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LES PEINTRES DE SCENES POPULAIRES ET PAYSANNES

Cest David Teniers ^ qui occupe, aux Pays-Bas iamands, la plus haute place parmi les pein- ^ res de genre. Son talent et ses qualités person- JT) [lelles lui valurent, en même temps que la :élébrité, une des positions les plus élevées p*J Jue puisse envier un artiste.

Il naquit à Anvers, en 1610, un des derniers parmi es maîtres illustres de la grande école, trente-trois ans ^rp après Rubens, dix-sept ans après Jordaens, onze I U ans après Van Dyck. Son père, David Teniers le Vieux (i 582-1649), un assez médiocre peintre de paysanneries et d^histoire en petit, lui apprit les premiers principes de son art; mais son maître, son véritable initiateur, fut Rubens, bien que rien ne prouve qu'il ait fréquenté son atelier. En i633, par conséquent un an avant Brauwer, dont, à tort, on le dit quelquefois Pélève, il fut reçu franc-maître et, en 1637, il épousa la fille de Brueghel de Velours, Pancienne pupille de Rubens, qui fut témoin au mariage. Jeune, brillant, distingué de sa personne, protégé par de hautes amitiés artistiques, merveilleusement doué et fécond, le jeune artiste ne tarda pas à être connu, apprécié et célèbre. Sa fortune fut rapide. L'archiduc Léopold-Guillaume d'Autriche, alors gou-

I. J. Vermoelen : Teniers le Jeune, sa vie, son œuvre. Anvers, i865. — Catalogue du musée d'Anvers^ 1874, p. 382.

verneur des Pays-Bas pour TEspagne, le nomma son peintre particulier et aide de sa chambre, en même temps qu'il le chargeait de la conservation de sa galerie installée au palais de Bruxelles, et dont les tableaux ont presque tous pris place, depuis lors, au musée impérial de Vienne ^ Teniers nous en a laissé de nombreuses Vues, qui sont aux musées de Munich, Vienne, Madrid et Bruxelles. On doit également à S2S copies ou à ses dessins le recueil de deux cent quarante -cinq planches consacré à cette collection *. Appelé à Bruxelles par ses nouvelles fonctions, Teniers s^y fixa vers i65o et y passa, dès lors, le reste de sa vie.

Si Louis XIV a dédaigné ses magots, leur préférant, avec son parti pris dans les choses de la peinture, les machines de Le Brun et de Jouvenet, d'autres souverains, par contre, les apprécièrent et en comprirent la valeur. En Suède, la reine Christine rechercha ses tableaux; en Espagne, Philippe IV, le protecteur éclairé de Velasquez, les aimait à un tel point, qu'il en forma, dit-on, une galerie, spéciale; il n'est pas, en effet, de musée aussi riche en œuvres de notre artiste que celui du Prado.

Dès son arrivée à Bruxelles, Teniers collabora aux travaux des tapissiers et assura ainsi à cette branche si importante de la fabrication bruxelloise une nouvelle vogue et une nouvelle renommée. D'autre part, il

1. Un inventaire de i65g a été retrouvé à Vienne. Voy. le nouveau Grand catalogue de la galerie impériale de Vienne, par M. Ed. von Engertii (En préparation).

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