GÉRARD David
Le Baptême du Christ. (Revers des volets.)
MUSKR DE HRUfiHS. r23
coloris est pnut-ètro un peu terne, sans doute la période son intensité doit C'tre attribuée aux nettoyages que le tableau a subis. » (Catal., p. 65.) — Voir le Beffroi,' i. 1, p. 276-287; t. Il, p. 290, 292, 291-297; t. III, p. 338-412. Si cotte admirable peinture est, en efftft, do Gérard David, elle prouverait combien lo peintre aurait changé do manière en dis ans, depuis 1198, date de Vllisloire de Sisamnès (no" (i et 7), le tableau le plr.s authentique de Gérard David.
L'Histoire de Sisamnès, juge précaricateur.
« Ces deux panneaux, dit M. J. Wealr, furent commandés à l'artiste par le magistrat de la ville de Bruges entre le 12 et le 28 février 1488, après la condamnation do l'écoulète Pierre Lanchals pour prévarication ; achevés en 1 198, ils furent payés 14 livres 10 escalins de gros. » C'était d'ailleurs dans les usages de décorer les salles de justice de peintures rappelant des traits célèbres de justice empruntés aux historiens, aux légendes de l'antiquité et du moyen Age. L'une des œuvres les plus fameuses de Rogier van dcr Weyden avait été une décoration de ce genre faite à l'hôtel de ville de Bruxelles vers II 10 et comprenant 4 tableaux (1» la Justice de Trajan; 2° le Pape sai)il Grégoire priant pour Trajan; 3° et 4° la Légende d" Herkenbuld (Archambaud de liourhon), justicier de son neveu, dont l'on croit trouver des imitations dans la tapisserie do Charles le Téméraire conservée à Berne. Le sujet des tableaux de Bruges est emprunté à Hérodote, qui s'exprime ainsi : « Sisamnès, un des juges royaux, ayant rendu un jugement inique pour une affaire d'argent, Cambyso le fit égorger et écorcher; puis il ordonna de couper des lanières de sa peau et il en fit tendre le siège sur lijquel s'asseyait Sisamnès, lorsqu'il rendait ses jugements. Cambyse nomma juge le lils de Sisamnès, à la place de son père, et lui recommanda do se rappeler celui sur le siège duquel il jugeait. » (Liv. V, chap. .\xv.) Voir également Valkrk Maximk (liv. VI, ch. m) et les documents publiés par M. J. ^Veale dans le Jlrfjroi (t. I, p. 223-234, 378; t. III, 334-337).
* 6. — Cambyse condamne Sisamnès.
Dans une galerie ouverte, à droite, Sisamnès, en robe rouge doublée do fourrure, son chaperon bleu dans la main droite, la gauclie posée sur le bras do son fauteuil, est tourné de trois quarts à gauche, le visage anxieux, tandis qu'un bourreau, en tunique jaune, le saisit par le bras droit, sur l'ordre du roi Cambyse. Celui-ci, vêtu d'une robe en brocart bleu et or et d'un manteau d'hermine, coiffe d'un bonnet fourré sur lequel est posée une couronne en or, se tient, debout, de trois quarts tourné vers la droite, l'index de la main droite alloni^é sur le pouce gauche. Derrière lui, une dizaine d'olliciers, parmi lesquels on remarque au premier plan, à gauche, celui qui porte une cotte de mailles et un manteau avec une figure d(^ femme ailée en broderie, et dont le casque retlèlc les bâtiments du palais et la tour d'une église. Au premier plan, à droite, un groupe de trois assistants, dont deux vus de profil, l'un en costume noir, l'autre en mnteau gris et toque rouge; entre eux, un personnage dont on ne voit que le buste serait le peintre lui-même; au milieu, une levrette blanche portant un collier doré, et un petit chien à poil roux. Derrière le siège du juge, une draperie brune à bordure noire, sur la muraille, deux bas-reliefs en médaillon, à sauche,
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l'Abondance, à laquelle un homme présente une pomme; à droite, un prisonnier, les mains liées derrière le dos, assis sur une pierre, et Vénus, debout, un violon à la main, à laquelle l'Amour présente un archet. Audessus de la tenture, des motifs architecturaux, des guirlandes de fleurs et de fruits retenues par des génies dont les uns sont assis sur une console et les autres debout sur les chapiteaux des colonnes; au-dessous de ces guirlandes, on lit la date 1498; au-dessus, les écussons de Philippe le Beau et de Jeanne d'Aragon. Au fond, à gauche, une place de Bruges; un homme sous le porche d'une maison remet à Sisamnès un sac d'argent pour prix de son jugement.
H., 1,82; L., 1,05. B. — Fig., 0,95. — La place qui forme le fond du tableau offre de nombreuses ressemblances avec la place Saint-Jean, à Bruges. Le bâtiment précédé d'un perron pourrait être l'ancienne Poortershuis telle qu'elle était avant l'incendie de nss. Un dessin au crayon noir que conserve la bibliothèque d'Arras a permis d'identifier les traits de l'artiste avec ceux du personnage vu au premier plan. (Portrait gravé dans la Gaz. des Ucaux-Arls, t. XX, p. 542. Art. de J. Weale sur Gérard David.)
* 7. — Supplice de Sisamnès.
Dans une cour, au premier plan, le condamné est attaché sur un chevalet, la tète à gauche, les pieds Hés par des cordes, les bras maintenus par des tiges de fer, le visage convulsé. Quatre bourreaux le torturent : l'un, debout à droite, en vêtement bleu avec une ceinture blanche, coifllé d'une toque grise, un couteau entre les dents, lui arrache la peau de la jambe gauche; près de lui, un second, en vêtement jaune, nu-tête, lui fend le bras gauche dont un aide tend la peau au moyen d'une corde attachée au poignet; un troisième, à gauche, agenouillé, en tunique bleue, haut-de-chausses violet, manteau jaune, toque noire, lui entaille le bras droit; le quatrième, à l'arrière-plan, au milieu, en tunique noire et coiffure rouge, lui entame la poitrine. Derrière la table, Cambyse, son sceptre à la main, entouré de ses officiers, dont l'un porte un faucon sur son poing. Sous le chevalet, les vêtements du juge et à gauche un chien qui se gratte l'oreille. Au fond, à droite, en haut, sous la galerie décrite au numéro précédent, le fils de Sisamnès, nommé à la place de son père, est assis sur un siège dont le dossier est recouvert de la peau du supplicié. Il refuse l'argent que lui offre un plaideur. Plus loin, un palais avec les écussons de Flandre et de la ville de .Bruges, et, sur la gauche, un parc entouré de murs.
H., ),82; L., 1,59. B. — Fig., 0,95. — Ces tableaux furent gravés par Réveil {Galerie des arts et de l'histoire). — « Ils sont vigoureusement peints dans uu ton brunâtre avec un fini admirable. La composition est en général bonne, quoique l'avant-plan du n° 7 soit un peu surchargé. Les arrière-pUns sont excellents, la forme et le feuillage des arbres sont bien rendus. Les figures sont bien dessinées ; la plupart des têtes ont un caractère remarquable et les mains sont admirablement modelées. » (Weaue, Guide, p. 60. — Voir le Beffroi, t. I, p. 223, 378; t. III, p. 334-337.)
MUSEE DE BRUGES
Clicho Cliabrior.
Tyiiogr.ivure Uuckert.
(>. — GÉRARD David.
Camlyse condamne Sisamnès.