‹ La peinture en EuropeChapitre 468 sur 501 · HOPITAL SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

HOPITAL SAINT-JEAN

En face JKolre-Dame, à l'ouest.

Les tableaux sont réunis dans l'ancienne salle du Chapitre; ils sont tous de la main de Memling, qui « s'y montre sous toutes les faces, sous les aspect* les plus multiples : puissant et superbe dans ses grandes figures de saints et de donateurs du Mariage mystique, touchant et ému dans les pittoresques panneaux de VA.doration des Mages, béat, ingénu et charmant dans les miniatures à l'huile de la Châsse de sainte Ursule, enfin mâle et vivant dans l'admirable Portrait de Nieuwenhoven ». (Wauters, Peint, flam., 90.)

* 2. — Châsse de sainte Ursule.

Cette châsse, où sont renfermées les reliques de la sainte, est un petit édifice gothique en bois mesurant 0,86 de hauteur sur 0,91 de longueur. Sur chacune de ses deux grandes faces sont encastrés trois tableaux de 0,51 de hauteur, séparés par de petites colonnes soutenant un arc cintré; sur chacune des deux autres faces est un tableau de 0,33 de largeur, dans un arc ogival. Sur la toiture, de chaque côté, trois médaillons, deux petits et un grand. — C'est sur les six panneaux des faces que Memling a représenté les épisodes, principaux de la légende de sainte Ursule. — On sait que cette sainte, fille de Théonate, un des sept rois d'Angleterre convertis au christianisme, née en 220, ayant été demandée en mariage, à l'âge de seize ans, par Conan, fils du roi païen Agrippinus, pour éviter cette union, quitta sa patrie, accompagnée d'une suite nombreuse. Elle s'arrêta d'abord à Cologne, où Dieu lui apparut et lui ordonna de se rendre à Rome. — Le pape Cyriaque l'y reçut avec grande pompe et annonça à la princesse que Dieu lui enjoignait de se joindre à elle et de l'accompagner dans ses voyages — la troupe reprit bientôt la roule qu'elle avait déjà parcourue ; — mais, à son arrivée à Cologne, où les chrétiens étaient l'objet de persécutions^ les pèlerins, assaillis par des soldats de l'empereur Julien Maximien, furent mis à mort en l'an 237. La légende de sainte Ursule a été fréquemment traitée par les peintres du xv« siècle. Les deux suites d'épisodes de cette légende les plus connues et les plus intéressantes à comparer avec les peintures de Memling sont les tableaux du musée de Cologne et les célèbres compositions de Vittore Carpaccio à l'Académie des beaux-arts, de Venise.

'1^ Arrivée à Cologne. — Au milieu, sainte Ursule, en corsage bleu, surcot blanc et jupe violette à bordure d'hermine, ses cheveux nattés relevés sur les oreilles, de profil tournée vers la droite, descend d'une nef. Elle est reçue sur le quai p^ar plusieurs de ses compagnes; l'une, la reine des Urbiens, Sigilandis, en robe bleue et coiffe noire, lui prend la main droite; une autre, en robe violette et coiffe bleue, tient un petit coflret, deux autres portent la traîne de son manteau. Sur la nef, des matelots avec les bagages des voyageurs. Au fond, la porte de la ville dont les édifices, la cathédrale, les églises Saint-Séverin, Saint-Cunibert,

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