la Vierge.
A la partie supérieure, la Vierge, vue de face, vêtue d'une robe bleue
et d'un manteau rose, un voile blanc autour de la tête, monte vers le ciel; autour d'elle, des anges, les uns lui présentant une couronne, d'autres portant des palmes, d'autres susp(Midus à son manteau et l'adorant. Sur terre, des disciples et des saintes feniines groupés autour du sépulcre; au premier plan, près de la pierre tombale, deux femmes, l'une vue de dos, en robe rose, l'autre de trois quarts tournée vers la droite, en robe verdàtre, portent le linceul ; une troisième, au second plan, dont on ne voit que la tète, regarde dans le tombeau vide. A gauche, saint Jean, en tunique blanche et manteau rouge, lève les bras au ciel ; à ses côtés, quatre apôtres en adoration. A droite, deux apôtres au premierplan et trois au second plan, près de l'entrée d'une grotte, entourent le tombeau.
H., 1,90; L., 3,25. B. Forme cintrée. — Fig. pL gr. iiat. — Gravé par Bulswert, avec plusieurs variantes, Tardieu, Lommclin, etc. Ce tableau fut commandé le 12 novembre A Rubejis, par Jean del Rio, doyen de la cathédrale, moyennant 1,500 florins, et terminé en 1526. Transporté à Paris de 1794 à 1815, il fut restauré en 1815 par Van Repemorter ; en 18'77, par M. Sacié. Du temps de Rubens, il avait été agrandi sur le côté droit. Il est entièrement de la main du maître.
La CoupoLK, élevée en 1533, est décorée d'une Assomption de la Vierge, par Corneille Schut.
Ce tableau fut peint en 1647. Une esquisse originale en est conservée dans la chambre des marguilliers.
Pourtour du chœur :