I. Alph. Wauters : Les Tapisseries bruxelloises, p
BRAUWER ET CRAESBEECK.
Seulement ses œuvres, mais aussi sa descendance, car il laissa plusieurs fils ^.
Julien TENIERS ou TAISNIER,
mercier, originaire d'Ath, établi à Anvers en iSS8, mort en 158$.
Julien (II), 1572-1615.
David (I) le vieux, 1582-16+9.
Julien (III), Théodore (I), îaître en 1636, Maître en i6j(5.
David (II), Julien (III), Théodore (II), Abraham, i6io-i<590. 1616-1679. 1619-1697. 1629-1670.
David (III) Junior, Cornélie,
1638-1685, Ep. Jean-Erasme
Quellin.
David (IV), 1672-1771-
Bien près de David Teniers est Adrien Brauwer (vers i()o6-i638), que nous ne séparerons pas de son y^ ami JossE Van Craesbeeck (vers i6o6-vers 1655)^. *^ i-^
On tient généralement Adrien Brauwer pour un Hollandais, né, comme les Van Ostade, à Haarlem.
1. J. Vermoelen : Notes historiques sur David Teniers et sa famille. Paris, 1870.
2. Th. Van Lerius : Josse van Craesbeeck {Journal des Beaux- Arts, 1869, p. 5o). — J. Lcnglart : Josse van Craesbeeck, sa légende, sa vie §t son œuvre {Journal des Beaux-Arts, 1872, p. i53 et 162). — Van den Branden : Adriaan de Bromver en Joos van Craesbeeck. — P. Mantz : Adrien Brauwer {Ga^. des B.-A. 1879-80).
apo DIX-SEPTIEME SIECLE.
L'opinion la plus ancienne cependant, confirmée aujourd'hui par de nouvelles découvertes, en fait un Flamand d'Audenarde ^ Rectification analogue pour Josse Van Craesbeeck,avec plus de certitude toutefois : ce peintre, qu'on a longtemps fait naître à Bruxelles, a vu le jour à Neerlinter, près Tirlemont (Brabant), où son père était échevin.
Les deux futurs compagnons en « joyeulsetés » sont venus au monde vers 1606. Puis, tandis que le premier s'échappait de la maison paternelle, allait apprendre son art chez Frans Hais et, en i63i, se faisait inscrire comme franc-maître à Saint-Luc d'Anvers, le second quittait également son village, arrivait aussi à Anvers, y acquérait le droit de bourgeoisie, dans cette même année i63i, et s'établissait.... boulanger.
Le peintre et le boulanger s'étant rencontrés et liés d'amitié, Adrien eut bientôt fait ou complété l'éducation artistique de son ami Josse, qui dit adieu au pétrin ; et voilà les deux gais compères rôdant par les cabarets et les guinguettes, les cuisines et les corps de garde, observant ces buveurs et ces Tumeurs, ces joueurs de cartes, ces musiciens ambulants, ces barbiers et ces arracheurs de dents, qu'ils ont fait revivre avec tant de verve et de drôlerie dans leurs amusantes peintures. Ont-ils été eux-mêmes des ivrognes et des batailleurs, comme trop souvent on s'est plu à le raconter ? L'obscurité qui couvre leurs faits et gestes ouvre la porte aux fantaisies les plus exagérées. Mais ce qu'on sait et qui plaide
I. H. Raepsaet : Quelques recherches sur Adrien De Brauwere, {Annales de la Société royale des Beaux-Arts de Gand, i85i-25, t. IV, p. 234).
BRAUWER ET CRAESBEECK
en leur faveur, c^est que Craesbeeck fut patronné par le très honorable chevalier Daems, échevin d'Anvers, et
que Brauwer paya très régulièrement sa cotisation à la Société... de rhétorique, dont il était membre. Qu^ils
aient après cela été quelque peu bohèmes, qu^ils aient aussi abusé plus ou moins de la double bière brune, il n^est pas défendu de le supposer; mais de là à les assimiler aux brutes ivres et querelleuses qu'ils ont représentées, il y a un abîme. David Teniers, le fastueux seigneur de Perck, l'ami des rois, des princes et des gentilhommes, n'a-t-il pas, lui aussi, été Pinterpréte des buveurs et des gais lurons? Qui a jamais pensé à en faire un pilier de cabaret?
Brauwer mourut jeune, — épuisé par la débauche, s'empressent d'ajouter ses détracteurs. Il serait cependant assez surprenant qu'un artiste ayant passé sa vie à boire et à s'amuser eût laissé un œuvre si important et si finement observé. Il n'a peint que pendant une dizaine d'années et nous avons catalogué quatrevingt-cinq de ses tableaux ! C'est à Munich qu'il faut l'étudier : la pinacothèque a réuni 19 de ses ouvrages. Le Fumeur de la collection La Gaze (Louvre) ^ et le Buveur de l'Institut Stâdel, à Francfort (fig. 78), sont d'admirables morceaux de peinture. Le rédacteur du catalogue de cette dernière galerie croit — non sans raison — que ces deux tableaux pourraient bien être la représentation allégorique de VOdorat et du Goût et faire partie des Cinq Sens, que Brauwer — au dire de Van Mander — peignit chez Frans Hais. Nous connaissons peu d'exécutions aussi primesautières, aussi amusantes que celle de cet artiste endiablé, digne élève du grand portraitiste de Haarlem. Elle est pleine de bons mots, serions-nous tenté de dire; l'expression —
I. Voy. la gravure de ce tableau dans la Peinture hollandaise de H. Havard, p. 140.
BRAUWER ET CRAESBEECK.
grimace ou sourire — est accrochée d'un trait sûr, en